Poésies…

  • L’Esprit parisien

    L’Esprit parisien

    {loadnavigation} Alfred de Vigny (1797-1863) L’Esprit parisien Esprit parisien ! démon du Bas-Empire !Vieux sophiste épuisé qui bois, toutes les nuits,Comme un vin dont l’ivresse engourdit tes ennuis,Les gloires du matin, la meilleure et la pire ; Froid niveleur, moulant, aussitôt qu’il expire,Le plâtre d’un grand homme ou bien d’un assassin,Leur mesurant le crâne, et,…

  • L’âge d’or de l’avenir

    L’âge d’or de l’avenir

    {loadnavigation} Alfred de Vigny (1797-1863) Recueil: Autres poèmes L’âge d’or de l’avenir Le rideau s’est levé devant mes yeux débiles,La lumière s’est faite et j’ai vu ses splendeurs ;J’ai compris nos destins par ces ombres mobilesQui se peignaient en noir sur de vives couleurs.Ces feux, de ta pensée étaient les lueurs pures,Ces ombres, du passé les…

  • Dolorida

    Dolorida

    {loadnavigation} Alfred de Vigny (1797-1863) Recueil: Poèmes antiques et modernes – Écrit en 1823, dans les Pyrénées Dolorida Est-ce la Volupté qui, pour ses doux mystères,Furtive, a rallumé ces lampes solitaires ?La gaze et le cristal sont leur pâle prison.Aux souffles purs d’un soir de l’ardente saisonS’ouvre sur le balcon la moresque fenêtre ;Une aurore imprévue…

  • Chant de Suzanne au Bain

    Chant de Suzanne au Bain

    {loadnavigation} Alfred de Vigny (1797-1863) Chant de Suzanne au Bain De l’époux bien-aimé n’entends-je pas la voix ?Oui, pareil au chevreuil, le voici, je le vois.Il reparaît joyeux sur le haut des montagnes,Bondit sur la colline et passe les campagnes. Ô fortifiez-moi ! mêlez des fruits aux fleurs !Car je languis d’amour et j’ai versé…

  • Tout orgueil fume-t-il du soir

    Tout orgueil fume-t-il du soir

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Tout orgueil fume-t-il du soir Torche dans un branle étoufféeSans que l’immortelle boufféeNe puisse à l’abandon surseoir ! La chambre ancienne de l’hoirDe maint riche mais chu trophéeNe serait pas même chaufféeS’il survenait par le couloir. Affres du passé nécessairesAgrippant comme avec des serresLe sépulcre de désaveu, Sous un marbre lourd…

  • Toast funèbre

    Toast funèbre

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Toast funèbre Ô de notre bonheur, toi, le fatal emblème ! Salut de la démence et libation blême,Ne crois pas qu’au magique espoir du corridorJ’offre ma coupe vide où souffre un monstre d’or !Ton apparition ne va pas me suffire :Car je t’ai mis, moimême, en un lieu de porphyre.Le rite…

  • Surgi de la croupe et du bond

    Surgi de la croupe et du bond

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Surgi de la croupe et du bond D’une verrerie éphémèreSans fleurir la veillée amèreLe col ignoré s’interrompt. Je crois bien que deux bouches n’ontBu, ni son amant ni ma mère,Jamais à la même Chimère,Moi, sylphe de ce froid plafond ! Le pur vase d’aucun breuvageQue l’inexhaustible veuvageAgonise mais ne consent, Naïf…

  • Si tu veux nous nous aimerons

    Si tu veux nous nous aimerons

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Si tu veux nous nous aimerons Si tu veux nous nous aimeronsAvec tes lèvres sans le direCette rose ne l’interrompsQu’à verser un silence pire Jamais de chants ne lancent promptsLe scintillement du sourireSi tu veux nous nous aimeronsAvec tes lèvres sans le dire Muet muet entre les rondsSylphe dans la pourpre…

  • Ses purs ongles très-haut …

    Ses purs ongles très-haut …

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Ses purs ongles très-haut … Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,Maint rêve vespéral brûlé par le PhénixQue ne recueille pas de cinéraire amphore Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,Aboli bibelot d’inanité sonore,Car le Maître est allé puiser des pleurs au StyxAvec ce…

  • Salut

    Salut

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Salut Rien, cette écume, vierge versA ne désigner que la coupe ;Telle loin se noie une troupeDe sirènes mainte à l’envers. Nous naviguons, ô mes diversAmis, moi déjà sur la poupeVous l’avant fastueux qui coupeLe flot de foudres et d’hivers ; Une ivresse belle m’engageSans craindre même son tangageDe porter debout…

