Poésies…

  • Lettre

    Lettre

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Lettre Éloigné de vos yeux, Madame, par des soinsImpérieux (j’en prends tous les dieux à témoins),Je languis et je meurs, comme c’est ma coutumeEn pareil cas, et vais, le coeur plein d’amertume,A travers des soucis où votre ombre me suit,Le jour dans mes pensers, dans mes rêves…

  • À Clymène

    À Clymène

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) À Clymène Mystiques barcarolles,Romances sans paroles,Chère, puisque tes yeux,Couleur des cieux, Puisque ta voix, étrangeVision qui dérangeEt trouble l’horizonDe ma raison. Puisque l’arôme insigneDe ta pâleur de cygneEt puisque la candeurDe ton odeur, Ah! puisque tout ton être,Musique qui pénètre,Nimbes d’anges défunts,Tons et parfums, A, sur d’almes…

  • Mandoline

    Mandoline

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Mandoline Les donneurs de sérénadesEt les belles écouteusesÉchangent des propos fadesSous les ramures chanteuses. C’est Tircis et c’est Aminte,Et c’est l’éternel Clitandre,Et c’est Damis qui pour mainteCruelle fait maint vers tendre. Leurs courtes vestes de soie,Leurs longues robes à queues,Leur élégance, leur joieEt leurs molles ombres bleues…

  • Le Faune

    Le Faune

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Le Faune Un vieux faune de terre cuiteRit au centre des boulingrins,Présageant sans doute une suiteMauvaise à ces instants sereins Qui m’ont conduit et t’ont conduite,– Mélancoliques pélerins, –Jusqu’à cette heure dont la fuiteTournoie au son des tambourins.     Paul Verlaine     {loadposition position_verlaine_galantes} {loadposition…

  • En bateau

    En bateau

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) En bateau L’étoile du berger trembloteDans l’eau plus noire et le piloteCherche un briquet dans sa culotte. C’est l’instant, Messieurs, ou jamais,D’être audacieux, et je metsMes deux mains partout désormais ! Le chevalier Atys, qui gratteSa guitare, à Chloris l’ingrateLance une oeillade scélérate. L’abbé confesse bas Églé,Et…

  • Cythère

    Cythère

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Cythère Un pavillon à claires-voiesAbrite doucement nos joiesQu’éventent des rosiers amis; L’odeur des roses, faible, grâceAu vent léger d’été qui passe,Se mêle aux parfums qu’elle a mis; Comme ses yeux l’avaient promis,Son courage est grand et sa lèvreCommunique une exquise fièvre; Et l’Amour comblant tout, hormisLa faim,…

  • Fantoches

    Fantoches

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Fantoches Scaramouche et PulcinellaQu’un mauvais destin rassemblaGesticulent, noirs sous la lune. Cependant l’excellent docteurBolonais cueille avec lenteurDes simples parmi l’herbe brune. Lors sa fille, piquant minois,Sous la charmille, en tapinois,Se glisse, demi-nue, en quête De son beau pirate espagnol,Dont un langoureux rossignolClame la détresse à tue-tête.  …

  • En patinant

    En patinant

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) En patinant Nous fûmes dupes, vous et moi,De manigances mutuelles,Madame, à cause de l’émoiDont l’Été férut nos cervelles. Le Printemps avait bien un peuContribué, si ma mémoireEst bonne, à brouiller notre jeu,Mais que d’une façon moins noire !Car au printemps l’air est si fraisQu’en somme les roses…

  • Les Coquillages

    Les Coquillages

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Les coquillages Chaque coquillage incrustéDans la grotte où nous nous aimâmesA sa particularité. L’un a la pourpre de nos âmesDérobée au sang de nos coeursQuand je brûle et que tu t’enflammes; Cet autre affecte tes langueursEt tes pâleurs alors que, lasse,Tu m’en veux de mes yeux moqueurs;…

  • Cortège

    Cortège

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Cortège Un singe en veste de brocartTrotte et gambade devant elleQui froisse un mouchoir de dentelleDans sa main gantée avec art, Tandis qu’un négrillon tout rougeMaintient à tout de bras les pansDe sa lourde robe en suspens,Attentif à tout pli qui bouge; Le singe ne perd pas…

