Poésies…

  • Ode

    Ode

    {loadnavigation} Alphonse de Lamartine (1790-1869)Recueil : Méditations poétiques (1820) Ode Delicta majorum immeritus lues                                                    HORAT., od. VI, lib. III. Peuple ! des crimes de tes pèresLe Ciel punissant tes enfants,De châtiments héréditairesAccablera leurs descendants !Jusqu’à ce qu’une main propiceRelève l’auguste édificePar qui la terre touche aux cieux,Et que le zèle et la prièreDissipent l’indigne…

  • Souvenir

    Souvenir

    {loadnavigation} Alphonse de Lamartine (1790-1869)Recueil : Méditations poétiques (1820) Souvenir En vain le jour succède au jour,Ils glissent sans laisser de trace ;Dans mon âme rien ne t’efface,Ô dernier songe de l’amour ! Je vois mes rapides annéesS’accumuler derrière moi,Comme le chêne autour de soiVoit tomber ses feuilles fanées. Mon front est blanchi par le temps ;Mon…

  • L’Immortalité

    L’Immortalité

    {loadnavigation} Alphonse de Lamartine (1790-1869)Recueil : Méditations poétiques (1820) L’Immortalité Le soleil de nos jours pâlit dès son aurore,Sur nos fronts languissants à peine il jette encoreQuelques rayons tremblants qui combattent la nuit ;L’ombre croît, le jour meurt, tout s’efface et tout fuit !  Qu’un autre à cet aspect frissonne et s’attendrisse,Qu’il recule en tremblant…

  • La Providence à l’homme

    La Providence à l’homme

    {loadnavigation} Alphonse de Lamartine (1790-1869)Recueil : Méditations poétiques (1820) La Providence à l’homme Quoi ! le fils du néant a maudit l’existence !Quoi ! tu peux m’accuser de mes propres bienfaits !Tu peux fermer tes yeux à la magnificence            Des dons que je t’ai faits ! Tu n’étais pas encor, créature insensée,Déjà de ton bonheur j’enfantais…

  • Le Désespoir

    Le Désespoir

    {loadnavigation} Alphonse de Lamartine (1790-1869)Recueil : Méditations poétiques (1820) Le Désespoir Lorsque du Créateur la parole féconde,Dans une heure fatale, eut enfanté le monde            Des germes du chaos,De son œuvre imparfaite il détourna sa face,Et d’un pied dédaigneux le lançant dans l’espace,            Rentra dans son repos. Va, dit-il, je te livre à ta propre misère ;Trop…

  • Le Vallon

    Le Vallon

    {loadnavigation} Alphonse de Lamartine (1790-1869)Recueil : Méditations poétiques (1820) Le Vallon Mon cœur, lassé de tout, même de l’espérance,N’ira plus de ses vœux importuner le sort ;Prêtez-moi seulement, vallon de mon enfance,Un asile d’un jour pour attendre la mort. Voici l’étroit sentier de l’obscure vallée :Du flanc de ces coteaux pendent des bois épaisQui, courbant sur…

  • Le Soir

    Le Soir

    {loadnavigation} Alphonse de Lamartine (1790-1869)Recueil : Méditations poétiques (1820) Le Soir Le soir ramène le silence.Assis sur ces rochers déserts,Je suis dans le vague des airsLe char de la nuit qui s’avance. Vénus se lève à l’horizon ;À mes pieds l’étoile amoureuseDe sa lueur mystérieuseBlanchit les tapis de gazon. De ce hêtre au feuillage sombreJ’entends frissonner les…

  • À Elvire

    À Elvire

    {loadnavigation} Alphonse de Lamartine (1790-1869)Recueil : Méditations poétiques (1820) À Elvire Oui, l’Anio murmure encoreLe doux nom de Cynthie aux rochers de Tibur,Vaucluse a retenu le nom chéri de Laure,Et Ferrare au siècle futurMurmurera toujours celui d’Éléonore !Heureuse la beauté que le poète adore !Heureux le nom qu’il a chanté !Toi, qu’en secret son culte…

  • L’Homme

    L’Homme

    {loadnavigation} Alphonse de Lamartine (1790-1869)Recueil : Méditations poétiques (1820) L’Homme À Lord Byron. Toi, dont le monde encore ignore le vrai nom,Esprit mystérieux, mortel, ange, ou démon,Qui que tu sois, Byron, bon ou fatal génie,J’aime de tes concerts la sauvage harmonie,Comme j’aime le bruit de la foudre et des ventsSe mêlant dans l’orage à la…