  • Sainte

    Sainte

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Sainte À la fenêtre recélantLe santal vieux qui se dédoreDe sa viole étincelantJadis avec flûte ou mandore, Est la Sainte pâle, étalantLe livre vieux qui se déplieDu Magnificat ruisselantJadis selon vêpre et complie : A ce vitrage d’ostensoirQue frôle une harpe par l’AngeFormée avec son vol du soirPour la délicate phalange…

  • Rien au réveil que vous n’ayez

    Rien au réveil que vous n’ayez

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Rien au réveil que vous n’ayez Rien au réveil que vous n’ayezEnvisagé de quelque mouePire si le rire secoueVotre aile sur les oreillers Indifféremment sommeillezSans crainte qu’une haleine avoueRien au réveil que vous n’ayezEnvisagé de quelque moue Tous les rêves émerveillésQuand cette beauté les déjoueNe produisent fleur sur la joueDans l’oeil…

  • Rêve antique

    Rêve antique

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Rêve antique Elle est dans l’atrium la blonde LycorisSous un flot parfumé mollement renversée.Comme un saule jauni s’épand sous la rosée,Ses cheveux sur son sein pleuvent longs et fleuris. Dans les roseaux, vistu, sur un fleuve bleuâtre,Le soir, glisser le front de la pâle Phoebé ?Elle dort dans son bain et…

  • Quelle soie aux baumes de temps

    Quelle soie aux baumes de temps

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Quelle soie aux baumes de temps Où la Chimère s’exténueVaut la torse et native nueQue, hors de ton miroir, tu tends ! Les trous de drapeaux méditantsS’exaltent dans une avenue :Moi, j’ai ta chevelure nuePour enfouir des yeux contents. Non. La bouche ne sera sûreDe rien goûter à sa morsure,S’il ne…

  • Quand l’ombre menaça …

    Quand l’ombre menaça …

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Quand l’ombre menaça … Quand l’ombre menaça de la fatale loiTel vieux Rêve, désir et mal de mes vertèbres,Affligé de périr sous les plafonds funèbresIl a ployé son aile indubitable en moi. Luxe, ô salle d’ébène où, pour séduire un roiSe tordent dans leur mort des guirlandes célèbres,Vous n’êtes qu’un orgueil…

  • Placet futile

    Placet futile

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Placet futile Princesse ! à jalouser le destin d’une HébéQui poind sur cette tasse au baiser de vos lèvres,J’use mes feux mais n’ai rang discret que d’abbéEt ne figurerai même nu sur le Sèvres. Comme je ne suis pas ton bichon embarbé,Ni la pastille ni du rouge, ni Jeux mièvresEt que…

  • Petit air (guerrier)

    Petit air (guerrier)

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Petit air (guerrier) Ce me va hormis l’y taireQue je sente du foyerUn pantalon militaireÀ ma jambe rougeoyer L’invasion je la guetteAvec le vierge courrouxTout juste de la baguetteAu gant blancs des tourlourous Nue ou d’écorce tenacePas pour battre le TeutonMais comme une autre menaceÀ la fin que me veuton De…

  • Petit air

    Petit air

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Petit air I Quelconque une solitudeSans le cygne ni le quaiMire sa désuétudeAu regard que j’abdiquai Ici de la glorioleHaute à ne la pas toucherDont maint ciel se barioleAvec les ors de coucher Mais langoureusement longeComme de blanc linge ôtéTel fugace oiseau si plongeExultatrice à côté Dans l’onde toi devenueTa jubilation…

  • Ô si chère de loin et proche et blanche

    Ô si chère de loin et proche et blanche

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Ô si chère de loin et proche et blanche Ô si chère de loin et proche et blanche, siDélicieusement toi, Mary, que je songeÀ quelque baume rare émané par mensongeSur aucun bouquetier de cristal obscurci Le sais-tu, oui ! pour moi voici des ans, voiciToujours que ton sourire éblouissant prolongeLa même…

  • Mes bouquins refermés …

    Mes bouquins refermés …

    {loadnavigation} Stéphane Mallarmé (1842-1898) Mes bouquins refermés … Mes bouquins refermés sur le nom de Paphos,Il m’amuse d’élire avec le seul génieUne ruine, par mille écumes bénieSous l’hyacinthe, au loin, de ses jours triomphaux. Coure le froid avec ses silences de faux,Je n’y hululerai pas de vide nénieSi ce très blanc ébat au ras du…