Catégorie : Voltaire

  • La crépinade

    La crépinade

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  les Satires La crépinade Le diable un jour, se trouvant de loisir,Dit: « Je voudrais former à mon plaisirQuelque animal dont l’âme et la figureFût à tel point au rebours de nature,Qu’en le voyant l’esprit le plus bouchéY reconnût mon portrait tout craché. »Il dit, et prend une argile ensoufrée,Des eaux…

  • À la marquise du Châtelet

    À la marquise du Châtelet

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  Épîtres, stances et odes À la marquise du Châtelet Ainsi donc cent beautés nouvellesVont fixer vos brillants espritsVous renoncez aux étincelles,Aux feux follets de mes écritsPour des lumières immortelles ;Et le sublime MaupertuisVient éclipser mes bagatelles.Je n’en suis fâché ni surpris ;Un esprit vrai doit être éprisPour des vérités éternelles :Mais…

  • Le bourbier

    Le bourbier

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  le Satire Le bourbier Pour tous rimeurs, habitants du Parnasse,De par Phébus il est plus d’une place:Les rangs n’y sont confondus comme ici,Et c’est raison. Ferait beau voir aussiLe fade auteur d’un roman ridiculeSur même lit couché près de Catulle;Ou bien Lamotte ayant l’honneur du pasSur le harpeur ami de Mécénas:Trop…

  • À M. Le comte, le chevalier et l’abbé de Sade

    À M. Le comte, le chevalier et l’abbé de Sade

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  Épîtres, stances et odes À M. Le comte, le chevalier et l’abbé de Sade Trio charmant que je remarqueEntre ceux qui font mon appui,Trio par qui Laure aujourd’huiRevient de la fatale barque ;Vous qui pensez mieux que Pétrarque,Et rimez aussi bien que lui,Je ne puis quitter mon étuiPour le souper où…

  • Le loup moraliste

    Le loup moraliste

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  Portefeuille volé Le loup moraliste Un loup, à ce que dit l’histoire,Voulut donner un jour des leçons à son fils,Et lui graver dans la mémoire,Pour être honnête loup, de beaux et bons avis.« Mon fils, lui disait-il, dans ce désert sauvage,A l’ombre des forêts vous passez vos jours ;Vous pourrez cependant…

  • À M. Le duc de La Feuillade

    À M. Le duc de La Feuillade

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  Épîtres, stances et odes À M. Le duc de La Feuillade Conservez précieusementL’imagination fleurieEt la bonne plaisanterie,Dont vous possédez l’agrément,Au défaut du tempérament,Dont vous vous vantez hardimentEt que tout le monde vous nie. La dame qui depuis longtempsConnaît à fond votre personne,A dit : hélas ! je lui pardonneD’en vouloir imposer…

  • Le portrait manqué

    Le portrait manqué

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Le portrait manqué A Madame de B*** On ne peut faire ton portrait :Folâtre et sérieuse, agaçante et sévère,Prudente avec l’air indiscret,Vertueuse, coquette, à toi-même contraire,La ressemblance échappe en rendant chaque trait.Si l’on te peint constante, on t’aperçoit légère :Ce n’est jamais toi qu’on a fait.Fidèle au sentiment avec des goûts volages,Tous…

  • À Madame de Fontaine-Martel

    À Madame de Fontaine-Martel

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  Épîtres, stances et odes À Madame de Fontaine-Martel Ô très singulière Martel,J’ai pour vous estime profonde ;C’est dans votre petit hôtel,C’est sur vos soupers que je fondeMon plaisir, le seul bien réelQu’un honnête homme ait en ce monde.Il est vrai qu’un peu je vous gronde ;Mais, malgré cette liberté,Mon cœur vous…

  • Les Fréron

    Les Fréron

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Les Fréron D’où vient que ce nom de FréronEst l’emblème du ridicule ?Si quelque maître Aliboron,Sans esprit comme sans scrupule,Brave les moeurs et la raison ;Si de Zoïle et de ChaussonIl se montre le digne émule,Les enfants disent : ” C’est Fréron. “ Sitôt qu’un libelle imbécileCroqué par quelque polissonCourt dans les…

  • À Mademoiselle Le Couvreur

    À Mademoiselle Le Couvreur

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  Épîtres, stances et odes À Mademoiselle Le Couvreur L’heureux talent dont vous charmez la FranceAvait en vous brillé dès votre enfance ;Il fut dès lors dangereux de vous voir,Et vous plaisiez même sans le savoir.Sur le théâtre heureusement conduite,Parmi les vœux de cent cœurs empressés,Vous récitiez, par la nature instruite :C’était…