  • L’Isolement

    L’Isolement

    {loadnavigation} Alphonse de Lamartine (1790-1869)Recueil : Méditations poétiques (1820) L’Isolement Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;Je promène au hasard mes regards sur la plaine,Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds. Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes,Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur…

  • Épilogue

    Épilogue

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Le Spleen de Paris (Posthume – 1869) Épilogue Le cœur content, je suis monté sur la montagneD’où l’on peut contempler la ville en son ampleur,Hôpital, lupanars, purgatoire, enfer, bagne, Où toute énormité fleurit comme une fleur.Tu sais bien, ô Satan, patron de ma détresse,Que je n’allais pas là pour répandre un vain…

  • Les Bons Chiens

    Les Bons Chiens

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Le Spleen de Paris (Posthume – 1869) Les Bons Chiens                                                          À M. Joseph Stevens. Je n’ai jamais rougi, même devant les jeunes écrivains de mon siècle, de mon admiration pour Buffon ; mais aujourd’hui ce n’est pas l’âme de ce peintre de la nature pompeuse que j’appellerai à mon aide.…

  • Assommons les pauvres !

    Assommons les pauvres !

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Le Spleen de Paris (Posthume – 1869) Assommons les pauvres ! Pendant quinze jours je m’étais confiné dans ma chambre, et je m’étais entouré des livres à la mode dans ce temps-là (il y a seize ou dix-sept ans) ; je veux parler des livres où il est traité de l’art…

  • Any where out of the world

    Any where out of the world

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Le Spleen de Paris (Posthume – 1869) Any where out of the world               N’importe où hors du monde Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poêle, et celui-là croit qu’il guérirait à côté de la…

  • Mademoiselle Bistouri

    Mademoiselle Bistouri

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Le Spleen de Paris (Posthume – 1869) Mademoiselle Bistouri Comme j’arrivais à l’extrémité du faubourg, sous les éclairs du gaz, je sentis un bras qui se coulait doucement sous le mien, et j’entendis une voix qui me disait à l’oreille : « Vous êtes médecin, monsieur ? » Je regardai ;…

  • Perte d’auréole

    Perte d’auréole

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Le Spleen de Paris (Posthume – 1869) Perte d’auréole « Eh ! quoi ! vous ici, mon cher ? Vous, dans un mauvais lieu ! vous, le buveur de quintessences ! vous, le mangeur d’ambroisie ! En vérité, il y a là de quoi me surprendre. — Mon cher, vous connaissez…

  • Le Tir et le cimetière

    Le Tir et le cimetière

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Le Spleen de Paris (Posthume – 1869) Le Tir et le cimetière — À la vue du cimetière, Estaminet. — « Singulière enseigne, — se dit notre promeneur, — mais bien faite pour donner soif ! À coup sûr, le maître de ce cabaret sait apprécier Horace et les poètes élèves…

  • La Soupe et les nuages

    La Soupe et les nuages

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Le Spleen de Paris (Posthume – 1869) La Soupe et les nuages Ma petite folle bien-aimée me donnait à dîner, et par la fenêtre ouverte de la salle à manger je contemplais les mouvantes architectures que Dieu fait avec les vapeurs, les merveilleuses constructions de l’impalpable. Et je me disais, à…

  • Le Galant Tireur

    Le Galant Tireur

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Le Spleen de Paris (Posthume – 1869) Le Galant Tireur Comme la voiture traversait le bois, il la fit arrêter dans le voisinage d’un tir, disant qu’il lui serait agréable de tirer quelques balles pour tuer le Temps. Tuer ce monstre-là, n’est-ce pas l’occupation la plus ordinaire et la plus légitime…

  • Portraits de maîtresses

    Portraits de maîtresses

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Le Spleen de Paris (Posthume – 1869) Portraits de maîtresses Dans un boudoir d’hommes, c’est-à-dire dans un fumoir attenant à un élégant tripot, quatre hommes fumaient et buvaient. Ils n’étaient précisément ni jeunes ni vieux, ni beaux ni laids ; mais vieux ou jeunes, ils portaient cette distinction non méconnaissable des…