Poésies…

  • Le soleil froid …

    Le soleil froid …

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) Le soleil froid …   Le soleil froid donnait un ton rose au grésil,Et le ciel de novembre avait des airs d’avril,Nous voulions profiter de la belle gelée.Moi chaudement vêtu, toi bien emmitouffléSous le manteau, sous la voilette et sous les gants,Nous franchissions, parmi les couples élégants,La porte…

  • Quelquefois tu me prends les mains

    Quelquefois tu me prends les mains

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) Quelquefois tu me prends les mains …   Quelquefois tu me prends les mains et tu les serres,Tu fixes sur les miens tes yeux bons et sincères,Et, me parlant avec cette ferme douceurQui tient du camarade et qui tient de la sœur,Mêlant dans tes discours les douces réprimandesAux…

  • Elle est un peu pédante …

    Elle est un peu pédante …

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) Elle est un peu pédante …   Elle est un peu pédante, et, lorsque nous lisons,Tout en laissant rôtir sa pantoufle aux tisons,Elle laisse échapper un fin mot de critique.Moi, comme j’ai fait choix d’un livre sympathique,Comme il est quelquefois signé par un ami,Je le défends, mais trop…

  • Je suis un pâle enfant …

    Je suis un pâle enfant …

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) Je suis un pâle enfant …   Je suis un pâle enfant du vieux Paris, et j’aiLe regret des rêveurs qui n’ont pas voyagé.Au pays bleu mon âme en vain se réfugie,Elle n’a jamais pu perdre la nostalgieDes verts chemins qui vont là-bas, à l’horizon.Comme un pauvre captif…

  • À Paris, en été …

    À Paris, en été …

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) À Paris, en été …   À Paris, en été, les soirs sont étouffants.Et moi, noir promeneur qu’évitent les enfants,Qui fuis la joie et fais, en flânant, bien des lieues,Je m’en vais, ces jours-là, vers les tristes banlieues.Je prends quelque ruelle où pousse le gazonEt dont un mur…

  • Le crépuscule est triste …

    Le crépuscule est triste …

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) Le crépuscule est triste …   Le crépuscule est triste et doux comme un adieu.À l’Orient, déjà dans le ciel sombre et bleu,Où lentement la nuit, qui monte, étend ses voiles,De timides clartés, vagues espoirs d’étoiles,Contemplent l’Occident clair encore, y cherchantLe rose souvenir d’un beau soleil couchant.Le vent…

  • Septembre au ciel léger …

    Septembre au ciel léger …

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) Septembre au ciel léger …   Septembre au ciel léger taché de cerfs-volantsEst favorable à la flânerie à pas lents,Par la rue, en sortant de chez la femme aimée,Après un tendre adieu dont l’âme est parfumée.Pour moi, je crois toujours l’aimer mieux et bien plusDans ce mois-ci, car…

  • La plus lente caresse …

    La plus lente caresse …

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) La plus lente caresse …   La plus lente caresse, amie, est la meilleure,N’est-ce pas ? Et tu hais l’instant funeste où l’heureRappelle avec son chant métallique et glacéQu’il se fait tard, très tard, et qu’il est dépasséDéjà le temps moral d’un bain ou d’une messe ;Car ce…

  • Sa chambre bleue …

    Sa chambre bleue …

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) Sa chambre bleue …   Sa chambre bleue est bien celle que je préfère.Mon bouquet du matin s’y fane, et l’atmosphèreLanguissante s’empreint de parfums assoupis ;Les longs et fins rideaux, tombant sur le tapis,Attendrissent encor le jour discret et sobreQue leur verse une tiède après-midi d’octobre. Au coin du…

  • Il faisait presque nuit …

    Il faisait presque nuit …

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) Il faisait presque nuit …   Il faisait presque nuit. La chambre était obscure.Nous étions dans ce calme alangui que procureLa fatigue, et j’étais assis à ses genoux.Ses yeux cernés, mais plus caressants et plus doux,Se souvenaient encor de l’extase finie,Et ce regard voilé, long comme une agonie,Me…

  • C’est lâche ! …

    C’est lâche ! …

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) C’est lâche ! J’aurais dû me fâcher …   C’est lâche ! J’aurais dû me fâcher, j’aurais dûLui dire ce que c’est qu’un bonheur attenduSi longtemps et qui manque, et qu’une nuit pareilleQu’on passe, l’œil fixé sur l’horloge et l’oreilleTendue au moindre bruit vague de l’escalier.C’est lâche !…

