Poésies…

  • Espérance

    Espérance

    {loadnavigation} Pierre Corneille (1606-1684) Recueil: Poésies diverses Espérance D’un accueil si flatteur, et qui veut que j’espère,Vous payez ma visite alors que je vous vois,Que souvent à l’erreur j’abandonne ma foi,Et croîs seul avoir droit d’aspirer à vous plaire. Mais si j’y trouve alors de quoi me satisfaire,Ces charmes attirants, ces doux je ne sais…

  • Épitaphe sur la mort de damoiselle Elisabeth Ranquet

    Épitaphe sur la mort de damoiselle Elisabeth Ranquet

    {loadnavigation} Pierre Corneille (1606-1684) Épitaphe sur la mort de damoiselle Elisabeth Ranquet Ne verse point de pleurs sur cette sépulture,Passant ; ce lit funèbre est un lit précieux,Où gît d’un corps tout pur la cendre toute pure ;Mais le zèle du coeur vit encore en ces lieux. Avant que de payer le droit de la…

  • Chagrin

    Chagrin

    {loadnavigation} Pierre Corneille (1606-1684) Recueil: Poésies diverses Chagrin Usez moins avec moi du droit de tout charmer ;Vous me perdrez bientôt si vous n’y prenez garde.J’aime bien a vous voir, quoi qu’enfin j’y hasarde ;Mais je n’aime pas bien qu’on me force d’aimer. Cependant mon repos a de quoi s’alarmer ;Je sens je ne sais…

  • Au Roy

    Au Roy

    {loadnavigation} Pierre Corneille (1606-1684) Au Roy Est-il vrai, grand Monarque, et puis-je me vanterQue tu prennes plaisir à me ressusciter ;Qu’au bout de quarante ans Cinna, Pompée, Horace,Reviennent à la mode et retrouvent leur place,Et que l’heureux brillant de mes jeunes rivauxN’ôte point leur vieux lustre à mes premiers travaux ?Achève. Les derniers n’ont rien…

  • Chanson

    Chanson

    {loadnavigation} Pierre Corneille (1606-1684) Recueil: Poésies diverses Chanson Si je perds bien des maîtresses,J’en fais encor plus souvent,Et mes vœux et mes promessesNe sont que feintes caresses,Et mes vœux et mes promessesNe sont jamais que du vent. Quand je vois un beau visage,Soudain je me fais de feu ;Mais longtemps lui faire hommage,Ce n’est pas…

  • À la marquise

    À la marquise

    {loadnavigation} Pierre Corneille (1606-1684) À la marquise Marquise, si mon visageA quelques traits un peu vieux,Souvenez-vous qu’à mon âgeVous ne vaudrez guère mieux. Le temps aux plus belles chosesSe plaît à faire un affront,Et saura faner vos rosesComme il a ridé mon front. Le même cours des planètesRègle nos jours et nos nuitsOn m’a vu…

  • Amourettes de jeune homme

    Amourettes de jeune homme

    {loadnavigation} Pierre Corneille (1606-1684) Stances Amourettes de jeune homme J’ai fait autrefois de la bête,J’avais des Philis à la tête,J’épiais les occasions,J’épiloguais mes passions,Je paraphrasais un visage.Je me mettais à tout usage,Debout, tête nue, à genoux,Triste, gaillard, rêveur, jaloux,Je courais, je faisais la grueTout un jour au bout d’une rue.Soleil, flambeaux, attraits, appas,Pleurs, désespoir, tourment,…

  • À ceux qui dorment

    À ceux qui dorment

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885) Recueil : Les châtiments (1853) À ceux qui dorment Réveillez-vous, assez de honte !Bravez boulets et biscayens.Il est temps qu’enfin le flot monte.Assez de honte, citoyens !Troussez les manches de la blouse.Les hommes de quatre-vingt-douzeAffrontaient vingt rois combattants.Brisez vos fers, forcez vos geôles !Quoi ! vous avez peur de ces drôles !Vos…

  • À l’obéissance passive

    À l’obéissance passive

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885) Recueil : Les châtiments (1853) À l’obéissance passive – (I) (I) Ô soldats de l’an deux ! ô guerres ! épopées !Contre les rois tirant ensemble leurs épées,Prussiens, autrichiens,Contre toutes les Tyrs et toutes les Sodomes,Contre le czar du nord, contre ce chasseur d’hommesSuivi de tous ses chiens, Contre toute l’Europe avec…

  • Aimons toujours ! Aimons encore !

