Catégorie : Henri-Auguste Barbier
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Le Progrès
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Le Progrès À quoi servent, grand dieu ! Les leçons de l’histoire Pour l’avenir des citoyens,Et tous les faits notés dans une page noirePar la main des historiens,Si les mêmes excès et les mêmes misèresReparaissent dans tous les temps,Et si de tous les temps les exemples…
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Toutes les muses
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) Toutes les muses Toutes les muses glorieuses N’ont pas au front le calme et la sérénité,Et dans le choeur sacré de ces nobles chanteusesPlus d’une grande voix sonne avec âpreté.L’une épanche son âme en plaintes infernales,Par les bois, et les monts, et les flots voyageurs;L’autre, frappant…
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Le Rire
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Le Rire Nous avons tout perdu, tout, jusqu’à ce gros rire Gonflé de gaîté franche et de bonne satire,Ce rire d’autrefois, ce rire des aïeuxQui jaillissait du coeur comme un flot de vin vieuxLe rire sans envie et sans haine profonde,Pour n’y plus revenir est parti…
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Prologue
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) Prologue On dira qu’à plaisir je m’allume la joue; Que mon vers aime à vivre et ramper dans la boue;Qu’imitant Diogène au cynique manteau,Devant tout monument je roule mon tonneau;Que j’insulte aux grands noms, et que ma jeune plumeSur le peuple et les rois frappe avec…
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La Cuve
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) La Cuve Il est, il est sur terre une infernale cuve, On la nomme Paris; c’est une large étuve,Une fosse de pierre aux immenses contoursQu’une eau jaune et terreuse enferme à triples tours;C’est un volcan fumeux et toujours en haleineQui remue à longs flots de la…
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La Curée
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) La Curée Oh ! Lorsqu’un lourd soleil chauffait les grandes dalles Des ponts et de nos quais déserts,Que les cloches hurlaient, que la grêle des ballesSifflait et pleuvait par les airs; Que dans Paris entier, comme la mer qui monte,Le peuple soulevé grondait,Et qu’au lugubre accent…
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Désolation
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Désolation Comme tout jeune coeur encor vierge de fiel, J’ai demandé d’abord ma poésie au ciel.Hélas ! Il n’en tomba qu’une réponse amère !Pauvre fou, cria-t-il, que la pensée altère,Toi qui, haussant vers moi tes deux lèvres en feu,Cherches, comme un peu d’eau, le pur souffle…
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Le Lion
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) Le Lion J’ai vu pendant trois jours, j’ai vu plein de colère Bondir et rebondir le lion populaire,Sur le pavé sonnant de la grande cité.Je l’ai vu tout d’abord, une balle au côté,Jetant à l’air ses crins et sa gueule vorace,Tordre à doubles replis les muscles…
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Il est triste
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Il est triste Il est triste de voir partout l’oeuvre du mal,D’entonner ses chansons sur un rythme infernal.Au ciel le plus vermeil de trouver un nuage,Une ride chagrine au plus riant visage.Heureux à qui le ciel a fait la bonne part !Bien heureux qui n’a vu…
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Quatre vingt treize
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) Quatre vingt treize Un jour que de l’état le vaisseau séculaire, Fatigué trop longtemps du roulis populaire,Ouvert de toutes parts, à demi démâté,Sur une mer d’écueils, sous des cieux sans étoiles,Au vent de la terreur qui déchirait ses voiles,S’en allait échouer la jeune liberté;Tous les rois…
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L’Émeute
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) L’Émeute Comme un vent orageux, des bruits rauques et sourds Roulent soudainement de faubourgs en faubourgs;Les portes des maisons, les fenêtres frémissent,Les marteaux sur le bronze à grands coups retentissent,La peur frappe partout, et les vieillards tremblants,Les femmes en désordre, et les petits enfants,D’un grand oeil…
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La Popularité
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) La Popularité Dans le pays de France aujourd’hui que personne Ne peut chez soi rester en paix,Et que de toutes parts l’ambition bourgeonneSur les crânes les plus épais,Tout est en mouvement sur la place publique;La voix bruyante et le coeur vain,Chacun bourdonne autour de l’oeuvre politique,Chacun…
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L’Idole
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) L’Idole Allons, chauffeur, allons, du charbon, de la houille, Du fer, du cuivre et de l’étain;Allons, à large pelle, à grand bras plonge et fouille,Nourris le brasier, vieux vulcain;Donne force pâture à ta grande fournaise,Car, pour mettre ses dents en jeu,Pour tordre et dévorer le métal…
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Varsovie
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) Varsovie I la guerre: Mère ! Il était une ville fameuse:Avec le hun, j’ai franchi ses détours,J’ai démoli son enceinte fumeuse,Sous le boulet j’ai fait crouler ses tours,J’ai promené mes chevaux par les rues,Et sous le fer de leurs rudes sabotsJ’ai labouré le corps des femmes…
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Dante
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) Dante Dante, vieux gibelin ! Quand je vois en passantLe plâtre blanc et mat de ce masque puissantQue l’art nous a laissé de ta divine tête,Je ne puis m’empêcher de frémir, ô poëte !Tant la main du génie et celle du malheurOnt imprimé sur toi le…
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Melpomène
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Melpomène À M Alfred De Vigny: Ô fille d’Euripide, ô belle fille antique,Ô muse, qu’as-tu fait de ta blanche tunique ?Prêtresse du saint temple, oh ! Que sont devenusLes ornements sacrés qui couvraient tes pieds nus !Et les cheveux dorés relevés sur ta tête,Et le grave…
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Terpsichore
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Terpsichore À M A Royer: Lorsque la foi brûlante a déserté les âmes,Quand le pur aliment de toutes chastes flammes,Le nom puissant de Dieu des coeurs s’est effacé,Et quand le pied du vice a partout repassé,La vie à tous les dos est chose fatigante;C’est une…
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L’Amour de la mort
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) L’Amour de la mort Hélas ! Qui le croirait ? Ce fantôme hideux, Ce monstre à l’oeil éteint dans son orbite creux,Au crâne sans cheveux et souillé de poussière,Aux membres allongés et froids comme la pierre,À la teinte jaunâtre, à cette fade odeurQui vous met malgré…
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La Reine du monde
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) La Reine du monde Ô puissant Gutenberg ! Germain de bonne race Dont le mâle et hardi cerveauDe l’antique univers a rajeuni la facePar un prodige tout nouveau;Lorsqu’aux rives du Rhin, dans une nuit ardente,Amant d’une divinité,Tu pressas sur ton sein la poitrine ferventeDe l’immortelle liberté,Tu…
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Les Victimes
{loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Les Victimes Une nuit je rêvais… et dans mon rêve sombre, Autour d’un ténébreux autel,Passaient, passaient toujours des victimes sans nombre,Les bras tendus vers l’éternel.Toutes avaient au front une trace luisante;Toutes, comme un maigre troupeauQui laisse à l’écorcheur sa tunique pesante,Portaient du rouge sur la peau.Et…