Poésies…

  • Soupirs épars, sanglots en l’air perdus

    Soupirs épars, sanglots en l’air perdus

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: L’Hécatombe à Diane Soupirs épars, sanglots en l’air perdus Soupirs épars, sanglots en l’air perdus,Témoins piteux des douleurs de ma gêne,Regrets tranchants avortés de ma peine,Et vous, mes yeux, en mes larmes fondus, Désirs tremblants, mes pensers éperdus,Plaisirs trompés d’une espérance vaine,Tous les tressauts qu’à ma mort inhumaineMes sens lassés…

  • Si vous voyiez mon coeur ainsi que mon visage

    Si vous voyiez mon coeur ainsi que mon visage

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: L’Hécatombe à Diane Si vous voyiez mon coeur ainsi que mon visage Si vous voyiez mon coeur ainsi que mon visage,Vous le verriez sanglant, transpercé mille fois,Tout brûlé, crevassé, vous seriez sans ma voixForcée à me pleurer, et briser votre rage. Si ces maux n’apaisaient encor votre courageVous feriez, ma…

  • Quand mon esprit jadis sujet à ta colère

    Quand mon esprit jadis sujet à ta colère

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: Stances Quand mon esprit jadis sujet à ta colère .. Quand mon esprit jadis sujet à ta colèreAux Champ Élysiens achèvera mes pleurs,Je verrai les amants qui de telle misèreGoûtèrent tels repos après de tels malheurs,Tes semblables aussi que leur sentence mêmePunit incessamment en Enfer creux et blême, A quiconques…

  • Pseaume troisième

    Pseaume troisième

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: Poésies religieuses Pseaume troisième Dieu quel amas herissé de mutins, quel peuple ramassé !Ô que de folles rumeurs, et que de vaines fureurs !Ils ont dit : Cet homme est misérable, le pauvre ne sent prestRien de secours de ce lieu, rien de la force de Dieu.Mais c’est mentir à…

  • Prière du soir

    Prière du soir

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: L’Hécatombe à Diane Prière du soir Dans l’épais des ombres funèbres,Parmi l’obscure nuit, image de la mort,Astre de nos esprits, sois l’étoile du Nord,Flambeau de nos ténèbres. Délivre-nous des vains mensongesEt des illusions des faibles en la foi :Que le corps dorme en paix, que l’esprit veille à toi,Pour ne…

  • Prière du matin

    Prière du matin

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Prière du matin Le Soleil couronné de rayons et de flammesRedore nostre aube à son tour :Ô sainct Soleil des Saincts, Soleil du sainct amour,Perce de flesches d’or les tenebres des amesEn y rallumant le beau jour. Le Soleil radieux jamais ne se courrouce,Quelque fois il cache ses yeux :C’est quand…

  • Pressé de désespoir, mes yeux flambants

    Pressé de désespoir, mes yeux flambants

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: Stances Pressé de désespoir, mes yeux flambants Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresseÀ ma beauté cruelle, et baisant par trois foisMon poignard nu, je l’offre aux mains de ma déesse,Et lâchant mes soupirs en ma tremblante voix,Ces mots coupés je presse : « Belle, pour étancher les flambeaux…

  • Misères

    Misères

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Misères … Tout logis est exil ; les villages champêtres,Sans portes et planchers, sans portes et fenêtres,Font une mine affreuse, ainsi que le corps mortMontre, en montrant les os, que quelqu’un lui fait tort.Les loups et les renards et les bêtes sauvagesTiennent place d’humains, possèdent les villages,Si bien qu’en même lieu…

  • Mille baisers perdus, mille et mille faveurs

    Mille baisers perdus, mille et mille faveurs

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: L’Hécatombe à Diane Mille baisers perdus, mille et mille faveurs Mille baisers perdus, mille et mille faveurs,Sont autant de bourreaux de ma triste pensée,Rien ne la rend malade et ne l’a offenséeQue le sucre, le ris, le miel et les douceurs. Mon coeur est donc contraire à tous les autres…

  • La chambre dorée

    La chambre dorée

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) La chambre dorée  » Eh bien ! vous, conseillers de grandes compagnies,Fils d’Adam qui jouez et des biens et des vies,Dites vrai, c’est à Dieu que compte vous rendez.Rendez-vous la justice ou si vous la vendez ? Plutôt, âmes sans loi, parjures, déloyales,Vos balances, qui sont balances inégales,Pervertissent la terre et…

