Catégorie : Paul Verlaine

  • Mon Dieu m’a dit …

    Mon Dieu m’a dit …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Sagesse (1880) — Partie II Mon Dieu m’a dit … I Mon Dieu m’a dit: « Mon fils, il faut m’aimer. Tu voisMon flanc percé, mon coeur qui rayonne et qui saigne,Et mes pieds offensés que Madeleine baigneDe larmes, et mes bras douloureux sous le poids De tes péchés, et mes…

  • La « grande ville » …

    La « grande ville » …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Sagesse (1880) — Partie III La « grande ville » … La « grande ville ». Un tas criard de pierres blanchesOù rage le soleil comme en pays conquis.Tous les vices ont leur tanière, les exquisEt les hideux, dans ce désert de pierres blanches. Des odeurs ! Des bruits vains ! Où que vague…

  • Fantoches

    Fantoches

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Fantoches Scaramouche et PulcinellaQu’un mauvais destin rassemblaGesticulent, noirs sous la lune. Cependant l’excellent docteurBolonais cueille avec lenteurDes simples parmi l’herbe brune. Lors sa fille, piquant minois,Sous la charmille, en tapinois,Se glisse, demi-nue, en quête De son beau pirate espagnol,Dont un langoureux rossignolClame la détresse à tue-tête.  …

  • Après trois ans

    Après trois ans

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Melancholia Après trois ans Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,Je me suis promené dans le petit jardinQu’éclairait doucement le soleil du matin,Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle. Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelleDe vigne folle avec les chaises de rotin…Je jet d’eau…

  • L’heure du berger

    L’heure du berger

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Paysages tristes L’heure du berger La lune est rouge au brumeux horizon;Dans un brouillard qui danse, la prairieS’endort fumeuse, et la grenouille criePar les joncs verts où circule un frisson; Les fleurs des eaux referment leurs corolles;Des peupliers profitent aux lointains,Droits et serrés, leur spectres incertains;Vers…

  • Marco

    Marco

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) Marco Quand Marco passait, tous les jeunes hommesSe penchaient pour voir ses yeux, des SodomesOù les feux d’amour brûlaient sans pitiéTa pauvre cahute, ô froide Amitié;Tout autour dansaient des parfums mystiquesOù l’âme en pleurant s’anéantissait;Sur ses cheveux roux un charme glissait;Sa robe rendait d’étranges musiquesQuand Marco passait.…

  • Le Squelette

    Le Squelette

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Le Squelette                                                 À Albert Mérat. Deux reîtres saouls, courant les champs, virent parmiLa fange d’un fossé profond, une carcasseHumaine dont la faim torve d’un loup fugaceVenait de disloquer l’ossature à demi.  La tête, intacte, avait ce rictus ennemiQui nous…

  • La soupe du soir

    La soupe du soir

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Vers Jeunes La soupe du soir                                                 À J.-K. Huysmans. Il fait nuit dans la chambre étroite et froide où l’hommeVient de rentrer, couvert de neige, en blouse, et commeDepuis trois jours il n’a pas prononcé deux motsLa femme a peur et fait des…

  • Amoureuse du Diable

    Amoureuse du Diable

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Naguère Amoureuse du Diable                                                 À Stéphane Mallarmé. Il parle italien avec un accent russe.Il dit: « Chère, il serait précieux que je fusseRiche, et seul, tout demain et tout après-demain.Mais riche à paver d’or monnayé le cheminDe l’Enfer, et si seul qu’il vous va falloir prendreSur…

  • Parsifal

    Parsifal

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Parsifal                                            À Jules Tellier Parsifal a vaincu les Filles, leur gentilBabil et la luxure amusante — et sa penteVers la Chair de garçon vierge que cela tenteD’aimer les seins légers et ce gentil babil ; Il a vaincu la Femme belle, au cœur subtil,Étalant ses bras frais et sa gorge…

  • Saint Benoît-Joseph Labre

    Saint Benoît-Joseph Labre

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Saint Benoît-Joseph Labre Jour de la Canonisation Comme l’Église est bonne en ce siècle de haine,D’orgueil et d’avarice et de tous les péchés,D’exalter aujourd’hui le caché des cachés,Le doux entre les doux à l’ignorance humaine Et le mortifié sans pair que la Foi mène,Saignant de pénitence et blanc d’extase, chezLes…

