Poésies…

  • J’ai dans mon coeur

    J’ai dans mon coeur

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : Espagna (1845) J’ai dans mon coeur J’ai dans mon coeur, dont tout voile s’écarte,Deux bancs d’ivoire, une table en cristal,Où sont assis, tenant chacun leur carte,Ton faux amour et mon amour loyal. J’ai dans mon coeur, dans mon coeur diaphane,Ton nom chéri qu’enferme un coffret d’or ;Prends-en la clef,…

  • Étoiles

    Étoiles

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : La comédie de la mort (1838) Étoiles Étoiles, qui d’en haut voyez valser les mondes,Faites pleuvoir sur moi, de vos paupières blondes,Vos pleurs de diamant ;Lune, lis de la nuit, fleur du divin parterre,Verse-moi tes rayons, ô blanche solitaire,Du fond du firmament ! Oeil ouvert sans repos au milieu…

  • Diamant du coeur

    Diamant du coeur

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : Émaux et Camées (1852) Diamant du coeur Tout amoureux, de sa maltresse,Sur son cœur ou dans son tiroir,Possède un gage qu’il caresseAux jours de regret ou d’espoir. L’un d’une chevelure noire,Par un sourire encouragé,A pris une boucle que moireUn reflet bleu d’aile de geai. L’autre a, sur un cou…

  • Ce que disent les hirondelles

    Ce que disent les hirondelles

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : Émaux et Camées (1852) Ce que disent les hirondelles Chanson d’automne. Déjà plus d’une feuille sècheParsème les gazons jaunis ;Soir et matin, la brise est fraîche,Hélas ! les beaux jours sont finis ! On voit s’ouvrir les fleurs que gardeLe jardin, pour dernier trésor :Le dahlia met sa cocardeEt…

  • Bûchers et tombeaux

    Bûchers et tombeaux

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : Émaux et Camées Bûchers et tombeaux Le squelette était invisibleAu temps heureux de l’Art païen.L’homme, sous la forme sensible,Content du beau, ne cherchait rien. Pas de cadavre sous la tombe,Spectre hideux de l’être cher,Comme d’un vêtement qui tombeSe déshabillant de sa chair, Et, quand la pierre se lézarde,Parmi les…

  • À deux beaux yeux

    À deux beaux yeux

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : La comédie de la mort (1838) À deux beaux yeux Sonnet. Vous avez un regard singulier et charmant ;Comme la lune au fond du lac qui la reflète,Votre prunelle, où brille une humide paillette,Au coin de vos doux yeux roule languissamment ; Ils semblent avoir pris ses feux au…

  • Villanelle

    Villanelle

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Villanelle En ce mois délicieux,Qu’amour toute chose incite,Un chacun à qui mieux mieuxLa douceur’ du temps imite,Mais une rigueur dépiteMe fait pleurer mon malheur.Belle et franche MargueritePour vous j’ai cette douleur.Dedans votre oeil gracieuxToute douceur est écrite,Mais la douceur de vos yeuxEn amertume est confite,Souvent la couleuvre habiteDessous une belle…

  • Une louve je vis sous l’antre d’un rocher

    Une louve je vis sous l’antre d’un rocher

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Recueil : Les antiquités de Rome (1557) Une louve je vis sous l’antre d’un rocher Une louve je vis sous l’antre d’un rocherAllaitant deux bessons : je vis à sa mamelleMignardement jouer cette couple jumelle,Et d’un col allongé la louve les lécher. Je la vis hors de là sa pâture…

  • Seigneur, je ne saurais regarder d’un bon oeil

    Seigneur, je ne saurais regarder d’un bon oeil

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Recueil : Les Regrets (1558) Seigneur, je ne saurais regarder d’un bon oeil Seigneur, je ne saurais regarder d’un bon oeilCes vieux singes de cour, qui ne savent rien faire,Sinon en leur marcher les princes contrefaire,Et se vêtir, comme eux, d’un pompeux appareil. Si leur maître se moque, ils feront…

  • Qui voudra voir tout ce qu’ont pu nature

    Qui voudra voir tout ce qu’ont pu nature

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Recueil : Les antiquités de Rome (1557) Qui voudra voir tout ce qu’ont pu nature Qui voudra voir tout ce qu’ont pu nature,L’art et le ciel, Rome, te vienne voir :J’entends s’il peut ta grandeur concevoirPar ce qui n’est que ta morte peinture. Rome n’est plus : et si l’architectureQuelque…

