Poésies…

  • Chant du désespéré

    Chant du désespéré

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Chant du désespéré La Parque si terribleA tous les animaux,Plus ne me semble horrible,Car le moindre des maux,Qui m’ont fait si dolent,Est bien plus violent.Comme d’une fontaineMes yeux sont dégouttants,Ma face est d’eau si pleineQue bientôt je m’attendsMon coeur tant soucieuxDistiller par les yeux.De mortelles ténèbresLis sont déjà noircis,Mes plaintes…

  • Baiser

    Baiser

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Baiser Quand ton col de couleur roseSe donne à mon embrassementEt ton oeil languit doucementD’une paupière à demi close, Mon âme se fond du désirDont elle est ardemment pleineEt ne peut souffrir à grand’peineLa force d’un si grand plaisir. Puis, quand s’approche de la tienneMa lèvre, et que si près…

  • Heureux qui, comme Ulysse …

    Heureux qui, comme Ulysse …

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560)Recueil: Les Regrets (1558) Heureux qui, comme Ulysse … Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,Et puis est retourné, plein d’usage et raison,Vivre entre ses parents le reste de son âge ! Quand reverrai-je, hélas, de mon petit villageFumer la cheminée, et en…

  • Au Roi

    Au Roi

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Recueil : Les antiquités de Rome (1557) Au Roi Ne vous pouvant donner ces ouvrages antiquesPour votre Saint-Germain ou pour Fontainebleau,Je vous les donne, Sire, en ce petit tableauPeint, le mieux que j’ai pu, de couleurs poétiques : Qui mis sous votre nom devant les yeux publiques,Si vous le daignez…

  • Au fleuve de Loire

    Au fleuve de Loire

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Au fleuve de Loire Ô de qui la vive coursePrend sa bienheureuse source,D’une argentine fontaine,Qui d’une fuite lointaine,Te rends au sein fluctueuxDe l’Océan monstrueux,Loire, hausse ton chef oresBien haut, et bien haut encores,Et jette ton oeil divinSur ce pays Angevin,Le plus heureux et fertile,Qu’autre où ton onde distille.Bien d’autres Dieux…

  • À Vénus

    À Vénus

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) À Vénus Ayant après long désir Pris de ma douce ennemieQuelques arrhes du plaisir,Que sa rigueur me dénie,Je t’offre ces beaux oeillets,Vénus, je t’offre ces roses,Dont les boutons vermeilletsImitent les lèvres closesQue j’ai baisé par trois fois,Marchant tout beau dessous l’ombreDe ce buisson que tu voisEt n’ai su passer ce…

  • Désir

    Désir

    {loadnavigation} Guillaume Apollinaire (1880-1918) Recueil : Alcools (1913) Désir Mon désir est la région qui est devant moiDerrière les lignes bochesMon désir est aussi derrière moiAprès la zone des armées Mon désir c’est la butte du MesnilMon désir est là sur quoi je tireDe mon désir qui est au-delà de la zone des arméesJe n’en…

  • Cortège

    Cortège

    {loadnavigation} Guillaume Apollinaire (1880-1918) Recueil : Alcools (1913) Cortège Oiseau tranquille au vol inverse oiseauQui nidifie en l’airA la limite où notre sol brille déjàBaisse ta deuxième paupière la terre t’éblouitQuand tu lèves la tête Et moi aussi de près je suis sombre et terneUne brume qui vient d’obscurcir les lanternesUne main qui tout à…

  • Clotilde

    Clotilde

    {loadnavigation} Guillaume Apollinaire (1880-1918) Recueil : Alcools (1913) Clotilde L’anémone et l’ancolieOnt poussé dans le jardinOù dort la mélancolieEntre l’amour et le dédain Il y vient aussi nos ombresQue la nuit dissiperaLe soleil qui les rend sombresAvec elles disparaîtra Les déités des eaux vivesLaissent couler leurs cheveuxPasse il faut que tu poursuivesCette belle ombre que…