  • Je brûle avec mon âme et mon sang rougissant

    Je brûle avec mon âme et mon sang rougissant

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: L’Hécatombe à Diane Je brûle avec mon âme et mon sang rougissant Je brûle avec mon âme et mon sang rougissantCent amoureux sonnets donnés pour mon martyre,Si peu de mes langueurs qu’il m’est permis d’écrireSoupirant un Hécate, et mon mal gémissant. Pour ces justes raisons, j’ai observé les cent :A…

  • Extase

    Extase

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Extase Ainsi l’amour du Ciel ravit en ces hauts lieuxMon âme sans la mort, et le corps en ce mondeVa soupirant çà bas à liberté secondeDe soupirs poursuivant l’âme jusques aux Cieux. Vous courtisez le Ciel, faibles et tristes yeux,Quand votre âme n’est plus en cette terre ronde :Dévale, corps lassé,…

  • Contre la présence réelle

    Contre la présence réelle

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Contre la présence réelle N’est-ce point sans raison que ces champis désirentEtre sur les humains respectés en tous lieux,Car ils sont demi-dieux, puisque leurs pères tirentLeur louable excrément de substance des Dieux. Et si vous adorez un ciboire pour êtreLogis de votre Dieu, vous devez, sans mentir,Adorer ou le ventre ou…

  • Complainte à sa dame

    Complainte à sa dame

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: Stance Complainte à sa dame Ne lisez pas ces vers, si mieux vous n’aimez lireLes escrits de mon coeur, les feux de mon martyre :Non, ne les lisez pas, mais regardez aux Cieux,voyez comme ils ont joint leurs larmes à mes larmes,Oyez comme les vents pour moy levent les armes,A…

  • Ce doux hiver qui égale ses jours

    Ce doux hiver qui égale ses jours

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Ce doux hiver qui égale ses jours Ce doux hiver qui égale ses joursA un printemps, tant il est aimable,Bien qu’il soit beau, ne m’est pas agréable,J’en crains la queue, et le succès toujours. J’ai bien appris que les chaudes amours,Qui au premier vous servent une tablePleine de sucre et de…

  • Bien que la guerre soit âpre, fière et cruelle

    Bien que la guerre soit âpre, fière et cruelle

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Bien que la guerre soit âpre, fière et cruelle Bien que la guerre soit âpre, fière et cruelleEt qu’un douteux combat dérobe la douceur,Que de deux camps mêlés l’une et l’autre fureurPerde son espérance, et puis la renouvelle, Enfin, lors que le champ par les plombs d’une grêleFume d’âmes en haut,…

  • Au tribunal d’amour, après mon dernier jour

    Au tribunal d’amour, après mon dernier jour

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630)  Recueil: L’Hécatombe à Diane  Au tribunal d’amour, après mon dernier jour Au tribunal d’amour, après mon dernier jour,Mon coeur sera porté diffamé de brûlures,Il sera exposé, on verra ses blessures,Pour connaître qui fit un si étrange tour, A la face et aux yeux de la Céleste CourOù se prennent les mains…

  • À l’éclair violent de ta face divine

    À l’éclair violent de ta face divine

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: Stances À l’éclair violent de ta face divine À l’éclair violent de ta face divine,N’étant qu’homme mortel, ta céleste beautéMe fit goûter la mort, la mort et la ruinePour de nouveau venir à l’immortalité. Ton feu divin brûla mon essence mortelle,Ton céleste m’éprit et me ravit aux Cieux,Ton âme était…

  • France, mère des arts, des armes et des lois

    France, mère des arts, des armes et des lois

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560)Recueil: Les Regrets (1558) France, mère des arts, des armes et des lois France, mère des arts, des armes et des lois,Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle :Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,Je remplis de ton nom les antres et les bois. Si tu m’as pour…

  • Comme le marinier, que le cruel orage

    Comme le marinier, que le cruel orage

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Recueil : Les Regrets (1558) Comme le marinier, que le cruel orage Comme le marinier, que le cruel orageA longtemps agité dessus la haute mer,Ayant finalement à force de ramerGaranti son vaisseau du danger du naufrage, Regarde sur le port, sans plus craindre la rageDes vagues ni des vents, les…