Poésies…

  • Dit de la force de l’amour

    Dit de la force de l’amour

    {loadnavigation} Paul Eluard (1895-1952) Dit de la force de l’amour Entre tous mes tourments entre la mort et moiEntre mon désespoir et la raison de vivreIl y a l’injustice et ce malheur des hommesQue je ne peux admettre il y a ma colère Il y a les maquis couleur de sang d’EspagneIl y a les…

  • Certitude

    Certitude

    {loadnavigation} Paul Eluard (1895-1952) Certitude Si je te parle c’est pour mieux t’entendreSi je t’entends je suis sûr de te comprendre Si tu souris c’est pour mieux m’envahirSi tu souris je vois le monde entier Si je t’étreins c’est pour me continuerSi nous vivons tout sera à plaisir Si je te quitte nous nous souviendronsEn…

  • Air vif

    Air vif

    {loadnavigation} Paul Eluard (1895-1952) Recueil: Derniers poèmes d’amour Air vif J’ai regardé devant moiDans la foule je t’ai vueParmi les blés je t’ai vueSous un arbre je t’ai vue Au bout de tous mes voyagesAu fond de tous mes tourmentsAu tournant de tous les riresSortant de l’eau et du feu L’été l’hiver je t’ai vueDans ma…

  • Vénus de Milo

    Vénus de Milo

    {loadnavigation} Leconte de Lisle (1818-1894) Recueil: Poèmes antiques Vénus de Milo Marbre sacré, vêtu de force et de génie,Déesse irrésistible au port victorieux,Pure comme un éclair et comme une harmonie,O Vénus, ô beauté, blanche mère des Dieux ! Tu n’es pas Aphrodite, au bercement de l’onde,Sur ta conque d’azur posant un pied neigeux,Tandis qu’autour de…

  • Un coucher de soleil

    Un coucher de soleil

    {loadnavigation} Leconte de Lisle (1818-1894) Recueil: Poèmes barbares Un coucher de soleil Sur la côte d’un beau pays,Par delà les flots Pacifiques,Deux hauts palmiers épanouisBercent leurs palmes magnifiques. À leur ombre, tel qu’un NababQui, vers midi, rêve et repose,Dort un grand tigre du Pendj-Ab,Allongé sur le sable rose ; Et, le long des fûts lumineux,Comme…

  • Symphonie

    Symphonie

    {loadnavigation} Leconte de Lisle (1818-1894) Recueil: Poèmes antiques Symphonie Ô chevrier ! ce bois est cher aux Piérides.Point de houx épineux ni de ronces arides ;A travers l’hyacinthe et le souchet épaisUne source sacrée y germe et coule en paix.Midi brûle là-bas où, sur les herbes grêles,On voit au grand soleil bondir les sauterelles ;Mais,…

  • Paysage polaire

    Paysage polaire

    {loadnavigation} Leconte de Lisle (1818-1894) Recueil: Poèmes barbares Paysage polaire Un monde mort, immense écume de la mer,Gouffre d’ombre stérile et de lueurs spectrales,Jets de pics convulsifs étirés en spiralesQui vont éperdument dans le brouillard amer. Un ciel rugueux roulant par blocs, un âpre enferOù passent à plein vol les clameurs sépulcrales,Les rires, les sanglots,…

  • Les taureaux

    Les taureaux

    {loadnavigation} Leconte de Lisle (1818-1894) Recueil: Poèmes barbares Les taureaux Les plaines de la mer, immobiles et nues,Coupent d’un long trait d’or la profondeur des nues.Seul, un rose brouillard, attardé dans les cieux,Se tord languissamment comme un grêle reptileAu faîte dentelé des monts silencieux.Un souffle lent, chargé d’une ivresse subtile,Nage sur la savane et les…

  • Les oiseaux de proie

    Les oiseaux de proie

    {loadnavigation} Leconte de Lisle (1818-1894) Recueil: Poèmes antiques Les oiseaux de proie Je m’étais assis sur la cime antiqueEt la vierge neige, en face des Dieux ;Je voyais monter dans l’air pacifiqueLa procession des Morts glorieux.La Terre exhalait le divin cantiqueQue n’écoute plus le siècle oublieux,Et la chaîne d’or du Zeus homériqueD’anneaux en anneaux l’unissait…

  • Le portrait

    Le portrait

    {loadnavigation} Leconte de Lisle (1818-1894) Recueil: Odes anacréontiques Le portrait Toi que Rhode entière a couronné roiDu bel art de peindre, Artiste, entends-moi.Fais ma bien-aimée et sa tresse noireOù la violette a mis son parfum,Et l’arc délié de ce sourcil brunQui se courbe et fuit sous un front d’ivoire.Surtout, Rhodien, que son oeil soit bleuComme…

