Poésies…

  • À M. Jacques D***

    À M. Jacques D***

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes À M. Jacques D*** Jeune homme heureux à qui tout sourit dans la vie, Garde bien ton bonheur !Tu n’as jamais connu la haine ni l’envie;La paix est dans ton coeur. Ta mère n’est plus là: mais ton père est un frèreEt ta femme est…

  • Meâ culpâ

    Meâ culpâ

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes Meâ culpâ Meâ culpâ ! je m’accuse De n’être point décadent.Dans les fruits trop verts, ma MuseN’ose pas mettre la dent. Les gambades périlleusesNe sont pas de mon ressort:Ces gaîtés sont dangereusesPour qui n’est pas assez fort. La témérité m’enchanteChez les jeunes imprudents;Mais tranquillement je…

  • La Libellule

    La Libellule

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes La Libellule Près de l’étang, sur la prêle Vole, agaçant le désir,La Libellule au corps frêleQu’on voudrait en vain saisir. Est-ce une chimère, un rêveQue traverse un rayon d’or ?Tout à coup elle fait trêveÀ son lumineux essor. Elle part, elle se pose,Apparaît dans un…

  • Prélude

    Prélude

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) Prélude À. M. L. J. C.   Te souviens-tu de la tonnelleOù nous déjeunâmes si bien ?De l’étincelante prunelleDe la servante, et de son chien ? De l’omelette savoureuse ?De notre langage indiscret ?De la route au soleil poudreuseEt des chênes de la forêt ? En déjeunant,…

  • Il est triste

    Il est triste

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Il est triste Il est triste de voir partout l’oeuvre du mal,D’entonner ses chansons sur un rythme infernal.Au ciel le plus vermeil de trouver un nuage,Une ride chagrine au plus riant visage.Heureux à qui le ciel a fait la bonne part !Bien heureux qui n’a vu…

  • Désolation

    Désolation

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Désolation Comme tout jeune coeur encor vierge de fiel, J’ai demandé d’abord ma poésie au ciel.Hélas ! Il n’en tomba qu’une réponse amère !Pauvre fou, cria-t-il, que la pensée altère,Toi qui, haussant vers moi tes deux lèvres en feu,Cherches, comme un peu d’eau, le pur souffle…

  • La Cuve

    La Cuve

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) La Cuve Il est, il est sur terre une infernale cuve, On la nomme Paris; c’est une large étuve,Une fosse de pierre aux immenses contoursQu’une eau jaune et terreuse enferme à triples tours;C’est un volcan fumeux et toujours en haleineQui remue à longs flots de la…

  • Le Rire

    Le Rire

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Le Rire Nous avons tout perdu, tout, jusqu’à ce gros rire Gonflé de gaîté franche et de bonne satire,Ce rire d’autrefois, ce rire des aïeuxQui jaillissait du coeur comme un flot de vin vieuxLe rire sans envie et sans haine profonde,Pour n’y plus revenir est parti…

  • Le Progrès

    Le Progrès

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Le Progrès À quoi servent, grand dieu ! Les leçons de l’histoire Pour l’avenir des citoyens,Et tous les faits notés dans une page noirePar la main des historiens,Si les mêmes excès et les mêmes misèresReparaissent dans tous les temps,Et si de tous les temps les exemples…

  • Les Victimes

    Les Victimes

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Les Victimes Une nuit je rêvais… et dans mon rêve sombre, Autour d’un ténébreux autel,Passaient, passaient toujours des victimes sans nombre,Les bras tendus vers l’éternel.Toutes avaient au front une trace luisante;Toutes, comme un maigre troupeauQui laisse à l’écorcheur sa tunique pesante,Portaient du rouge sur la peau.Et…

  • La Reine du monde

    La Reine du monde

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) La Reine du monde Ô puissant Gutenberg ! Germain de bonne race Dont le mâle et hardi cerveauDe l’antique univers a rajeuni la facePar un prodige tout nouveau;Lorsqu’aux rives du Rhin, dans une nuit ardente,Amant d’une divinité,Tu pressas sur ton sein la poitrine ferventeDe l’immortelle liberté,Tu…

  • L’Amour de la mort

    L’Amour de la mort

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) L’Amour de la mort Hélas ! Qui le croirait ? Ce fantôme hideux, Ce monstre à l’oeil éteint dans son orbite creux,Au crâne sans cheveux et souillé de poussière,Aux membres allongés et froids comme la pierre,À la teinte jaunâtre, à cette fade odeurQui vous met malgré…

  • Terpsichore

    Terpsichore

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Terpsichore À M A Royer:   Lorsque la foi brûlante a déserté les âmes,Quand le pur aliment de toutes chastes flammes,Le nom puissant de Dieu des coeurs s’est effacé,Et quand le pied du vice a partout repassé,La vie à tous les dos est chose fatigante;C’est une…

  • Melpomène

    Melpomène

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) Melpomène À M Alfred De Vigny: Ô fille d’Euripide, ô belle fille antique,Ô muse, qu’as-tu fait de ta blanche tunique ?Prêtresse du saint temple, oh ! Que sont devenusLes ornements sacrés qui couvraient tes pieds nus !Et les cheveux dorés relevés sur ta tête,Et le grave…

  • Dante

    Dante

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) Dante Dante, vieux gibelin ! Quand je vois en passantLe plâtre blanc et mat de ce masque puissantQue l’art nous a laissé de ta divine tête,Je ne puis m’empêcher de frémir, ô poëte !Tant la main du génie et celle du malheurOnt imprimé sur toi le…

  • Varsovie

    Varsovie

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) Varsovie I la guerre: Mère ! Il était une ville fameuse:Avec le hun, j’ai franchi ses détours,J’ai démoli son enceinte fumeuse,Sous le boulet j’ai fait crouler ses tours,J’ai promené mes chevaux par les rues,Et sous le fer de leurs rudes sabotsJ’ai labouré le corps des femmes…

  • L’Idole

    L’Idole

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) L’Idole Allons, chauffeur, allons, du charbon, de la houille, Du fer, du cuivre et de l’étain;Allons, à large pelle, à grand bras plonge et fouille,Nourris le brasier, vieux vulcain;Donne force pâture à ta grande fournaise,Car, pour mettre ses dents en jeu,Pour tordre et dévorer le métal…

  • La Popularité

    La Popularité

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) La Popularité Dans le pays de France aujourd’hui que personne Ne peut chez soi rester en paix,Et que de toutes parts l’ambition bourgeonneSur les crânes les plus épais,Tout est en mouvement sur la place publique;La voix bruyante et le coeur vain,Chacun bourdonne autour de l’oeuvre politique,Chacun…

  • L’Émeute

    L’Émeute

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) L’Émeute Comme un vent orageux, des bruits rauques et sourds Roulent soudainement de faubourgs en faubourgs;Les portes des maisons, les fenêtres frémissent,Les marteaux sur le bronze à grands coups retentissent,La peur frappe partout, et les vieillards tremblants,Les femmes en désordre, et les petits enfants,D’un grand oeil…

  • Quatre vingt treize

    Quatre vingt treize

    {loadnavigation} Henri-Auguste Barbier (1805-1882)Recueil : Iambes et poèmes (1830-1831) Quatre vingt treize Un jour que de l’état le vaisseau séculaire, Fatigué trop longtemps du roulis populaire,Ouvert de toutes parts, à demi démâté,Sur une mer d’écueils, sous des cieux sans étoiles,Au vent de la terreur qui déchirait ses voiles,S’en allait échouer la jeune liberté;Tous les rois…