Poésies…

  • Sur Le Tasse en prison d’Eugène Delacroix

    Sur Le Tasse en prison d’Eugène Delacroix

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Sur Le Tasse en prison d’Eugène Delacroix Le poëte au cachot, débraillé, maladif,Roulant un manuscrit sous son pied convulsif,Mesure d’un regard que la terreur enflammeL’escalier de vertige où s’abîme son âme. Les rires enivrants dont s’emplit la prisonVers l’étrange et l’absurde invitent sa raison…

  • Lola de Valence

    Lola de Valence

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Lola de Valence Entre tant de beautés que partout on peut voir,Je comprends bien, amis, que le désir balance ;Mais on voit scintiller en Lola de ValenceLe charme inattendu d’un bijou rose et noir.     Charles Baudelaire     {loadposition position_baudelaire_nouvellesfleurs} {loadposition…

  • Vers pour le portrait de M. Honoré Daumier

    Vers pour le portrait de M. Honoré Daumier

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Vers pour le portrait de M. Honoré Daumier Celui dont nous t’offrons l’image,Et dont l’art, subtil entre tous,Nous enseigne à rire de nous,Celui-là, lecteur, est un sage. C’est un satirique, un moqueur ;Mais l’énergie avec laquelleIl peint le Mal et sa séquelle,Prouve la beauté…

  • Le Monstre

    Le Monstre

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Le Monstre ou Le paranymphe d’une nymphe macabre I Tu n’es certes pas, ma très chère,Ce que Veuillot nomme un tendron.Le jeu, l’amour, la bonne chère,Bouillonnent en toi, vieux chaudron !Tu n’es plus fraîche, ma très chère, Ma vieille infante ! Et cependantTes caravanes insenséesT’ont…

  • Les Promesses d’un Visage

    Les Promesses d’un Visage

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Les Promesses d’un Visage J’aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés,D’où semblent couler des ténèbres ;Tes yeux, quoique très noirs, m’inspirent des pensersQui ne sont pas du tout funèbres. Tes yeux, qui sont d’accord avec tes noirs cheveux,Avec ta crinière élastique,Tes yeux, languissamment, me…

  • Hymne

    Hymne

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Hymne À la très chère, à la très belleQui remplit mon cœur de clarté,À l’ange, à l’idole immortelle,Salut en l’immortalité ! Elle se répand dans ma vieComme un air imprégné de sel,Et dans mon âme inassouvieVerse le goût de l’éternel. Sachet toujours frais qui parfumeL’atmosphère…

  • Les Yeux de Berthe

    Les Yeux de Berthe

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Les Yeux de Berthe Vous pouvez mépriser les yeux les plus célèbres,Beaux yeux de mon enfant, par où filtre et s’enfuitJe ne sais quoi de bon, de doux comme la Nuit !Beaux yeux, versez sur moi vos charmantes ténèbres ! Grands yeux de mon…

  • Le Jet d’Eau

    Le Jet d’Eau

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Le Jet d’Eau Tes beaux yeux sont las, pauvre amante !Reste longtemps, sans les rouvrir,Dans cette pose nonchalanteOù t’a surprise le plaisir.Dans la cour le jet d’eau qui jaseEt ne se tait ni nuit ni jour,Entretient doucement l’extaseOù ce soir m’a plongé l’amour.              …

  • Le Coucher du Soleil romantique

    Le Coucher du Soleil romantique

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Le Coucher du Soleil romantique Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,Comme une explosion nous lançant son bonjour !— Bienheureux celui-là qui peut avec amourSaluer son coucher plus glorieux qu’un rêve ! Je me souviens !… J’ai vu tout, fleur,…

  • Rêve parisien

    Rêve parisien

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Tableaux parisiens Rêve parisien À Constantin Guys. I De ce terrible paysage,Tel que jamais mortel n’en vit,Ce matin encore l’image,Vague et lointaine, me ravit. Le sommeil est plein de miracles !Par un caprice singulierJ’avais banni de ces spectaclesLe végétal irrégulier, Et, peintre fier de mon…

  • L’Amour du Mensonge

    L’Amour du Mensonge

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Tableaux parisiens L’Amour du Mensonge Quand je te vois passer, ô ma chère indolente,Au chant des instruments qui se brise au plafondSuspendant ton allure harmonieuse et lente,Et promenant l’ennui de ton regard profond ; Quand je contemple, aux feux du gaz qui le colore,Ton…

  • Danse macabre

    Danse macabre

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Tableaux parisiens Danse macabre À Ernest Christophe. Fière, autant qu’un vivant, de sa noble stature,Avec son gros bouquet, son mouchoir et ses gants,Elle a la nonchalance et la désinvoltureD’une coquette maigre aux airs extravagants. Vit-on jamais au bal une taille plus mince ?Sa robe…

  • Le Squelette laboureur

    Le Squelette laboureur

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Tableaux parisiens Le Squelette laboureur I Dans les planches d’anatomieQui traînent sur ces quais poudreuxOù maint livre cadavéreuxDort comme une antique momie, Dessins auxquels la gravitéEt le savoir d’un vieil artiste,Bien que le sujet en soit triste,Ont communiqué la Beauté, On voit, ce qui rend…

  • À une Passante

    À une Passante

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Tableaux parisiens À une Passante La rue assourdissante autour de moi hurlait.Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,Une femme passa, d’une main fastueuseSoulevant, balançant le feston et l’ourlet ; Agile et noble, avec sa jambe de statue.Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,Dans son…

  • Les Aveugles

    Les Aveugles

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Tableaux parisiens Les Aveugles Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !Pareils aux mannequins ; vaguement ridicules ;Terribles, singuliers comme les somnambules ;Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux. Leurs yeux, d’où la divine étincelle est partie,Comme s’ils regardaient au loin, restent…

  • Les Petites Vieilles

    Les Petites Vieilles

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Tableaux parisiens Les Petites Vieilles À Victor Hugo.   I Dans les plis sinueux des vieilles capitales,Où tout, même l’horreur, tourne aux enchantements,Je guette, obéissant à mes humeurs fatales,Des êtres singuliers, décrépits et charmants. Ces monstres disloqués furent jadis des femmes,Éponine ou Laïs ! Monstres…

  • Les Sept Vieillards

    Les Sept Vieillards

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Tableaux parisiens Les Sept Vieillards À Victor Hugo. Fourmillante cité, cité pleine de rêves,Où le spectre en plein jour raccroche le passant !Les mystères partout coulent comme des sèvesDans les canaux étroits du colosse puissant. Un matin, cependant que dans la triste rueLes maisons,…

  • Le Cygne

    Le Cygne

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Tableaux parisiens Le Cygne À Victor Hugo. I Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,Pauvre et triste miroir où jadis resplenditL’immense majesté de vos douleurs de veuve,Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit, A fécondé soudain ma mémoire fertile,Comme je traversais…

  • Paysage

    Paysage

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Tableaux parisiens Paysage Je veux, pour composer chastement mes églogues,Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,Et, voisin des clochers, écouter en rêvantLeurs hymnes solennels emportés par le vent.Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,Je verrai l’atelier qui chante et qui…

  • L’Horloge

    L’Horloge

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866) Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal (Suite) L’Horloge Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,Dont le doigt nous menace et nous dit : « Souviens-toi !Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d’effroiSe planteront bientôt comme dans une cible ; Le Plaisir vaporeux fuira vers l’horizonAinsi qu’une sylphide…