Poésies…

  • Le Fouji-Yama

    Le Fouji-Yama

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Sonnets Le Fouji-Yama La solitude sied à l’âme endolorie Lasse de tout plaisir et veuve du bonheurQui n’a plus rien à craindre et se sent aguerrieContre l’âpre destin par l’excès du malheur. Vous qui souffrez et qui pleurez, n’ayez pas peurD’être seuls; de vos maux il…

  • Cadix

    Cadix

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Sonnets Cadix Blanche, verte et rosée, Ignorante des maux,Cadix, perle iriséeDans le reflet des eaux, Par la chaleur lasséePréfère aux durs travauxDu corps, de la pensée,Les courses de taureaux. La baie immense creuseSa coupe radieusePleine d’azur subtil; Cadix, joie et délice,De l’énorme caliceEst l’éclatant pistil.  …

  • À M. R. De La B***

    À M. R. De La B***

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Sonnets À M. R. De La B*** En Espagne, mais loin du Tage Quand je me promène en chantant,Avez-vous retrouvé CarthageAussi belle qu’en la quittant ? Vous êtes fidèle à l’imageD’un passé bien vague pourtant.Vous accuser d’être volageSerait un mensonge éclatant. Jeune homme, vous êtes un…

  • À M. Georges Audigier

    À M. Georges Audigier

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Sonnets À M. Georges Audigier Non, loin des yeux n’est pas loin du coeur ! le contraire Pour les âmes d’élite est plutôt vérité.Quand d’amis sérieux il s’est fait une paire,L’un ne trahit pas l’autre après l’avoir quitté. L’éloignement détruit l’amitié du VulgairePour qui coule toujours…

  • À M. Henri Second

    À M. Henri Second

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Sonnets À M. Henri Second Réponse à son sonnet Peines d’amour perdues. Si nous nions le jour pour la lueur fugace,C’est que depuis l’aurore on égare nos pas,Avec un soin jaloux nous dérobant la traceDu droit chemin, qu’hélas ! nous ne connaissons pas. Le poison du…

  • Charles Gounod

    Charles Gounod

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Sonnets Charles Gounod Son art a la douceur, le ton des vieux pastels. Toujours il adora vos voluptés bénies,Cloches saintes, concert des orgues, purs autels:De son oeil clair il voit les beautés infinies. Sur la lyre d’ivoire, avec les Polymnies,Il dit l’hymne païen, cher aux Dieux…

  • Adam et Ève

    Adam et Ève

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes Adam et Ève Eritis sicut Dii. I L’ivresse est envolée et l’espérance est morte:Ils ont goûté le fruit de l’arbre défendu.Jamais l’Ange pour eux ne rouvrira la porteDu paradis perdu. Depuis que du bonheur ils ont touché la cime,Soumis au châtiment, résignés à souffrir,Ils ne…

  • Saeva Mater Amorum

    Saeva Mater Amorum

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes Saeva Mater Amorum À Madame***   Tu m’as persécuté toujours dans ta colère;Tu n’as pas pardonné,Ô Vénus ! qu’au grand art, à l’étude sévèreMon coeur se fût donné; Et tu m’as mis au flanc la chimère éternelleDe l’Idéal rêvé:L’amour pur comme l’eau des lacs, profond…

  • Les Heures

    Les Heures

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes Les Heures Toutes nous blessent, la dernière Nous tue, ayant enfin pitiéQuand elle achève sans colèreL’oeuvre faite plus d’à moitié. Les autres, même la plus douce,Hélas ! nous usent lentement,Et chacune d’elle nous pousseVers le funèbre monument. Funèbre ? non. Quelle caresseVaut le sommeil sans…

  • Ne soyons pas trop débonnaires

    Ne soyons pas trop débonnaires

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes Ne soyons pas trop débonnaires Ne soyons pas trop débonnaires; Aimer quand même est lâcheté.Pour les méchants restons sévères,Gardons aux bons notre bonté. Pardonnez ! dit-on.-C’est facile,Et doux même aux coeurs bien placés.L’âpre vengeance est inutile;Le mépris venge bien assez. Mais prodiguer à tous les…