  • Les Souhaits

    Les Souhaits

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Les Souhaits Il n’est mortel qui ne forme des voeux :L’un de Voisin convoite la puissance ;L’autre voudrait engloutir la financeQu’accumula le beau-père d’Évreux. Vers les quinze ans, un mignon de couchetteDemande à Dieu ce visage imposteur,Minois friand, cuisse ronde et douilletteDu beau de Gesvre, ami du promoteur. Roy versifie, et veut…

  • À Mme du Châtelet

    À Mme du Châtelet

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil: Épîtres, stances et odes À Mme du Châtelet Si vous voulez que j’aime encore,Rendez-moi l’âge des amours ;Au crépuscule de mes joursRejoignez, s’il se peut, l’aurore. Des beaux lieux où le dieu du vinAvec l’Amour tient son empire,Le Temps, qui me prend par la main,M’avertit que je me retire. De son…

  • Les Vous et les Tu

    Les Vous et les Tu

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Les Vous et les Tu Philis, qu’est devenu ce tempsOù, dans un fiacre promenée,Sans laquais, sans ajustements,De tes grâces seules ornée,Contente d’un mauvais soupéQue tu changeais en ambroisie,Tu te livrais, dans ta folie,A l’amant heureux et trompéQui t’avait consacré sa vie ?Le ciel ne te donnait alors,Pour tout rang et pour tous…

  • À Mme Lullin

    À Mme Lullin

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  Épîtres, stances et odes À Mme Lullin Hé quoi ! vous êtes étonnéeQu’au bout de quatre-vingts hivers,Ma Muse faible et surannéePuisse encor fredonner des vers ? Quelquefois un peu de verdureRit sous les glaçons de nos champs ;Elle console la nature,Mais elle sèche en peu de temps. Un oiseau peut se…

  • Polissonnerie

    Polissonnerie

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Polissonnerie Je cherche un petit bois touffu,Que vous portez, Aminthe,Qui couvre, s’il n’est pas tonduUn gentil labyrinthe.Tous les mois, on voit quelques fleursColorer le rivage ;Laissez-moi verser quelques pleursDans ce joli bocage. – Allez, monsieur, porter vos pleursSur un autre rivage ;Vous pourriez bien gâter les fleursDe mon joli bocage ;Car, si…

  • À Monsieur le Chevalier de Boufflers

    À Monsieur le Chevalier de Boufflers

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  Épîtres, stances et odes À Monsieur le Chevalier de Boufflers Croyez qu’un vieillard cacochyme,Chargé de soixante et douze ans,Doit mettre, s’il a quelque sens,Son âme et son corps au régime.Dieu fit la douce IllusionPour les heureux fous du bel âge ;Pour les vieux fous l’ambition,Et la retraite pour le sage.Vous me…

  • Précis de l’ecclésiate

    Précis de l’ecclésiate

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Précis de l’ecclésiate Dans ma bouillante jeunesse,J’ai cherché la volupté,J’ai savouré son ivresse:De mon bonheur dégoûté,Dans sa coupe enchanteresseJ’ai trouvé la vanité.La grandeur et la richesseDans l’âge mûr m’ont flatté:Les embarras, la tristesse,L’ennui, la satiété,Ont averti ma vieillesseQue tout était vanité.J’ai voulu de la sciencePénétrer l’obscurité.O nature, abîme immense:Tu me laisses sans…

  • À Monsieur le comte Algarotti

    À Monsieur le comte Algarotti

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  Épîtres, stances et odes À Monsieur le comte Algarotti Lorsque ce grand courrier de la philosophie,Condamine l’observateur,De l’Afrique au Pérou conduit par Uranie,Par la gloire, et par la manie,S’en va griller sous l’équateur,Maupertuis et Clairaut, dans leur docte fureur,Vont geler au pôle du monde.Je les vois d’un degré mesurer la longueur,Pour…

  • Sur le Louvre

    Sur le Louvre

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  Stances Sur le Louvre Monument imparfait de ce siècle vantéQui sur tous les beaux-arts a fondé sa mémoire,Vous verrai-je toujours, en attestant sa gloire,Faire un juste reproche à sa postérité ? Faut-il que l’on s’indigne alors qu’on vous admire,Et que les nations qui veulent nous braver,Fières de nos défauts, soient en…

  • À Samuel Bernard

    À Samuel Bernard

    {loadnavigation} Voltaire (1694-1778) Recueil:  Épîtres, stances et odes À Samuel Bernard (Au nom de Madame de Fontaine-Martel.) C’est mercredi que je soupais chez vousEt que, sortant des plaisirs de la table,Bientôt couchée, un sommeil prompt et douxMe fit présent d’un songe délectable. Je rêvais donc qu’au manoir ténébreuxJ’étais tombée, et que Pluton lui-mêmeMe menait voir…