Poésies…

  • Aube

    Aube

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Les Illuminations (1886) Aube J’ai embrassé l’aube d’été. Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit. La…

  • Le bateau ivre  (Arthur Rimbaud – 1871)

    Le bateau ivre (Arthur Rimbaud – 1871)

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891)  Recueil : Poésies (1870-1871)  Le bateau ivre   Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs. J’étais insoucieux de tous les équipages, Porteur de blés flamands ou…

  • Le bateau ivre

    Le bateau ivre

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891)Recueil : Poésies (1870-1871) Le bateau ivre. Comme je descendais des Fleuves impassibles,Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs. J’étais insoucieux de tous les équipages,Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.Quand avec mes haleurs…

  • Le dormeur du val  (Arthur Rimbaud – 1871)

    Le dormeur du val (Arthur Rimbaud – 1871)

    Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Le dormeur du val Sonnet.C’est un trou de verdure où chante une rivière, Accrochant follement aux herbes des haillons D’argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque…

  • Le dormeur du val

    Le dormeur du val

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891)Recueil : Poésies (1870-1871) Le dormeur du val. Sonnet. C’est un trou de verdure où chante une rivière,Accrochant follement aux herbes des haillonsD’argent ; où le soleil, de la montagne fière,Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,Et la nuque baignant dans le…

  • Le loup criait

    Le loup criait

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) Le loup criait Le loup criait sous les feuillesEn crachant les belles plumesDe son repas de volailles :Comme lui je me consume. Les salades, les fruitsN’attendent que la cueillette ;Mais l’araignée de la haieNe mange que des violettes. Que je dorme ! que je bouilleAux autels…

  • L’éternité

    L’éternité

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) L’éternité Elle est retrouvée.Quoi ? – L’Eternité.C’est la mer alléeAvec le soleil. Ame sentinelle,Murmurons l’aveuDe la nuit si nulleEt du jour en feu. Des humains suffrages,Des communs élansLà tu te dégagesEt voles selon. Puisque de vous seules,Braises de satin,Le Devoir s’exhaleSans qu’on dise : enfin. Là…

  • L’homme juste

    L’homme juste

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) L’homme juste Le Juste restait droit sur ses hanches solides :Un rayon lui dorait l’épaule ; des sueursMe prirent : « Tu veux voir rutiler les bolides ?Et, debout, écouter bourdonner les flueursD’astres lactés, et les essaims d’astéroïdes ? « Par des farces de nuit ton front est épié,Ô…

  • Ma bohème

    Ma bohème

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Ma bohème Sonnet Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;Mon paletot aussi devenait idéal ;J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées ! Mon unique culotte avait un large trou.– Petit-Poucet…

  • Ophélie

    Ophélie

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Ophélie I Sur l’onde calme et noire où dorment les étoilesLa blanche Ophélia flotte comme un grand lys,Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…– On entend dans les bois lointains des hallalis. Voici plus de mille ans que la triste OphéliePasse, fantôme blanc, sur le long…

  • L’isolement

    L’isolement

     Alphonse de Lamartine (1790-1869). Recueil : Méditations politiques. L’isolement.Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ; Je promène au hasard mes regards sur la plaine, Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds. Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ; Il serpente, et s’enfonce…

  • La poésie sacrée

    La poésie sacrée

     Alphonse de Lamartine (1790-1869).Recueil : Méditations poétiques (1820). La poésie sacrée.DITHYRAMBE. À M. Eugène de Genoude. Son front est couronné de palmes et d’étoiles ;Son regard immortel, que rien ne peut ternir,Traversant tous les temps, soulevant tous les voiles,Réveille le passé, plonge dans l’avenir !Du monde sous ses yeux ses fastes se déroulent,Les siècles à…

  • La gloire

    La gloire

     Alphonse de Lamartine (1790-1869).Recueil : Méditations poétiques. La gloire.(À un poète exilé) Généreux favoris des filles de mémoire,Deux sentiers différents devant vous vont s’ouvrir :L’un conduit au bonheur, l’autre mène à la gloire ;Mortels, il faut choisir. Ton sort, ô Manoel, suivit la loi commune ;La muse t’enivra de précoces faveurs ;Tes jours furent tissus…

  • Invocation

    Alphonse de Lamartine (1790-1869).Recueil : Méditations poétiques. Invocation. O toi qui m’apparus dans ce désert du monde,Habitante du ciel, passagère en ces lieux !O toi qui fis briller dans cette nuit profondeUn rayon d’amour à mes yeux ; A mes yeux étonnés montre-toi tout entière,Dis-moi quel est ton nom, ton pays, ton destin.Ton berceau fut-il…

  • Hymne au soleil

    Hymne au soleil

     Alphonse de Lamartine (1790-1869).Recueil : Méditations poétiques. Hymne au soleil. Vous avez pris pitié de sa longue douleur !Vous me rendez le jour, Dieu que l’amour implore !Déjà mon front couvert d’une molle pâleur,Des teintes de la vie à ses yeux se colore ;Déjà dans tout mon être une douce chaleurCircule avec mon sang, remonte…

  • Bonaparte

    Bonaparte

     Alphonse de Lamartine (1790-1869).Recueil : Nouvelles méditations poétiques (1823). Bonaparte. Sur un écueil battu par la vague plaintive,Le nautonier de loin voit blanchir sur la riveUn tombeau près du bord par les flots déposé ;Le temps n’a pas encor bruni l’étroite pierre,Et sous le vert tissu de la ronce et du lierreOn distingue… un sceptre…

  • A Némésis

    A Némésis

     Alphonse de Lamartine (1790-1869).Recueil : Odes politiques. À Némésis. Non, sous quelque drapeau que le barde se range,La muse sert sa gloire et non ses passions !Non, je n’ai pas coupé les ailes de cet angePour l’atteler hurlant au char des factions !Non, je n’ai point couvert du masque populaireSon front resplendissant des feux du…

  • Vision

    Vision

    {loadnavigation} Alfred de Musset (1810-1857) Recueil : Poésies posthumes (1888) Vision Je vis d’abord sur moi des fantômes étrangesTraîner de longs habits ;Je ne sais si c’étaient des femmes ou des anges !Leurs manteaux m’inondaient avec leurs belles frangesDe nacre et de rubis. Comme on brise une armure au tranchant d’une lame,Comme un hardi marinBrise…

  • Venise

    Venise

    {loadnavigation} Alfred de Musset (1810-1857) Recueil : Premières poésies (1829) Venise Dans Venise la rouge,Pas un bateau qui bouge ;Pas un pêcheur dans l’eau,Pas un falot. Seul, assis à la grève,Le grand lion soulève,Sur l’horizon serein,Son pied d’airain. Autour de lui, par groupes,Navires et chaloupes,Pareils à des héronsCouchés en ronds, Dorment sur l’eau qui fume,Et…

  • Un rêve

    Un rêve

    {loadnavigation} Alfred de Musset (1810-1857) Recueil : Poésies complémentaires Un rêve Ballade La corde nue et maigre,Grelottant sous le froidBeffroi,Criait d’une voix aigreQu’on oublie au couventL’Avent. Moines autour d’un cierge,Le front sur le pavéLavé,Par décence, à la ViergeTenaient leurs gros péchésCachés ; Et moi, dans mon alcôve,Je ne songeais à rienDe bien ;La lune ronde…