  • Je te vois encore à cheval

    Je te vois encore à cheval

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Je te vois encore à cheval Je te vois encore à chevalTandis que chantaient les trompettes,Et ton petit air martialChantait aussi quand les trompettes ; Je te vois toujours en treillisComme un long Pierrot de corvéeTrès élégant sous le treillis,D’une allure toute trouvée ; Je te vois autour…

  • Dédicace

    Dédicace

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Parallèlement (1889) — Préface Dédicace Vous souvient-il, cocodette un peu mûreQui gobergez vos flemmes de bourgeoise,Du temps joli quand, gamine un peu sure,Tu m’écoutais, blanc-bec fou qui dégoise ? Gardâtes-vous fidèle la mémoire,Ô grasse en des jerseys de poult-de-soie,De t’être plu jadis à mon grimoire,Cour par écrit, postale petite oye ? Avez-vous…

  • Autre

    Autre

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Parallèlement (1889) — Révérence parler Autre La cour se fleurit de souci              Comme le front              De tous ceux-ci              Qui vont en rondEn flageolant sur leur fémur              Débilité              Le long du mur              Fou de clarté. Tournez, Samsons sans Dalila,              Sans Philistin,              Tournez bien la              Meule au destin.Vaincu risible de la loi,              Mouds…

  • Guitare

    Guitare

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Parallèlement (1889) Guitare Le pauvre du chemin creux chante et parle.Il dit : « Mon nom est Pierre et non pas Charle,Et je m’appelle aussi Duchatelet.Une fois je vis, moi qu’on croit très laid,Passer vraiment une femme très belle.(Si je la voyais telle, elle était telle.)Nous nous mariâmes au vieux…

  • Les Dieux

    Les Dieux

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Premiers Vers (1858 à 1866) Les Dieux Vaincus, mais non domptés, exilés, mais vivants, Et malgré les édits de l’Homme et ses menaces,N’ont point abdiqué, crispant leurs mains tenacesSur des tronçons de sceptre, et rôdent dans les vents. Les nuages coureurs aux caprices mouvantsSont la poudre des pieds de ces…

  • Tableau populaire

    Tableau populaire

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Femmes (1890) Tableau populaire L’apprenti point trop maigrelet, quinze ans, pas beau,Gentil dans sa rudesse un peu molle, la peauMate, œil vif et creux, sort de sa cotte bleue,Fringante et raide au point, sa déjà grosse queueEt pine la patronne, une grosse encor bien,Pâmée au bord du lit dans quel…

  • Que ton âme soit blanche ou noire

    Que ton âme soit blanche ou noire

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Chansons pour Elle (1891) Que ton âme soit blanche ou noire Que ton âme soit blanche ou noire,Que fait ? Ta peau de jeune ivoireEst rose et blanche et jaune un peu.Elle sent bon, ta chair, perverseOu non, que fait ? puisqu’elle berceLa mienne de chair, nom de Dieu !…

  • Bien qu’elle soit ta meilleure amie

    Bien qu’elle soit ta meilleure amie

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Chansons pour Elle (1891) Bien qu’elle soit ta meilleure amie Bien qu’elle soit ta meilleure amie, C’est farce ce que nous la trompons Jusques à l’excès, sans penser mie A elle, tant nos instants sont bons, Nos instants sont bons ! Je fais des comparaisons, de même Toi cocufiant ton autre…

  • L’ombre des arbres dans la rivière embrumée …

    L’ombre des arbres dans la rivière embrumée …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Romances sans paroles (1874) — Ariettes oubliées L’ombre des arbres dans la rivière embrumée L’ombre des arbres dans la rivière embruméeMeurt comme de la fuméeTandis qu’en l’air, parmi les ramures réelles,Se plaignent les tourterelles. Combien, ô voyageur, ce paysage blêmeTe mira blême toi-même,Et que tristes pleuraient dans les hautes feuilléesTes…