Poésies…

  • Le soldat laboureur

    Le soldat laboureur

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Vers Jeunes Le soldat laboureur                                                 À Edmond Lepelletier. Or ce vieillard était horrible: un de ses yeux,Crevé, saignait, tandis que l’autre, chassieux,Brutalement luisait sous son sourcil en brosse;Les cheveux se dressaient d’une façon féroce,Blancs, et paraissaient moins des cheveux que des crins;Le vieux…

  • Les Uns et les Autres

    Les Uns et les Autres

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Les Uns et les Autres                      Comédie dédiée à Léon Dierx.   Personnages : MyrtilSylvandreRosalindeChlorisMezzetinGorydonAminteBergers, Masques. La scène se passe dans un parc de Wateau, vers une find’après-midi d’été. Une nombreuse compagnie d’hommes et de femmes estgroupée, en de…

  • Images d’un sou

    Images d’un sou

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Images d’un sou                                                 À Léon Dierx. De toutes les douleurs doucesJe compose mes magies !Paul, les paupières rougies,Erre seul aux Pamplemousses.La Folle-par-amour chanteUne ariette touchante.C’est la mère qui s’alarmeDe sa fille fiancée.C’est l’épouse délaisséeQui prend un sévère charmeÀ s’exagérer…

  • Vendanges

    Vendanges

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Vendanges                                                 À Georges Rall. Les choses qui chantent dans la têteAlors que la mémoire est absente,Écoutez, c’est notre sang qui chante…Ô musique lointaine et discrète !  Écoutez ! c’est notre sang qui pleureAlors que notre âme s’est enfuie,D’une voix…

  • Luxures

    Luxures

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Luxures                                                 À Léo Trézenik. Chair ! ô seul fruit mordu des vergers d’ici-bas,Fruit amer et sucré qui jutes aux dents seulesDes affamés du seul amour, bouches ou gueules,Et bon dessert des forts, et leurs joyeux repas,  Amour ! le…

  • Vers pour être calomnié

    Vers pour être calomnié

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Vers pour être calomnié                                                 À Charles Vignier. Ce soir je m’étais penché sur ton sommeil.Tout ton corps dormait chaste sur l’humble lit,Et j’ai vu, comme un qui s’applique et qui lit,Ah ! j’ai vu que tout est vain sous…

  • Circonspection

    Circonspection

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Circonspection                                                 À Gaston Sénéchal. Donne ta main, retiens ton souffle, asseyons-nousSous cet arbre géant où vient mourir la briseEn soupirs inégaux sous la ramure griseQue caresse le clair de lune blême et doux.  Immobiles, baissons nos yeux vers nos…

  • L’Auberge

    L’Auberge

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers L’Auberge                                                 À Jean Moréas. Murs blancs, toit rouge, c’est l’Auberge fraîche au bordDu grand chemin poudreux où le pied brûle et saigne,L’Auberge gaie avec le Bonheur pour enseigne.Vin bleu, pain tendre, et pas besoin de passeport.  Ici l’on fume,…

  • Allégorie

    Allégorie

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Allégorie                                                 À Jules Valadon. Despotique, pesant, incolore, l’Été,Comme un roi fainéant présidant un supplice,S’étire par l’ardeur blanche du ciel compliceEt bâille. L’homme dort loin du travail quitté.  L’alouette au matin, lasse, n’a pas chanté.Pas un nuage, pas un souffle,…

  • Le Pitre

    Le Pitre

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Le Pitre Le tréteau qu’un orchestre emphatique secoueGrince sous les grands pieds du maigre baladinQui harangue non sans finesse et sans dédainLes badauds piétinant devant lui dans la boue.  Le plâtre de son front et le fard de sa…

  • À Albert Mérat

    À Albert Mérat

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers À Albert Mérat Et nous voilà très doux à la bêtise humaine,Lui pardonnant vraiment et même un peu touchésDe sa candeur extrême et des torts très légersDans le fond qu’elle assume et du train qu’elle mène.  Pauvres gens que…

  • Art poétique

    Art poétique

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Art poétique                                                 À Charles Morice. De la musique avant toute chose,Et pour cela préfère l’ImpairPlus vague et plus soluble dans l’air,Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.  Il faut aussi que tu n’ailles pointChoisir tes mots sans…

  • Le Squelette

    Le Squelette

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Le Squelette                                                 À Albert Mérat. Deux reîtres saouls, courant les champs, virent parmiLa fange d’un fossé profond, une carcasseHumaine dont la faim torve d’un loup fugaceVenait de disloquer l’ossature à demi.  La tête, intacte, avait ce rictus ennemiQui nous…

  • Le Clown

    Le Clown

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Le Clown                                                 À Laurent Tailhade. Bobèche, adieu ! bonsoir, Paillasse ! arrière, Gille !Place, bouffons vieillis, au parfait plaisantin,Place ! très grave, très discret et très hautain,Voici venir le maître à tous, le clown agile.  Plus souple qu’Arlequin et…

  • Sonnet boiteux

    Sonnet boiteux

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Sonnet boiteux                                                 À Ernest Delahaye. Ah ! vraiment c’est triste, ah ! vraiment ça finit trop mal.Il n’est pas permis d’être à ce point infortuné.Ah ! vraiment c’est trop la mort du naïf animalQui voit tout son sang couler…

  • Écrit sur l’Album de Mme N. de V.

    Écrit sur l’Album de Mme N. de V.

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Écrit sur l’Album de Mme N. de V. Des yeux tout autour de la têteAinsi qu’il est dit dans Murger.Point très bonne. Un esprit d’enferAvec des rires d’alouette.  Sculpteur, musicien, poëteSont ses hôtes. Dieux, quel hiverNous passâmes ! Ce…

  • À Horatio

    À Horatio

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers À Horatio Ami, le temps n’est plus des guitares, des plumes,Des créanciers, des duels hilares à proposDe rien, des cabarets, des pipes aux chapeauxEt de cette gaîté banale où nous nous plûmes.  Voici venir, ami très tendre qui t’allumesAu…

  • Dizain mil huit cent trente

    Dizain mil huit cent trente

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Dizain mil huit cent trente Je suis né romantique et j’eusse été fatalEn un frac très étroit aux boutons de métal,Avec ma barbe en pointe et mes cheveux en brosse.Hablant español, très loyal et très féroce,L’oeil idoine à l’oeillade…

  • Intérieur

    Intérieur

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Intérieur À grands plis sombres une ample tapisserieDe haute lice, avec emphase descendraitLe long des quatre murs immenses d’un retraitMystérieux où l’ombre au luxe se marie.  Les meubles vieux, d’étoffe éclatante flétrie,Le lit entr’aperçu vague comme un regret,Tout aurait…

  • Kaléidoscope

    Kaléidoscope

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Kaléidoscope                                                 À Germain Nouveau. Dans une rue, au coeur d’une ville de rêve,Ce sera comme quand on a déjà vécu:Un instant à la fois très vague et très aigu…Ô ce soleil parmi la brume qui se lève !  Ô…