  • La coupe

    La coupe

    {loadnavigation} Leconte de Lisle (1818-1894) Recueil: Odes anacréontiques La coupe Prends ce bloc d’argent, adroit ciseleur.N’en fais point surtout d’arme belliqueuse,Mais bien une coupe élargie et creuseOù le vin ruisselle et semble meilleur.Ne grave à l’entour Bouvier ni Pléiades,Mais le choeur joyeux des belles Mainades,Et l’or des raisins chers à l’oeil ravi,Et la verte vigne,…

  • Juin

    Juin

    {loadnavigation} Leconte de Lisle (1818-1894) Recueil: Poésies diverses Juin Les prés ont une odeur d’herbe verte et mouillée,Un frais soleil pénètre en l’épaisseur des bois,Toute chose étincelle, et la jeune feuilléeEt les nids palpitants s’éveillent à la fois. Les cours d’eau diligents aux pentes des collinesRuissellent, clairs et gais, sur la mousse et le thym…

  • Une âme

    Une âme

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : Élégies (1830) Une âme Élégie XIII. C’était une âme neuve, une âme de créole,Toute de feu, cachant à ce monde frivoleCe qui fait le poète, un inquiet désirDe gloire aventureuse et de profond loisir,Et capable d’aimer comme aimerait un ange,Ne trouvant en chemin que des âmes de fange ;Peu…

  • Premier sourire du printemps

    Premier sourire du printemps

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872)Recueil : Émaux et Camées (1852) Premier sourire du printemps Tandis qu’à leurs œuvres perversesLes hommes courent haletants,Mars qui rit, malgré les averses,Prépare en secret le printemps. Pour les petites pâquerettes,Sournoisement, lorsque tout dort,Il repasse des collerettesEt cisèle des boutons d’or. Dans le verger et dans la vigneIl s’en va, furtif perruquier,Avec…

  • Pendant la tempête

    Pendant la tempête

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : Espagna (1845) Pendant la tempête La barque est petite et la mer immense ;La vague nous jette au ciel en courroux,Le ciel nous renvoie au flot en démence :Près du mât rompu prions à genoux ! De nous à la tombe, il n’est qu’une planche.Peut-être ce soir, dans un…

  • Méditation

    Méditation

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : Premières poésies (1830) Méditation Virginité du cœur, hélas ! si tôt ravie !Songes riants, projets de bonheur et d’amour,Fraîches illusions du matin de la vie,Pourquoi ne pas durer jusqu’à la fin du jour ? Pourquoi ?… Ne voit-on pas qu’à midi la roséeDe ses larmes d’argent n’enrichit plus les…

  • L’art

    L’art

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : Émaux et Camées (1852) L’art Oui, l’œuvre sort plus belleD’une forme au travailRebelle,Vers, marbre, onyx, émail. Point de contraintes fausses !Mais que pour marcher droitTu chausses,Muse, un cothurne étroit. Fi du rythme commode,Comme un soulier trop grand, Du modeQue tout pied quitte et prend ! Statuaire, repousseL’argile que pétritLe…

  • La nue

    La nue

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : Émaux et Camées (1852) La nue À l’horizon monte une nue,Sculptant sa forme dans l’azur :On dirait une vierge nueEmergeant d’un lac au flot pur. Debout dans sa conque nacrée,Elle vogue sur le bleu clair,Gomme une Aphrodite éthérée,Faite de l’écume de l’air ; On voit onder en molles posesSon…

  • La fleur qui fait le printemps

    La fleur qui fait le printemps

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : Émaux et Camées (1852) La fleur qui fait le printemps Les marronniers de la terrasseVont bientôt fleurir, à Saint-Jean,La villa d’où la vue embrasseTant de monts bleus coiffés d’argent. La feuille, hier encor pliéeDans son étroit corset d’hiver,Met sur la branche déliéeLes premières touches de vert. Mais en vain…

  • Je l’aime d’amour profond

    Je l’aime d’amour profond

    {loadnavigation} Théophile Gautier (1811-1872) Recueil : Élégies (1830) Je l’aime d’amour profond   Élégie VI. Nuit et jour, malgré moi, lorsque je suis loin d’elle,A ma pensée ardente un souvenir fidèleLa ramène ; — il me semble ouïr sa douce voixComme le chant lointain d’un oiseau ; je la voisAvec son collier d’or, avec sa…