  • Nouveau venu qui cherches …

    Nouveau venu qui cherches …

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Recueil : Les antiquités de Rome (1557) Nouveau venu qui cherches … Nouveau venu, qui cherches Rome en RomeEt rien de Rome en Rome n’aperçois,Ces vieux palais, ces vieux arcs que tu vois,Et ces vieux murs, c’est ce que Rome on nomme. Vois quel orgueil, quelle ruine et commeCelle qui…

  • Mars, vergogneux d’avoir donné tant d’heur

    Mars, vergogneux d’avoir donné tant d’heur

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Recueil : Les antiquités de Rome (1557) Mars, vergogneux d’avoir donné tant d’heur Mars, vergogneux d’avoir donné tant d’heurA ses neveux que l’impuissance humaineEnorgueillie en l’audace romaineSemblait fouler la céleste grandeur, Refroidissant cette première ardeur,Dont le Romain avait l’âme si pleine,Souffla son feu, et d’une ardente haleineVint échauffer la gothique…

  • L’olive

    L’olive

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Recueil : Les Regrets (1558) L’olive Ije ne quiers pas la fameuse couronne,Saint ornement du Dieu au chef doré,Ou que, du Dieu aux Indes adoré,Le gai chapeau la tête m’environne.Encores moins veux je que l’on me donneLe mol rameau en Cypre décoréCelui qui est d’Athènes honoré,Seul je le veux, et…

  • Las, où est maintenant ce mépris de Fortune

    Las, où est maintenant ce mépris de Fortune

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Recueil : Les Regrets (1558) Las, où est maintenant ce mépris de Fortune Las, où est maintenant ce mépris de Fortune ?Où est ce cœur vainqueur de toute adversité,Cet honnête désir de l’immortalité,Et cette honnête flamme au peuple non commune ? Où sont ces doux plaisirs qu’au soir sous la…

  • Je ne veux point fouiller au sein de la nature

    Je ne veux point fouiller au sein de la nature

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Recueil : Les Regrets (1558) Je ne veux point fouiller au sein de la nature Je ne veux point fouiller au sein de la nature,Je ne veux point chercher l’esprit de l’univers,Je ne veux point sonder les abîmes couvertsNi desseigner du ciel la belle architecture. Je ne peins mes tableaux…

  • À son livre

    À son livre

    {loadnavigation} Joachim du Bellay (1522-1560) Recueil : Les antiquités de Rome (1557) À son livre Mon livre (et je ne suis sur ton aise envieux),Tu t’en iras sans moi voir la Cour de mon Prince.Hé, chétif que je suis, combien en gré je prinsseQu’un heur pareil au tien fût permis à mes yeux ? Là…

  • Vous qui avez écrit qu’il n’y a plus en terre

    Vous qui avez écrit qu’il n’y a plus en terre

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: L’Hécatombe à Diane Vous qui avez écrit qu’il n’y a plus en terre Vous qui avez écrit qu’il n’y a plus en terreDe nymphe porte-flèche errante par les bois,De Diane chassante, ainsi comme autrefoisElle avait fait aux cerfs une ordinaire guerre, Voyez qui tient l’épieu ou échauffe l’enferre ?Mon aveugle…

  • Un clairvoyant faucon en volant par rivière

    Un clairvoyant faucon en volant par rivière

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: L’Hécatombe à Diane Un clairvoyant faucon en volant par rivière Un clairvoyant faucon en volant par rivièrePlanait dedans le ciel, à se fondre apprêtéSur son gibier blotti. Mais voyant à côtéUne corneille, il quitte une pointe première. Ainsi de ses attraits une maîtresse fièreS’élevant jusqu’au ciel m’abat sous sa beauté,Mais…

  • Sus ! que mon âme donc aille servir son âme

    Sus ! que mon âme donc aille servir son âme

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Recueil: Poésies diverses Sus ! que mon âme donc aille servir son âme Sus ! que mon âme donc aille servir son âmeEt que ce corps ne soit inutile à sa dame !Premièrement je prie à mains jointes les dieuxÉmus de mon ardeur, qu’ils fassent de mes yeuxDeux brillants diamants sur…

  • Tu vois, juste vengeur, les fleaux de ton Eglise

    Tu vois, juste vengeur, les fleaux de ton Eglise

    {loadnavigation} Agrippa d’Aubigné (1552-1630) Tu vois, juste vengeur, les fleaux de ton Eglise  » Tu vois, juste vengeur, les fleaux de ton Eglise,Qui, par eux mise en cendre et en masure mise,A, contre tout espoir, son espérance en toy,Pour son retranchement, le rempart de la foy. Tes ennemis et nous sommes esgaux en vice,Si, juge,…