  • À Grenade

    À Grenade

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes À Grenade À M. Georges Clairin L’Alhambra, qu’ont bâti les enfants du prophète,Contre la vétusté vaillamment se défend.Il est toujours paré comme pour une fête;On dirait qu’il espère: on dirait qu’il attend. Qui sait-(toujours l’Islam agrandit son empire !)Si les fils de Mahom, enchantement des…

  • À M. Pierre B***

    À M. Pierre B***

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes À M. Pierre B*** Pierre, je t’ai vu naître et de ta jeune gloire J’aimerais à fêter les lauriers radieux.D’où vient donc ton silence et quelle est l’humeur noireQui fait plier ton aile et te ferme les cieux ? Je la connais; je sais qu’une…

  • Gnôti Seauton

    Gnôti Seauton

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes Gnôti Seauton La mer tente ma lyre avec ses épouvantes, Ses caresses de femme et ses goëmons verts.Ô mer trois fois perfide ! alors que tu me hantesSur mon indignité j’ai les yeux grands ouverts. Je pourrais comme un autre en alignant des rimesDire ton…

  • À la même

    À la même

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes À la même (Augusta Holmès) Il est beau de passer la stature commune; Mais c’est un grand danger:Le vulgaire déteste une gloire importuneQu’il ne peut partager. Tant qu’on a cru pouvoir vous tenir en lisièreDans un niveau moyen,On vous encourageait, souriant en arrièreEt vous disant:…

  • À Augusta Holmès

    À Augusta Holmès

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes À Augusta Holmès L’Irlande t’a donnée à nous. Ta gloire est telle Qu’un double rayon brille à ton front: Astarté,Aussi belle que toi, ne savait qu’être belle;Sapho qui t’égalait n’avait pas ta beauté. Tu chantes, comme vibre une forêt superbeQu’agite la fureur des grands vents…

  • Modestie

    Modestie

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes Modestie À M. René de Récy.   Plus d’un croit à sa victoire,N’étant pas très érudit;À qui connaît mieux l’HistoireTout orgueil est interdit. Tu pensais, triste éphémère,Atteindre au comble de l’art !Poète, regarde Homère !Ou, musicien, Mozart ! À tous ces géants énormesQue nous montre…

  • Le Chêne

    Le Chêne

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes Le Chêne À M. Edmond Cottinet. Le chêne a-t-il grandi ? tient-il bien sa promesse,Ami des anciens jours ?Et ce que tu disais de lui dans sa jeunesse,Le penses-tu toujours ? Oui, c’était bien un chêne, et d’une fleur de serreIl n’a pas l’agrément;Son écorce…

  • À M. Gabriel Fauré

    À M. Gabriel Fauré

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes À M. Gabriel Fauré Ah ! tu veux échapper à mes vers, misérable ! Tu crois les éviter.Ils sont comme la pluie: il n’est ni Dieu ni DiableQui les puisse arrêter. Ils iront te trouver, franchissant les provincesEt les départements,Ainsi que l’hirondelle avec ses ailes…

  • Cave Canem

    Cave Canem

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes Cave Canem Le chien n’est qu’un animal; Mais l’homme, par qui tout change,De l’animal fait un ange,De la bête un idéal; D’un museau noir, un poèmeDe jais brillant au soleil.Rien sous les cieux n’est pareilAux pattes du chien qu’on aime, À ses oreilles, tombantAvec grâce,…

  • À Madame Pauline Viardot

    À Madame Pauline Viardot

    {loadnavigation} Camille Saint-Saëns (1835-1921)Recueil : Rimes familières (1890) – Strophes À Madame Pauline Viardot Gloire de la Musique et de la Tragédie, Muse qu’un laurier d’or couronna tant de fois,Oserai-je parler de vous, lorsque ma voixAu langage des vers follement s’étudie ? Les poètes guidés par Apollon vainqueurOnt seuls assez de fleurs pour en faire…