Poésies…

  • Les deux amitiés

    Les deux amitiés

    {loadnavigation} Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)Recueil : Élégies (1830) Les deux amitiés   Il est deux Amitiés comme il est deux Amours.L’une ressemble à l’imprudence ;Faite pour l’âge heureux dont elle a l’ignorance,C’est une enfant qui rit toujours.Bruyante, naïve, légère,Elle éclate en transports joyeux.Aux préjugés du monde indocile, étrangère,Elle confond les rangs et folâtre avec eux.L’instinct du…

  • Le printemps

    Le printemps

    {loadnavigation} Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)Recueil : Élégies (1830) Le printemps   Le printemps est si beau ! Sa chaleur embauméeDescend au fond des cœurs réveillés et surpris :Une voix qui dormait, une ombre accoutumée,Redemande l’amour à nos sens attendris.La raison vainement à ce danger s’oppose,L’image inattendue enivre la raison :Tel un insecte ailé s’élance sur la…

  • Le concert

    Le concert

    {loadnavigation} Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)Recueil : Élégies (1830) Le concert   Quelle soirée ! ô dieu ! que j’ai souffert !Dans un trouble charmant je suivais l’Espérance ;Elle enchantait pour moi les apprêts du concert,Et je devais y pleurer ton absence. Dans la foule cent fois j’ai cru t’apercevoir ;Mes vœux toujours trahis n’embrassaient que ton…

  • Le billet

    Le billet

    {loadnavigation} Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)Recueil : Élégies (1830) Le billet   Message inattendu, cache-toi sur mon cœur ;Cache-toi ! je n’ose te lire :Tu m’apportes l’espoir ; ne fût-il qu’un délire,Je te devrai du moins l’ombre de mon bonheur !Prolonge dans mon sein ma tendre inquiétude ;Je désire à la fois et crains la vérité :On…

  • La promenade d’automne

    La promenade d’automne

    {loadnavigation} Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)Recueil : Élégies (1830) La promenade d’automne   Te souvient-il, ô mon âme, ô ma vie,D’un jour d’automne et pâle et languissant ?Il semblait dire un adieu gémissantAux bois qu’il attristait de sa mélancolie.Les oiseaux dans les airs ne chantaient plus l’espoir ;Une froide rosée enveloppait leurs ailes,Et, rappelant au nid leurs…

  • La prière perdue

    La prière perdue

    {loadnavigation} Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)Recueil : Élégies (1830) La prière perdue   Inexplicable cœur, énigme de toi-même,Tyran de ma raison, de la vertu que j’aime,Ennemi du repos, amant de la douleur,Que tu me fais de mal, inexplicable cœur ! Si l’horizon plus clair me permet de sourire,De mon sort désarmé tu trompes le dessein ;Dans ma…

  • La nuit d’hiver

    La nuit d’hiver

    {loadnavigation} Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)Recueil : Élégies (1830) La nuit d’hiver   Qui m’appelle à cette heure, et par le temps qu’il fait ?C’est une douce voix, c’est la voix d’une fille :Ah ! je te reconnais ; c’est toi, Muse gentille !Ton souvenir est un bienfait.Inespéré retour ! aimable fantaisie !Après un an d’exil, qui…

  • L’accablement

    L’accablement

    {loadnavigation} Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)Recueil : Élégies (1830) L’accablement   Mes yeux rendus à la lumière,Mais fatigués de tant de pleurs,S’offensent des vives couleurs,Et baissent leur faible paupière. Les voix n’ont plus leurs doux accents,Rien ne m’émeut, rien ne m’alarme:Ah ! si je n’ai plus une larme,C’est donc le bonheur que je sens ? Croyons-le. Puisque…

  • Il avait dit un jour

    Il avait dit un jour

    {loadnavigation} Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)Recueil : Élégies (1830) Il avait dit un jour   Il avait dit un jour : « Que ne puis-je auprès d’elle,( Elle, alors, c’était moi ! ) que ne puis-je chercherCe bonheur entrevu qu’elle veut me cacher !Son cœur paraît si tendre ; oh ! s’il était fidèle ! »Puis, fixant…

  • À l’amour

    À l’amour

    {loadnavigation} Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) Recueil : Élégies (1830) À l’amour Reprends de ce bouquet les trompeuses couleurs, Ces lettres qui font mon supplice, Ce portrait qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs. Je te rends ce trésor funeste, Ce froid témoin de mon affreux ennui. Ton souvenir…

