Poésies…

  • Promenade sentimentale

    Promenade sentimentale

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Paysages tristes Promenade sentimentale Le couchant dardait ses rayons suprêmesEt le vent berçait les nénuphars blêmes;Les grands nénuphars, entre les roseaux,Tristement luisaient sur les calmes eaux.Moi, j’errais tout seul, promenant ma plaieAu long de l’étang, parmi la saulaieOù la brume vague évoquait un grandFantôme laiteux se…

  • Crépuscule du soir mystique

    Crépuscule du soir mystique

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Paysages tristes Crépuscule du soir mystique Le Souvenir avec le CrépusculeRougeoie et tremble à l’ardent horizonDe l’Espérance en flamme qui reculeEt s’agrandit ainsi qu’une cloisonMystérieuse où mainte floraison-Dahlia, lys, tulipe et renoncule-S’élance autour d’un treillis, et circuleParmi la maladive exhalaisonsDe parfums lourds et chauds, dont le…

  • Grotesques

    Grotesques

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Eaux-Fortes Grotesques Leurs jambes pour toutes montures,Pour tous biens l’or de leurs regards,Par le chemin des aventuresIls vont hailloneux et hagards. Le sage, indigné, les harangue;Le sot plaint ces fous hasardeux;Les enfants leur tirent la langueEt les filles se moquent d’eux. C’est qu’odieux et ridicules,Et maléfiques…

  • Effet de nuit

    Effet de nuit

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Eaux-Fortes Effet de nuit La nuit. La pluie. Un ciel blafardque déchiquetteDe flèches et de tours à jour la silhouetteD’une ville gothique éteinte au lointain gris.La plaine. Un gibet plein de pendus rabougrisSecoués par le bec avide des corneillesEt dansant dans l’air noir des gigues nonpareilles,Tandis…

  • Marine

    Marine

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Eaux-Fortes Marine L’Océan sonorePalpite sous l’oeilDe la lune en deuilEt palpite encore, Tandis qu’un éclairBrutal et sinistreFend le ciel de bistreD’un long zigzag clair, Et que chaque lame,En bonds convulsifs,Le long des récifsVa, vient, luit et clame, Et qu’au firmament,Où l’ouragan erre,Rugit le tonnerreFormidablement.   Paul…

  • Cauchemar

    Cauchemar

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Eaux-Fortes Cauchemar J’ai vu passer dans mon rêve-Tel l’ouragan sur la grève,-D’une main tenant un glaiveEt de l’autre un sablier,Ce cavalier Des ballades d’AllemagneQu’à travers ville et campagne,Et du fleuve à la montagne,Et des forêts au vallon,Un étalon Rouge-flamme et noir d’ébène,Sans bride, ni mors, ni…

  • Croquis parisien

    Croquis parisien

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Eaux-Fortes Croquis parisien La lune plaquait ses teintes de zincPar angles obtus.Des bouts de fumée en forme de cinqSortaient drus et noirs des hauts toits pointus. Le ciel était gris. La bise pleuraitAinsi qu’un basson.Au loin, un matou frileux et discretMiaulait d’étrange et grêle façon. Moi,…

  • L’angoisse

    L’angoisse

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Melancholia L’angoisse Nature, rien de toi ne m’émeut, ni les champsNourriciers, ni l’écho vermeil des pastoralesSiciliennes, ni les pompes aurorales,Ni la solennité dolente des couchants. Je ris de l’Art, je ris de l’Homme aussi, des chants,Des vers, des temples grecs et des tours en spiralesQu’étirent dans…

  • À une femme

    À une femme

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Melancholia À une femme A vous ces vers, de par la grâce consolanteDe vos grands yeux où rit et pleure un rêve doux,De par votre âme pure et toute bonne, à vousCes vers du fond de ma détresse violente. C’est qu’hélas le hideux cauchemar qui me…

  • Lassitude

    Lassitude

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Melancholia Lassitude « A batallas de amor campo de pluma.« GONGORA De la douceur, de la douceur, de la douceur!Calme un peu ces transports fébriles, ma charmante.Même au fort du déduit parfois, vois-tu, l’amanteDoit avoir l’abandon paisible de la soeur. Sois langoureuse, fais ta caresse endormante,Bien égaux tes…

