Poésies…

  • Les oiseaux

    Les oiseaux

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Stances et poèmes (1865) Les oiseaux Montez, montez, oiseaux, à la fange rebelles,Du poids fatal les seuls vainqueurs !A vous le jour sans ombre et l’air, à vous les ailesQui font planer les yeux aussi haut que les coeurs ! Des plus parfaits vivants qu’ait formés la nature,Lequel…

  • Les caresses

    Les caresses

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Les solitudes (1869) Les caresses Les caresses ne sont que d’inquiets transports,Infructueux essais du pauvre amour qui tenteL’impossible union des âmes par les corps.Vous êtes séparés et seuls comme les morts,Misérables vivants que le baiser tourmente ! O femme, vainement tu serres dans tes brasTes enfants, vrais lambeaux…

  • Les amours terrestres

    Les amours terrestres

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Les vaines tendresses (1875) Les amours terrestres Nos yeux se sont croisés et nous nous sommes plu.Née au siècle où je vis et passant où je passe,Dans le double infini du temps et de l’espaceTu ne me cherchais point, tu ne m’as point élu ; Moi, pour te…

  • Le vase brisé

    Le vase brisé

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Stances et poèmes (1865) Le vase brisé Le vase où meurt cette verveineD’un coup d’éventail fut fêlé ;Le coup dut effleurer à peine :Aucun bruit ne l’a révélé. Mais la légère meurtrissure,Mordant le cristal chaque jour,D’une marche invisible et sûreEn a fait lentement le tour. Son eau fraîche…

  • Le temps perdu

    Le temps perdu

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Les vaines tendresses (1875) Le temps perdu Si peu d’oeuvres pour tant de fatigue et d’ennui !De stériles soucis notre journée est pleine :Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine,Nous pousse, nous dévore, et l’heure utile a fui… “Demain ! J’irai demain voir ce pauvre chez…

  • Le long du quai

    Le long du quai

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Stances et poèmes (1865) Le long du quai Le long des quais les grands vaisseaux,Que la houle incline en silence,Ne prennent pas garde aux berceauxQue la main des femmes balance. Mais viendra le jour des adieux ;Car il faut que les femmes pleurentEt que les hommes curieuxTentent les…

  • Le cygne

    Le cygne

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Les solitudes (1869) Le cygne Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,Le cygne chasse l’onde avec ses larges palmes,Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareilA des neiges d’avril qui croulent au soleil ;Mais, ferme et d’un blanc mat, vibrant sous le zéphire,Sa grande…

  • Le coucher du soleil

    Le coucher du soleil

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Epaves Le coucher du soleil Si j’ose comparer le déclin de ma vieA ton coucher sublime, ô Soleil ! je t’envie.Ta gloire peut sombrer, le retour en est sûr :Elle renaît immense avec l’immense azur.De ton sanglant linceul tout le ciel se colore,Et le regard funèbre où luit…

  • La musique

    La musique

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Epaves La musique Ah ! chante encore, chante, chante !Mon âme a soif des bleus éthers.Que cette caresse arrachanteEn rompe les terrestres fers ! Que cette promesse infinie,Que cet appel délicieuxDans les longs flots de l’harmonieL’enveloppe et l’emporte aux cieux ! Les bonheurs purs, les bonheurs libresL’attirent dans…

  • La mer

    La mer

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Les solitudes (1869) La mer La mer pousse une vaste plainte,Se tord et se roule avec bruit,Ainsi qu’une géante enceinteQui des grandes douleurs atteinte,Ne pourrait pas donner son fruit ; Et sa pleine rondeur se lèveEt s’abaisse avec désespoir.Mais elle a des heures de trêve :Alors sous l’azur…

  • La jacinthe

    La jacinthe

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Epaves La jacinthe Dans un antique vase en Grèce découvert,D’une tombe exhumé, fait d’une argile pureEt dont le col est svelte, exquise la courbure,Trempe cette jacinthe, emblème aux yeux offert. Un essor y tressaille, et le bulbe entr’ouvertDéchire le satin de sa fine pelure ;La racine s’épand comme…

  • La coupe

    La coupe

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Les vaines tendresses (1875) La coupe Dans les verres épais du cabaret brutal,Le vin bleu coule à flots et sans trêve à la ronde;Dans les calices fins plus rarement abondeUn vin dont la clarté soit digne du cristal. Enfin la coupe d’or du haut d’un piédestalAttend, vide toujours,…

  • La colombe et le lis

    La colombe et le lis

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Les solitudes (1869) La colombe et le lis Femme, cette colombe au col rose et mouvant,Que ta bouche entr’ouverte baise,Ne l’avait pas sentie humecter si souventSon bec léger qui vibre d’aise. Elle n’avait jamais reçu de toi tout basLes noms émus que tu lui donnes,Ni jamais de tes…

  • La beauté

    La beauté

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Les vaines tendresses (1875) La beauté Splendeur excessive, implacable,Ô Beauté, que tu me fais mal!Ton essence incommunicable,Au lieu de m’assouvir, m’accable:On n’absorbe pas l’idéal. L’Éternel féminin m’attire,Mais je ne sais comment l’aimer.Beauté, te voir n’est qu’un martyre,Te désirer n’est qu’un délire,Tu n’offres que pour affamer! Je porte envie…

  • Ce qui dure

    Ce qui dure

    {loadnavigation} René-François Sully Prudhomme (1839-1907) Recueil : Les vaines tendresses (1875) Ce qui dure Le présent se fait vide et triste,Ô mon amie, autour de nous ;Combien peu de passé subsiste !Et ceux qui restent changent tous. Nous ne voyons plus sans envieLes yeux de vingt ans resplendir,Et combien sont déjà sans vieDes yeux qui…

  • Une femme est l’amour

    Une femme est l’amour

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Une femme est l’amour Une femme est l’amour, la gloire et l’espérance ;Aux enfants qu’elle guide, à l’homme consolé,Elle élève le coeur et calme la souffrance,Comme un esprit des cieux sur la terre exilé. Courbé par le travail ou par la destinée,L’homme à sa voix s’élève et son front s’éclaircit…

  • Une allée du Luxembourg

    Une allée du Luxembourg

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Une allée du Luxembourg Elle a passé, la jeune filleVive et preste comme un oiseauÀ la main une fleur qui brille,À la bouche un refrain nouveau. C’est peut-être la seule au mondeDont le coeur au mien répondrait,Qui venant dans ma nuit profondeD’un seul regard l’éclaircirait ! Mais non, – ma…

  • Sur le pays des chimères

    Sur le pays des chimères

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Sur le pays des chimères Sur le pays des chimèresNotre vol s’est arrêté :Conduis-nous en sûretéPour traverser ces bruyères,Ces rocs, ce champ dévasté. Vois ces arbres qui se pressentSe froisser rapidement ;Vois ces roches qui s’abaissentTrembler dans leur fondement.Partout le vent souffle et crie ! Dans ces rocs,…

  • Pensée de Byron

    Pensée de Byron

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Pensée de Byron Élégie Par mon amour et ma constance,J’avais cru fléchir ta rigueur,Et le souffle de l’espéranceAvait pénétré dans mon coeur ;Mais le temps, qu’en vain je prolonge,M’a découvert la vérité,L’espérance a fui comme un songe…Et mon amour seul m’est resté ! Il est resté comme un…

  • Notre-Dame de Paris

    Notre-Dame de Paris

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Notre-Dame de Paris Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-êtreEnterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncherComme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourdeRongera tristement ses vieux os…