L’Allée

 Paul Verlaine (1844-1896)
Recueil : Fêtes galantes (1869)

L’allée

Fardée et peinte comme au temps des bergeries,
Frêle parmi les noeuds énormes de rubans,
Elle passe sous les ramures assombries,
Dans l’allée où verdit la mousse des vieux bancs,
Avec
mille façons et mille afféteries
Qu’on garde d’ordinaire aux perruches chéries.
Sa longue robe à queue est bleue, et l’éventail
Qu’elle froisse en ses doigts fluets aux larges bagues
S’égaie
un des sujets érotiques, si vagues
Qu’elle sourit, tout en rêvant, à maint détail.
– Blonde, en somme. Le nez mignon avec la bouche
Incarnadine, grasse, et divine d’orgueil
Inconscient. – D’ailleurs
plus fine que la mouche
Qui ravive l’éclat un peu niais de l’oeil.

 

Paul Verlaine

 

paulverlaine

 

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