Poésies…

  • Haute beauté …

    Haute beauté …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Haute beauté … Haute beauté dans une humble pucelle,Un beau parler plein de grave douceur,Sous blondz cheveux un avantchenu cueur,Un chaste sein ou la vertu se cele: En corps mortel une grace immortelle,En douceur fiere une douce rigueur,En sage esprit une gaye vigueur,En ame simple une sage cautele: Et ces…

  • Ha, que tu m’es cruelle …

    Ha, que tu m’es cruelle …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Ha, que tu m’es cruelle … Ha, que tu m’es cruelle,Que tu reconois malPour t’estre trop fidelleTout ce que j’ay de mal!O rebelle endurcie,Quand devôt je te prieMe donner un baiserPour rafraichir la flâmeQui brusle dans mon ame,Tu la viens rembraizer. Tu trouves mille rusesPour ne venir au point:Tu trouves…

  • Francine a si bonne grace

    Francine a si bonne grace

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Francine a si bonne grace Francine a si bonne grace,Elle a si belle la face,Elle a les sourcis tant beaux,Et dessous, deux beaux flambeaux,De qui la clarté seréneTout heur ou m’oste ou m’améne.La belle n’a rien de fiel,Elle est tout sucre et tout miel,Et l’aleine qu’elle tireRien que parfuns ne…

  • Épitaphe

    Épitaphe

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Épitaphe (écrit après la Saint-Barthélemy) Pauvres Cors où logeoyent ces esprits turbulans,Naguieres la terreur des Princes de la terre,Mesmes contre le ciel osans faire la guerre,Deloiaux, obstinez, pervers et violans: Aujourdhuy le repas des animaux volansEt rampans charogniers, et de ces vers qu’enserreLa puante voirie, et du peuple qui erreSous…

  • Durant l’esté …

    Durant l’esté …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Durant l’esté … Durant l’esté, par le vergier grillé,Les tendres fleurs sous la nuit blandissanteVont redressant leur tresse fanissante,Qui ja pleuroyt son honneur depouillé. D’amour ainsi mon esprit travaillé,Qui ja quittoyt ma vie languissante,Reprit vigueur par la force puissanteDu restaurant qu’ores tu m’as baillé. Doux restaurant, dousucrée ambrosie,Qui ne doyt…

  • D’un chapeau qui fleuronne

    D’un chapeau qui fleuronne

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) D’un chapeau qui fleuronne D’un chapeau qui fleuronneLa rose on ne couronne,Tes atours en ce pointNe te reparent point:Mais ce sont les paruresDe tes belles veturesLes luysantes beautezEn toy de tous costez:Les pierres precieuses,Les robes somptueuses,En tes acoustrementsPerdent leurs ornements.Aucun coral n’aproucheDu naïf de ta bouche,Couvrant sous sa fraicheurDe tes…

  • Du Printemps

    Du Printemps

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Du Printemps La froidure paresseuseDe l’yver a fait son tems:Voici la saison joyeuseDu délicieux printems. La terre est d’herbes ornée,L’herbe de fleuretes l’est;La fueillure retournéeFait ombre dans la forest. De grand matin la pucelleVa devancer la chaleurPour de la rose nouvelleCueillir l’odorante fleur; Pour avoir meilleure grace,Soit qu’elle en pare…

  • Depuis qu’Amour …

    Depuis qu’Amour …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Depuis qu’Amour … Depuis qu’Amour ma poitrine recuit,Bouillante au feu de sa plus chaude braiseDe mille ennuis en immortel malaise,Dont maint souci dans moy l’un l’autre suit: J’oubli tout bien pour un bien qui me fuit,Par un plaisir dont la douceur m’embraise,Si bien qu’il faut que nul autre me plaise,Et…

  • Depuis le jour …

    Depuis le jour …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Depuis le jour … Depuis le jour que mon ame fut prisePar tes doux feuz traitrement gratieux,Un seul doux trait jusqu’ici de tes yeuxN’avoyt ta grace a mon ardeur promise: Elle aujourdhuy, par longue usance apriseDe se nourrir en travaux soucieux,M’a quitté presque au goust delitieuxD’un nouveau bien, dont ton…

  • De Rose

    De Rose

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) De Rose Ce n’est point la paquerete,La marguerite, le lis,L’oeillet ny la violete,La fleur où mon coeur j’ay mis. J’aime entre les fleurs la rose,Car elle porte le nomD’une qui mon ame a closeA toute autre affection. La rose entre les fleurétesGagne l’honeur et le pris:Parféte entre les parfétesEst la…