  • Voeu

    Voeu

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Melancholia Voeu Ah! les oaristys ! les premières maîtresses !L’or des cheveux, l’azur des yeux, la fleur des chairs,Et puis, parmi l’odeur des corps jeunes et chers,La spontanéité craintive des caresses! Sont-elles assez loin, toutes ces allégressesEt toutes ces candeurs! Hélas! toutes deversLe Printemps des regrets…

  • Après trois ans

    Après trois ans

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Melancholia Après trois ans Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,Je me suis promené dans le petit jardinQu’éclairait doucement le soleil du matin,Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle. Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelleDe vigne folle avec les chaises de rotin…Je jet d’eau…

  • Nevermore

    Nevermore

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Melancholia Nevermore Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automneFaisait voler la grive à travers l’air atone,Et le soleil dardait un rayon monotoneSur le bois jaunissant où la bise détone. Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,Elle et moi, les cheveux et la pensée au…

  • Résignation

    Résignation

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Melancholia Résignation Tout enfant, j’allais rêvant Ko-Hinnor,Somptuosité persane et papaleHéliogabale et Sardanapale! Mon désir créait sous des toits en or,Parmi les parfums, au son des musiques,Des harems sans fin, paradis physiques! Aujourd’hui, plus calme et non moins ardent,Mais sachant la vie at qu’il faut qu’on plie,J’ai…

  • Dans ces temps fabuleux …

    Dans ces temps fabuleux …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Prologue Dans ces temps fabuleux … Dans ces temps fabuleux, les limbes de l’histoire,Où les fils de Raghû, beaux de fard et de gloire,Vers la Ganga régnaient leur règne étincelant,Et, par l’intensité de leur vertu troublantLes Dieux et les Démons et Bhagavat lui-même,Augustes, s’élevaient jusqu’au Néant…

  • Les Sages d’autrefois …

    Les Sages d’autrefois …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) Les Sages d’autrefois … A EUGÈNE CARRIÈRE Les Sages d’autrefois, qui valaient bien ceux-ci,Crurent, et c’est un point encor mal éclairci,Lire au ciel les bonheurs ainsi que les désastres,Et que chaque âme était liée à l’un des astres.(On a beaucoup raillé, sans penser que souventLe rire est ridicule…

  • A la promenade

    A la promenade

     Paul Verlaine (1844-1896).Recueil : Fêtes galantes. À la promenade. Le ciel si pâle et les arbres si grêlesSemblent sourire à nos costumes clairsQui vont flottant légers avec des airsDe nonchalance et des mouvements d’ailes. Et le vent doux ride l’humble bassin,Et la lueur du soleil qu’atténueL’ombre des bas tilleuls de l’avenueNous parvient bleue et mourante…

  • Agnus Dei

    Agnus Dei

     Paul Verlaine (1844-1896).Recueil : Liturgies intimes. Agnus Dei. L’agneau cherche l’amère bruyère,C’est le sel et non le sucre qu’il préfère,Son pas fait le bruit d’une averse sur la poussière. Quand il veut un but, rien ne l’arrête,Brusque, il fonce avec de grands coups de sa tête,Puis il bêle vers sa mère accourue inquiète… Agneau de…

  • Art poétique

    Art poétique

     Paul Verlaine (1844-1896).Recueil : Jadis et naguère. Art poétique. De la musique avant toute chose,Et pour cela préfère l’ImpairPlus vague et plus soluble dans l’air,Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. Il faut aussi que tu n’ailles pointChoisir tes mots sans quelque méprise :Rien de plus cher que la chanson griseOù l’Indécis au…

  • Écoutez la chanson

    Écoutez la chanson

     Paul Verlaine (1844-1896).Recueil : Sagesse (1881). Écoutez la chanson. Écoutez la chanson bien douceQui ne pleure que pour vous plaire.Elle est discrète, elle est légère :Un frisson d’eau sur de la mousse ! La voix vous fut connue et chère ;Mais à présent elle est voiléeComme une veuve désolée,Pourtant comme elle encore fière ; Et…