    Aimons toujours ! Aimons encore !

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885) Recueil : Les contemplations (1856 Aimons toujours ! Aimons encore ! Aimons toujours ! Aimons encore !Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.L’amour, c’est le cri de l’aurore,L’amour c’est l’hymne de la nuit. Ce que le flot dit aux rivages,Ce que le vent dit aux vieux monts,Ce que l’astre dit aux nuages,C’est le…

  • La Conscience  (Victor Hugo – 1859)

    La Conscience (Victor Hugo – 1859)

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885)  Recueil : La légende des siècles (1883)  La Conscience   Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,  Échevelé, livide au milieu des tempêtes,  Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,  Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva  Au bas d’une montagne en une grande plaine;  Sa femme fatiguée et ses…

  • Après une Lecture de Dante

    Après une Lecture de Dante

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885) Recueil : Les voix intérieures (1837) Après une Lecture de Dante Quand le poète peint l’enfer, il peint sa vie:Sa vie, ombre qui fuit de spectres poursuivie;Forêt mystérieuse où ses pas effrayésS’égarent à tâtons hors des chemins frayés;Noir voyage obstrué de rencontres difformes;Spirale aux bords douteux, aux profondeurs énormes,Dont les cercles hideux…

  • Soirée en mer

    Soirée en mer

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885) Recueil : Les voix intérieures (1837) Soirée en mer Près du pêcheur qui ruisselle,Quand tous deux, au jour baissant,Nous errons dans la nacelle,Laissant chanter l’homme frêleEt gémir le flot puissant; Sous l’abri que font les voiles Lorsque nous nous asseyons,Dans cette ombre où tu te voilesQuand ton regard aux étoiles Semble cueillir…

  • Première rencontre du Christ avec le tombeau

    Première rencontre du Christ avec le tombeau

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885) Recueil : La légende des siècles (1883) Première rencontre du Christ avec le tombeau En ce temps-là, Jésus était dans la Judée; Il avait délivré la femme possédée, Rendu l’ouïe aux sourds et guéri les lépreux; Les prêtres l’épiaient et parlaient bas entre eux. Comme il s’en retournait vers la ville bénie,…

  • Dieu invisible au philosophe

    Dieu invisible au philosophe

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885) Recueil : La légende des siècles (1883) Dieu invisible au philosophe Le philosophe allait sur son âne; prophète, Prunelle devant l’ombre horrible stupéfaite, Il allait, il pensait. Devin des nations, Il vendait aux païens des malédictions, Sans savoir si des mains dans les ténèbres blêmes S’ouvraient pour recevoir ces vagues anathèmes. Il…

  • Booz endormi

    Booz endormi

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885) Recueil : La légende des siècles (1883) Booz endormi Booz s’était couché de fatigue accablé; Il avait tout le jour travaillé dans son aire; Puis avait fait son lit à sa place ordinaire; Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé. Ce vieillard possédait des champs de blé et d’orge; Il était,…

  • Les lions

    Les lions

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885) Recueil : La légende des siècles (1883) Les lions Les lions dans la fosse étaient sans nourriture. Captifs, ils rugissaient vers la grande nature Qui prend soin de la brute au fond des antres sourds. Les lions n’avaient pas mangé depuis trois jours. Ils se plaignaient de l’homme, et, pleins de sombres…

  • Puissance égale bonté

    Puissance égale bonté

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885) Recueil : La légende des siècles (1883) Puissance égale bonté Au commencement, Dieu vit un jour dans l’espace Iblis venir à lui; Dieu dit: -Veux-tu ta grâce ?-Non, dit le Mal.  Alors que me demandes-tu ? Dieu, répondit Iblis de ténèbres vêtu, Joutons à qui créera la chose la plus belle.- L’Être…

  • La Conscience

    La Conscience

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885)Recueil : La légende des siècles (1883) La Conscience Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes, Échevelé, livide au milieu des tempêtes, Caïn se fut enfui de devant Jéhovah, Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva Au bas d’une montagne en une grande plaine; Sa femme fatiguée et ses fils hors…

  • Le Sacre de la Femme

    Le Sacre de la Femme

    {loadnavigation} Victor Hugo (1802-1885) Recueil : La légende des siècles (1883) Le Sacre de la Femme I L’aurore apparaissait; quelle aurore ? Un abîme D’éblouissement, vaste, insondable, sublime; Une ardente lueur de paix et de bonté. C’était au premiers temps du globe; et la clarté Brillait sereine au front du ciel inaccessible, Étant tout ce que…