  • Chant de l’honneur

    Chant de l’honneur

    {loadnavigation} Guillaume Apollinaire (1880-1918) Recueil : Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916) Chant de l’honneur LE POETE Je me souviens ce soir de ce drame indienLe Chariot d’Enfant un voleur y survientQui pense avant de faire un trou dans la murailleQuelle forme il convient de donner à l’entailleAfin que la beauté…

  • Automne malade et adoré

    Automne malade et adoré

    {loadnavigation} Guillaume Apollinaire (1880-1918) Recueil : Alcools (1913) Automne malade et adoré Automne malade et adoréTu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraiesQuand il aura neigéDans les vergers Pauvre automneMeurs en blancheur et en richesseDe neige et de fruits mûrsAu fond du cielDes éperviers planentSur les nixes nicettes aux cheveux verts et nainesQui n’ont jamais…

  • Le pont Mirabeau

    Le pont Mirabeau

    {loadnavigation} Guillaume Apollinaire (1880-1918)Recueil : Alcools (1913) Le pont Mirabeau Sous le pont Mirabeau coule la SeineEt nos amoursFaut-il qu’il m’en souvienneLa joie venait toujours après la peine. Vienne la nuit sonne l’heureLes jours s’en vont je demeure. Les mains dans les mains restons face à faceTandis que sousLe pont de nos bras passeDes éternels…

  • Châtiment de l’orgueil.

    Châtiment de l’orgueil.

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). Châtiment de l’orgueil. En ces temps merveilleux où la ThéologieFleurit avec le plus de sève et d’énergieOn raconte qu’un jour un docteur des plus grands,– Après avoir forcé les coeurs indifférents ;Les avoir remués dans leurs profondeurs noires ;Après avoir franchi vers les célestes gloiresDes chemins…

  • Élévation

    Élévation

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). Élévation. Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,Par delà le soleil, par delà les éthers,Par delà les confins des sphères étoilées, Mon esprit, tu te meus avec agilité,Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,Tu sillonnes gaiement l’immensité…

  • Hymne

    Hymne

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). Hymne. À la très chère, à la très belleQui remplit mon coeur de clarté,À l’ange, à l’idole immortelle,Salut en l’immortalité ! Elle se répand dans ma vieComme un air imprégné de sel,Et dans mon âme inassouvieVerse le goût de l’éternel. Sachet toujours frais qui parfumeL’atmosphère d’un…

  • J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

    J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,De vers, de billets doux, de procès, de romances,Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,Cache moins de secrets que mon triste cerveau.C’est une pyramide, un immense caveau,Qui contient plus…

  • Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne.

    Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne.

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne. Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne,Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,Et t’aime d’autant plus, belle, que tu me fuis,Et que tu me parais, ornement de mes nuits,Plus ironiquement accumuler les lieuesQui séparent mes bras des…

  • L’aube spirituelle

    L’aube spirituelle

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). L’aube spirituelle.Sonnet. Quand chez les débauchés l’aube blanche et vermeilleEntre en société de l’Idéal rongeur,Par l’opération d’un mystère vengeurDans la brute assoupie un ange se réveille. Des Cieux Spirituels l’inaccessible azur,Pour l’homme terrassé qui rêve encore et souffre,S’ouvre et s’enfonce avec l’attirance du gouffre.Ainsi, chère Déesse,…

  • Le cygne

    Le cygne

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). Le cygne. À Victor Hugo. I Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,Pauvre et triste miroir où jadis resplenditL’immense majesté de vos douleurs de veuve,Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit, A fécondé soudain ma mémoire fertile,Comme je traversais le nouveau Carrousel.Le vieux…

  • Âge d’or

    Âge d’or

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) Âge d’or Quelqu’une des voixToujours angélique– Il s’agit de moi, –Vertement s’explique : Ces mille questionsQui se ramifientN’amènent, au fond,Qu’ivresse et folie ; Reconnais ce tourSi gai, si facile :Ce n’est qu’onde, flore,Et c’est ta famille ! Puis elle chante. ÔSi gai, si facile,Et visible à…