Poésies…

  • Spleen – Pluviôse

    Spleen – Pluviôse

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Spleen Pluviôse, irrité contre la ville entière,De son urne à grands flots verse un froid ténébreuxAux pâles habitants du voisin cimetièreEt la mortalité sur les faubourgs brumeux. Mon chat sur le carreau cherchant une litièreAgite sans repos son corps maigre et…

  • La Cloche fêlée

    La Cloche fêlée

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal La Cloche fêlée Il est amer et doux, pendant les nuits d’hiver,D’écouter, près du feu qui palpite et qui fume,Les souvenirs lointains lentement s’éleverAu bruit des carillons qui chantent dans la brume. Bienheureuse la cloche au gosier vigoureuxQui, malgré sa vieillesse,…

  • Les Hiboux

    Les Hiboux

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Les Hiboux Sous les ifs noirs qui les abritent,Les hiboux se tiennent rangés,Ainsi que des dieux étrangers,Dardant leur œil rouge. Ils méditent. Sans remuer ils se tiendrontJusqu’à l’heure mélancoliqueOù, poussant le soleil oblique,Les ténèbres s’établiront. Leur attitude au sage enseigneQu’il faut en…

  • Les Chats

    Les Chats

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Les Chats Les amoureux fervents et les savants austèresAiment également, dans leur mûre saison,Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires. Amis de la science et de la volupté,Ils cherchent le silence…

  • Moesta et errabunda

    Moesta et errabunda

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Moesta et errabunda Dis-moi, ton cœur parfois s’envole-t-il, Agathe,Loin du noir océan de l’immonde cité,Vers un autre océan où la splendeur éclate,Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité ?Dis-moi, ton cœur parfois s’envole-t-il, Agathe ? La mer, la vaste mer, console…

  • À une Dame créole

    À une Dame créole

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal À une Dame créole Au pays parfumé que le soleil caresse,J’ai connu, sous un dais d’arbres tout empourprésEt de palmiers d’où pleut sur les yeux la paresse,Une dame créole aux charmes ignorés. Son teint est pâle et chaud ; la brune…

  • Franciscæ meæ laudes

    Franciscæ meæ laudes

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Franciscæ meæ laudes Novis te cantabo chordis,O novelletum quod ludisIn solitudine cordis. Esto sertis implicata,O femina delicataPer quam solvuntur peccata ! Sicut beneficum Lethe,Hauriam oscula de te,Quæ imbuta es magnete. Quum vitiorum tempestasTurbabat omnes semitas,Apparuisti, Deitas, Velut stella salutarisIn naufragiis amaris…..Suspendam cor tuis aris…

  • L’Héautontimorouménos

    L’Héautontimorouménos

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal L’Héautontimorouménos À  J. G. F. Je te frapperai sans colèreEt sans haine, comme un boucher,Comme Moïse le rocher !Et je ferai de ta paupière, Pour abreuver mon Saharah,Jaillir les eaux de la souffrance.Mon désir gonflé d’espéranceSur tes pleurs salés nagera Comme un…

  • Causerie

    Causerie

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Causerie Vous êtes un beau ciel d’automne, clair et rose !Mais la tristesse en moi monte comme la mer,Et laisse, en refluant, sur ma lèvre moroseLe souvenir cuisant de son limon amer. — Ta main se glisse en vain sur mon…

  • L’Irréparable

    L’Irréparable

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal L’Irréparable Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords,Qui vit, s’agite et se tortille,Et se nourrit de nous comme le ver des morts,Comme du chêne la chenille ?Pouvons-nous étouffer l’implacable Remords ? Dans quel philtre, dans quel vin, dans quelle tisane,Noierons-nous ce…

  • L’Invitation au Voyage

    L’Invitation au Voyage

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal L’Invitation au Voyage Mon enfant, ma sœur,Songe à la douceurD’aller là-bas vivre ensemble !Aimer à loisir,Aimer et mourirAu pays qui te ressemble !Les soleils mouillésDe ces ciels brouillésPour mon esprit ont les charmesSi mystérieuxDe tes traîtres yeux,Brillant à travers leurs…

  • Le Beau Navire

    Le Beau Navire

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Le Beau Navire Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;Je veux te peindre ta beauté,Où l’enfance s’allie à la maturité. Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large,Tu fais l’effet d’un beau…

  • Le Chat – Dans ma cervelle …

    Le Chat – Dans ma cervelle …

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Le Chat – Dans ma cervelle … I Dans ma cervelle se promène,Ainsi qu’en son appartement,Un beau chat, fort, doux et charmant.Quand il miaule, on l’entend à peine, Tant son timbre est tendre et discret ;Mais que sa voix s’apaise ou gronde,Elle…

  • Ciel brouillé

    Ciel brouillé

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Ciel brouillé On dirait ton regard d’une vapeur couvert ;Ton œil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)Alternativement tendre, rêveur, cruel,Réfléchit l’indolence et la pâleur du ciel. Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,Qui font se fondre en pleurs les…

  • Le Poison

    Le Poison

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Le Poison Le vin sait revêtir le plus sordide bougeD’un luxe miraculeux,Et fait surgir plus d’un portique fabuleuxDans l’or de sa vapeur rouge,Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux. L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes,Allonge l’illimité,Approfondit le temps,…

  • Le Flacon

    Le Flacon

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Le Flacon Il est de forts parfums pour qui toute matièreEst poreuse. On dirait qu’ils pénètrent le verre.En ouvrant un coffret venu de l’OrientDont la serrure grince et rechigne en criant, Ou dans une maison déserte quelque armoirePleine de l’âcre odeur…

  • Harmonie du Soir

    Harmonie du Soir

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Harmonie du Soir Voici venir les temps où vibrant sur sa tigeChaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ;Valse mélancolique et langoureux vertige ! Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;Le violon…

  • L’Aube spirituelle

    L’Aube spirituelle

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal L’Aube spirituelle Quand chez les débauchés l’aube blanche et vermeilleEntre en société de l’Idéal rongeur,Par l’opération d’un mystère vengeurDans la brute assoupie un ange se réveille. Des Cieux Spirituels l’inaccessible azur,Pour l’homme terrassé qui rêve encore et souffre,S’ouvre et s’enfonce avec…

  • Confession

    Confession

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Confession Une fois, une seule, aimable et douce femme,À mon bras votre bras poliS’appuya (sur le fond ténébreux de mon âmeCe souvenir n’est point pâli) ; Il était tard ; ainsi qu’une médaille neuveLa pleine lune s’étalait,Et la solennité de la…

  • Réversibilité

    Réversibilité

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal Réversibilité Ange plein de gaieté, connaissez-vous l’angoisse,La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,Et les vagues terreurs de ces affreuses nuitsQui compriment le cœur comme un papier qu’on froisse ?Ange plein de gaieté, connaissez-vous l’angoisse ? Ange plein de bonté, connaissez-vous…