  • D’Amour d’Amour …

    D’Amour d’Amour …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589)  D’Amour d’Amour …   D’Amour d’Amour je fu je fu blessé,Et de mon sang la liqueur goute a gouteEn chaudes pleurs hors ma playe degoute,Qui de couler puis le temps n’a cessé. Je suis d’Amour si bien interessé.Que peu a peu s’enfuit ma force toute,Et quelque onguent qu’a ma playe…

  • Ces yeux ces yeux …

    Ces yeux ces yeux …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Ces yeux ces yeux … Ces yeux ces yeux, doux larrons de mon ame,M’ont eblouy de leur belle splendeur,Astres fataux qui de malheur ou d’heurMe vont comblant au plaisir de madame. Au cueur d’hiver un printemps l’air embameOu que tournez ilz fichent leur ardeur,Et quelque part qu’ilz baissent leur grandeurFleurit…

  • Bien, je l’ay dit …

    Bien, je l’ay dit …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Bien, je l’ay dit … Bien, je l’ay dit, je le confesse,Que nul ne te pourroit aimerAutant que je t’aime, Maistresse,Sçachant mieux qu’autre t’estimer:Car d’autant que je cognoy plusEt tes beautez et tes vertus,D’autant ma Francine je doyMettre plus grande amour en toy. Un autre moins digne, peut estre,Du premier…

  • Babillarde …

    Babillarde …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Babillarde … Babillarde, qui toujours viensLe sommeil et songe troublerQui me fait heureux et content,Babillarde aronde, tais-toi. Babillarde aronde, veux-tuQue de mes gluaux affutésJe te fasse choir de ton nid?Babillarde aronde, tais-toi. Babillarde aronde, veux-tuQue coupant ton aile et ton becJe te fasse pis que Térée?Babillarde aronde, tais-toi. Si ne…

  • Aubade de May

    Aubade de May

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Aubade de May Mere d’Amour, Venus la belle,Que n’as tu mis en ta tutelleDu beau may le mois vigoureux?Si l’avril a pris ton coeur tendre,Au moins ton fils Amour dust prendreDu doux May le temps amoureux. May, qui non seulement devance,Avril en douceur et plaisance,Mais qui seul encore vaut mieuxQue…

  • Après les vents …

    Après les vents …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Après les vents … Après les vents, après le triste orage,Après l’yver, qui de ravines d’eauxAvoit noyé des boeufs le labourage, Voicy venir les ventelets nouveauxDu beau printemps: desja dedans leur riveSe vont serrer les éclarcis ruisseaux. Mon Dieu, pour moy cette saison n’arrive.Le triste yver dure tousjours pour moy.Si…

  • Amour Vangeur

    Amour Vangeur

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Amour Vangeur À Monsieur De Pougni Honorant mes amis des presents de ma Muse,Dangennes, je seroy dehors de toute excuseSi j’aloy t’oublier: car c’est toy (je le sçay)Qui defens le party de mon nouvel essayDe mesurcr les vers en la langue FrancoyseÀ l’antique façon et Romaine et Gregeoise.Là je te…

  • À Meline

    À Meline

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) À Meline Mais à qui mieux pourroy-je presenterCes petits chants, qu’à toy, douce Meline,Mon Eraton, qui la fureur divineSouflas en moy, qui me les fit chanter ? Tu m’i verras une foix enchanterDe ta rigueur le souci qui me mineUne autre fois en ta douceur benineTu me verras gayement contenter.…

  • À Jan Dorat

    À Jan Dorat

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) À Jan Dorat Dorat, d’une certaine main,Osant emprises malaisees,Dans le pré Gregeois et Romain,Tu triras les fleurs mieux priseesPour t’en lier un chapeau rond,Ornement à ton docte front.Moy que l’Apollon étrangerAutant que toy ne favorise,Me chargeant d’un faix plus legierJe suivray ma basse entreprise,Sans mes nerfs lasches employer,À ce qui…

  • Mort, j’appelle de ta rigueur

    Mort, j’appelle de ta rigueur

    {loadnavigation} François Villon (1431-1463) Mort, j’appelle de ta rigueur Rondeau Mort, j’appelle de ta rigueur,Qui m’as ma maîtresse ravie,Et n’es pas encore assouvieSi tu ne me tiens en langueur : Onc puis n’eus force ni vigueur ;Mais que te nuisoit-elle en vie,Mort ? Deux étions et n’avions qu’un coeur ;S’il est mort, force est que…