  • La Vierge

    La Vierge

    {loadnavigation} Léon Dierx (1838-1912)Recueil : Poèmes et poésies (1861) La Vierge   Quand l’oeil fit autrefois éclosion sur terreDans un frêle organisme encor rudimentaire;Quand le premier regard de l’atome vivant,D’un seul coup jusqu’au fond du ciel vide arrivant,Découvrit le soleil plus vite qu’il n’éclaire,Et depuis lors gardant comme un feu similaire,énigme clairvoyante au bord d’un…

  • L’Épreuve

    L’Épreuve

    {loadnavigation} Léon Dierx (1838-1912)Recueil : Poèmes et poésies (1861) L’Épreuve   L’Invisible, celui qui règne dans les cieux,Assembla ses enfants pour lui chanter sa gloire;Et Satan était là, qui se dressait près d’eux. Et le Très-haut lui dit : « D’où viens-tu ? – mon histoireEst vieille, répondit l’adversaire : j’ai faitTout le tour de…

  • L’Exemple

    L’Exemple

    {loadnavigation} Léon Dierx (1838-1912)Recueil : Poèmes et poésies (1861) L’Exemple   Sous le fécond soleil des nations antiques,L’homme était riche en dieux dont il savait les noms;Et des images d’or encombraient les portiques,Ou, géantes, gardaient le seuil des Parthénons. Et pourtant, jamais las d’encens ni de prières,L’homme des jours sereins où riaient les dieux nus,Entre…

  • In Extremis

    In Extremis

    {loadnavigation} Léon Dierx (1838-1912)Recueil : Poèmes et poésies (1861) In Extremis   Son nom ? – Tu veux savoir s’il fut illustre ou non ?Eh bien, je ne sais pas ! Que peut te faire un nom !Personne sur son front n’inscrit le nom qu’il porte !C’était un homme, avec un nom. Mais que t’importe…

  • Hemrick, le Veuf

    Hemrick, le Veuf

    {loadnavigation} Léon Dierx (1838-1912)Recueil : Poèmes et poésies (1861) Hemrick, le Veuf   I Un amas orageux charge les horizonsDes gorges de Carnac aux sauvages gazons;Aux vieux troncs crevassés de profondes gerçures;Aux grands dolmens rangés dans la brume, tout droits;Aux flaques rougissant sur les bords par endroits,Où, comme un assassin couvert d’éclaboussures,Avant de disparaître au…

  • Le Vieux Solitaire

    Le Vieux Solitaire

    {loadnavigation} Léon Dierx (1838-1912)Recueil : Poèmes et poésies (1861) Le Vieux Solitaire   Je suis tel qu’un ponton sans vergues et sans mâts,Aventureux débris des trombes tropicales,Et qui flotte, roulant des lingots dans ses cales,Sur une mer sans borne et sous de froids climats. Les vents sifflaient jadis dans ses raille poulies.Vaisseau désemparé qui ne…

  • La Prison

    La Prison

    {loadnavigation} Léon Dierx (1838-1912)Recueil : Poèmes et poésies (1861) La Prison   Comme les hauts piliers des vieilles cathédrales,Ô rêves de mon coeur, vous montez ! Et je voisL’ancien encens encore endormir ses spiralesÀ l’ombre de vos nefs, ô rêves d’autrefois ! Comme un orgue dompté par des mains magistrales,Ô ma longue douleur ! Je…

  • Révolte

    Révolte

    {loadnavigation} Léon Dierx (1838-1912)Recueil : Poèmes et poésies (1861) Révolte   Car les bois ont aussi leurs jours d’ennui hautain;Et, las de tordre au vent leurs grands bras séculaires;S’enveloppent alors d’immobiles colères;Et leur mépris muet insulte leur destin. Ni chevreuils, ni ramiers chanteurs, ni sources claires.La forêt ne veut plus sourire au vieux matin,Et, refoulant…

  • Stella Vespera

    Stella Vespera

    {loadnavigation} Léon Dierx (1838-1912)Recueil : Poèmes et poésies (1861) Stella Vespera   I L’image de Florence en moi s’était dresséeCe soir-là. De nouveau, j’y suivais en penséeLes pas silencieux de Stella Vespera.Soeur des merveilles d’art qu’un beau siècle inspira,Elle m’avait charmé comme un pur marbre antique,Et me hantait depuis, fantôme énigmatique.On disait sa famille oubliée.…

  • Les Cygnes

    Les Cygnes

    {loadnavigation} Léon Dierx (1838-1912)Recueil : Poèmes et poésies (1861) Les Cygnes   Sous des massifs touffus, au fond désert du parc,La colonnade antique arrondissant son arc,Dans une eau sombre encore à moitié se profile;Et la fleur que le pampre ou que le lierre exileParfois brille furtive aux creux des chapiteaux.L’eau sommeille; une mousse y fait…