  • Elle viendra ce soir …

    Elle viendra ce soir …

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) Elle viendra ce soir …   Elle viendra ce soir ; elle me l’a promis.Tout est bien prêt. Je viens d’éloigner mes amis,De brûler des parfums, d’allumer les bougiesEt de jeter au feu les fades élégiesQue j’ai faites alors qu’elle ne venait pas ;Et j’attends. Tout à l’heure…

  • Afin de louer mieux vos charmes …

    Afin de louer mieux vos charmes …

    {loadnavigation} François Coppée (1842-1908)Recueil : Intimités (1868) Afin de louer mieux vos charmes endormeurs   Afin de louer mieux vos charmes endormeurs,Souvenirs que j’adore, hélas ! et dont je meurs,J’évoquerai, dans une ineffable ballade,Aux pieds du grand fauteuil d’une reine maladeUn page de douze ans aux traits déjà pâlis,Qui, dans les coussins bleus brodés de…

  • Sainte Geneviève patronne de Paris

    Sainte Geneviève patronne de Paris

    {loadnavigation} Charles Péguy (1873-1914)Recueil : La Tapisserie De Sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc (1913) Sainte Geneviève patronne de Paris   Bergère qui gardiez les moutons à NanterreEt guettiez au printemps la première hirondelle,Vous seule vous savez combien elle est fidèle,La ville vagabonde et pourtant sédentaire.Vous qui la connaissez dans ses embrassementsEt dans sa turpitude…

  • Pour le samedi 11 janvier 1913

    Pour le samedi 11 janvier 1913

    {loadnavigation} Charles Péguy (1873-1914)Recueil : La Tapisserie De Sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc (1913) Pour le samedi 11 janvier 1913   IX Comme Dieu ne fait rien que par compagnonnage,Il fallut qu’elle vît ces mauvais compagnons,Les Anglais (les Français), les traîtres BourguignonsDépecer le royaume ainsi qu’un apanage ; Il fallut qu’elle vît ce monstrueux ménage,Et…

  • Pour le vendredi 10 janvier 1913

    Pour le vendredi 10 janvier 1913

    {loadnavigation} Charles Péguy (1873-1914)Recueil : La Tapisserie De Sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc (1913) Pour le vendredi 10 janvier 1913   VIII Comme Dieu ne fait rien que par pauvre misère,Il fallut qu’elle vît sa ville endolorie,Et les peuples foulés et sa race flétrie,L’émeute suppurant comme un secret ulcère ; Il fallut qu’elle vît pour…

  • Pour le jeudi 9 janvier 1913

    Pour le jeudi 9 janvier 1913

    {loadnavigation} Charles Péguy (1873-1914)Recueil : La Tapisserie De Sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc (1913) Pour le jeudi 9 janvier 1913   VII Comme Dieu ne fait rien que par simple bergère,Il fallut qu’elle vît la discorde civileSecouer son flambeau sur les toits de la villeEt joindre sa fureur à la guerre étrangère ; Il fallut…

  • Pour le mercredi 8 janvier 1913

    Pour le mercredi 8 janvier 1913

    {loadnavigation} Charles Péguy (1873-1914)Recueil : La Tapisserie De Sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc (1913) Pour le mercredi 8 janvier 1913   VI Comme Dieu ne fait rien que par miséricordes,Il fallut qu’elle vît le royaume en lambeaux,Et sa filleule ville embrasée aux flambeaux,Et ravagée aux mains des plus sinistres hordes ; Et les cœurs dévorés…

  • Pour le mardi 7 janvier 1913

    Pour le mardi 7 janvier 1913

    {loadnavigation} Charles Péguy (1873-1914)Recueil : La Tapisserie De Sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc (1913) Pour le mardi 7 janvier 1913   V Comme la vieille aïeule au fin fond de son âgeSe plaît à regarder sa plus arrière fille,Naissante à l’autre bout de la longue famille,Recommencer la vie ainsi qu’un héritage ; Elle en fait…

  • Pour le lundi 6 janvier 1913

    Pour le lundi 6 janvier 1913

    {loadnavigation} Charles Péguy (1873-1914)Recueil : La Tapisserie De Sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc (1913) Pour le lundi 6 janvier 1913 Jour des roisCinq cent unième anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc   IV Comme la vieille aïeule au plus fort de son âgeSe réjouit de voir le tendre nourrisson,L’enfant à la mamelle et…