  • Les Ingénus

    Les Ingénus

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Les Ingénus Les hauts talons luttaient avec les longues jupes,En sorte que, selon le terrain et le vent,Parfois luisaient des bas de jambes, trop souventInterceptés ! – et nous aimions ce jeu de dupes. Parfois aussi le dard d’un insecte jalouxInquiétait le col des belles sous les…

  • Dans la grotte

    Dans la grotte

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Dans la grotte Là ! Je me tue à vos genoux !Car ma détresse est infinie,Et la tigresse épouvantable d’HyrcanieEst une agnelle au prix de vous. Oui, céans, cruelle Clymène,Ce glaive, qui dans maints combatsMit tant de Scipions et de Cyrus à bas,Va finir ma vie et…

  • À la promenade

    À la promenade

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) À la promenade Le ciel si pâle et les arbres si grêlesSemblent sourire à nos costumes clairsQui vont flottant légers avec des airsDe nochalance et des mouvements d’ailes. Et le vent doux ride l’humble bassin,Et la lueur du soleil qu’atténueL’ombre des bas tilleuls de l’avenueNous parvient bleue…

  • L’Allée

    L’Allée

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) L’allée Fardée et peinte comme au temps des bergeries,Frêle parmi les noeuds énormes de rubans,Elle passe sous les ramures assombries,Dans l’allée où verdit la mousse des vieux bancs,Avec mille façons et mille afféteriesQu’on garde d’ordinaire aux perruches chéries.Sa longue robe à queue est bleue, et l’éventailQu’elle froisse…

  • Sur l’herbe

    Sur l’herbe

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Sur l’herbe – L’abbé divague. – Et toi, marquis,Tu mets de travers ta perruque.– Ce vieux vin de Chypre est exquisMoins, Camargo, que votre nuque. – Ma flamme… – Do, mi, sol, la, si,L’abbé, ta noirceur se dévoile !– Que je meure, mesdames, siJe ne vous décroche…

  • Pantomime

    Pantomime

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Pantomime Pierrot, qui n’a rien d’un Clitandre,Vide un flacon sans plus attendre,Et, pratique, entame un pâté. Cassandre, au fond de l’avenue,Verse une larme méconnueSur son neveu déshérité. Ce faquin d’Arlequin combineL’enlèvement de ColombineEt pirouette quatre fois. Colombine rêve, surpriseDe sentir un coeur dans la briseEt d’entendre en…

  • Clair de lune

    Clair de lune

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Clair de lune Votre âme est un paysage choisiQue vont charmant masques et bergamasquesJouant du luth et dansant et quasiTristes sous leurs déguisements fantasques. Tout en chantant sur le mode mineurL’amour vainqueur et la vie opportune,Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheurEt leur chanson se…

  • L’inspiration superbe …

    L’inspiration superbe …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Épilogue L’inspiration superbe … Ah ! L’inspiration superbe et souveraine,L’Égérie aux regards lumineux et profonds,Le Genium commode et l’Erato soudaine,L’Ange des vieux tableaux avec des ors au fond, La Muse dont la voix est puissante sans doute,Lorsqu’elle fait d’un coup dans les premiers cerveaux,Comme ces pissenlits…

  • Ce livre est clos …

    Ce livre est clos …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Épilogue Ce livre est clos … Donc, c’en est fait. Ce livre est clos. Chères IdéesQui rayiez mon ciel gris de vos ailes de feuDont le vent caressait mes tempes obsédées,Vous pouvez revoler devers l’Infini bleu ! Et toi, Vers qui tintais, et toi, Rime sonore,Et…

  • Le soleil, moins ardent …

    Le soleil, moins ardent …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Épilogue Le soleil, moins ardent … Le soleil, moins ardent, luit clair au ciel moins dense.Balancés par un vent automnal et berceur,Les rosiers du jardin s’inclinent en cadence.L’atmosphère ambiante a des baisers de soeur. La Nature a quitté pour cette fois son trôneDe splendeur, d’ironie et…