Poèmes de Souffrance et de Tristesse

  •  Le désespoir est assis sur un banc – (Jacques Prévert – 1945) – Recueil: Paroles – Dans un square sur un banc Il y a un homme qui vous appelle quand on passe Il a des binocles un vieux costumes gris Il fume un petit ninas il est assis Et il vous appelle quand on passe Ou simplement il vous fait signe Il ne faut pas le…
  •  Tristesse d’été (Stéphane Mallarmé – 1899) – Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie, En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureux Et, consumant l’encens sur ta joue ennemie, Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux. De ce blanc flamboiement l’immuable accalmie T’a fait dire,…
  •  Ô mes morts tristement nombreux (Paul Verlaine – 1888) – Recueil : Amour (1888) – Ô mes morts tristement nombreux Qui me faites un dôme ombreux De paix, de prière et d’exemple, Comme autrefois le Dieu vivant Daigna vouloir qu’un humble enfant Se sanctifiât…
  •  Ô triste, triste était mon âme … – (Paul Verlaine – 1874) – Recueil : Romances sans paroles (1874) – Ô triste, triste était mon âme À cause, à cause d’une femme. Je ne me suis pas consolé Bien que mon cœur s’en soit allé, Bien que mon…
  •  Émigrants (François Coppée – 1872) – Recueil : Les Humbles (1872) – Il fait nuit. – Et la voûte est ténébreuse où monte,  Par la sonorité du bâtiment de fonte,  Le jet de vapeur blanche au sifflement d’enfer,  Hennissement affreux du lourd cheval de…
  •  Le Désespoir de la vieille – (Charles Baudelaire – 1869) – Recueil : Le Spleen de Paris (Posthume – 1869) – La petite vieille ratatinée se sentit toute réjouie en voyant ce joli enfant à qui chacun faisait fête, à qui tout le monde voulait plaire ; ce joli être, si fragile comme elle, la…
  •  Colloque sentimental (Paul Verlaine – 1869) – Recueil : Fêtes galantes (1869) – Dans le vieux parc solitaire et glacé Deux formes ont tout à l’heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l’on entend à peine leurs paroles. Dans le vieux parc solitaire et glacé Deux spectres…
  •  Les Petites Vieilles – (Charles Baudelaire – 1857) – Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Tableaux parisiens – Dans les plis sinueux des vieilles capitales, Où tout, même l’horreur, tourne aux enchantements, Je guette, obéissant à mes humeurs fatales, Des…
  •  Tristesse (Alfred de Musset – 1850) – Recueil : Poésies nouvelles (1850) – J’ai perdu ma force et ma vie, Et mes amis et ma gaieté ; J’ai perdu jusqu’à la fierté Qui faisait croire à mon génie.  Quand j’ai connu la Vérité, J’ai cru que c’était une amie ; Quand je l’ai…
  •  Tristesse – (Sophie d’Arbouville – 1840) – Recueil : Poésies et nouvelles (1840) – Bonheur si doux de mon enfance, Bonheur plus doux de mon printemps, Je n’ai plus que la souvenance De vos courts et joyeux instants. Triste, sur la rive étrangère, Je rêve à mon lointain pays, Et des pleurs mouillent…
  •  Un jour d’absence – (Sophie d’Arbouville – 1840) – Recueil : Poésies et nouvelles (1840) – Quand l’horloge a sonné le moment du départ, Aucune larme, ami, n’a voilé ton regard ! Tu m’as pressé la main… j’ai cru voir un sourire Se mêler à l’adieu que tu venais me dire ; Car pour ton…
  •  Il est triste – (Henri-Auguste Barbier – 1832) – Recueil : Iambes et poèmes (1830-1832) – Il est triste de voir partout l’œuvre du mal, D’entonner ses chansons sur un rythme infernal. Au ciel le plus vermeil de trouver un nuage, Une ride chagrine au plus riant visage. Heureux à qui le ciel a fait la bonne part ! Bien heureux…
  •  La fiancée du marin (Marceline Desbordes-Valmore – 1830) – Recueil : Romances (1830) – Tristesse amère Ne peut crier : Pourtant, ma mère, Je veux prier. Là-haut peut-être On m’entendra ; Qui m’a fait naître Me soutiendra. James qui m’aime Va me quitter ; Cette nuit même Doit…
  •  La Tristesse – (Alphonse de Lamartine – 1830) – Recueil : Harmonies poétiques et religieuses (1830) – Livre quatrième – L’âme triste est pareille  Au doux ciel de la nuit, Quand l’astre qui sommeille De la voûte vermeille A fait tomber le bruit; Plus pure et plus sonore, On y voit sur ses pas Mille…
  •  Pourquoi mon âme est-elle triste ? (Alphonse de Lamartine – 1830) – Recueil : Harmonies poétiques et religieuses (1830) – Livre troisième – Pourquoi gémis-tu sans cesse,  Ô mon âme ? réponds-moi !  D’où vient ce poids de tristesse  Qui pèse aujourd’hui sur toi…
  •  Tristesse – (Alphonse de Lamartine – 1823) – Recueil : Nouvelles méditations poétiques (1823) – Ramenez-moi, disais-je, au fortuné rivage  Où Naples réfléchit dans une mer d’azur  Ses palais, ses coteaux, ses astres sans nuage,  Où l’oranger fleurit sous un ciel toujours…
  •  L’Absence – (Antoine de Bertin – 1780) – Recueil: Les Amours (1780) – Livre I – L’astre brillant des nuits a fini sa carrière. Je n’entends plus de chars ni de sourdes clameurs ; Le calme règne au loin dans la nature entière ; Tout dort ; le jaloux même a fermé sa paupière :…
  •  L’Absence – (Evariste de Parny – 1778) – Recueil : Poésies érotiques (1778) – Huit jours sont écoulés, depuis que dans ces plaines Un devoir importun a retenu mes pas. Croyez à ma douleur, mais ne l’éprouvez pas. Puissiez-vous de l’Amour ne point sentir les peines !…
  •  Pressé de désespoir, mes yeux flambants – (Agrippa d’Aubigné – 1600) – Recueil: Stances – Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse À ma beauté cruelle, et baisant par trois fois Mon poignard nu, je l’offre aux mains de ma déesse, Et lâchant mes soupirs en ma…
  •  Viens, mort, à mon secours viens … – (Jean-Antoine de Baïf – 1580) – Viens, mort, à mon secours viens; Ô mort, secours, je t’en prie. – Je t’oy, je viens, que veux-tu ? – Ô mort, je suis tout en feu; J’attends de toi guérison. – Et qui t’a mis tout en feu ? – L’enfant qui porte brandon. – Que puis-je…
  •  Des maux qu’un désespoir … – (Étienne Jodelle – 1570) – Recueil: Poésies – Des maux qu’un désespoir, ou qu’un espoir contraire, Coup sus coup dedans moi l’un de l’autre naissant, M’enflammant de désirs et de pleurs me glaçant, Par frissons, par brasiers…
  •  La complainte du désespéré (Joachim du Bellay – 1560) – Qui prêtera la parole À la douleur qui m’affole ? Qui donnera les accents À la plainte qui me guide : Et qui lâchera la bride À la fureur que je sens ?  Qui baillera double force À mon âme, qui…
  •  Pensées de la reine de Navarre – (Marguerite de Navarre – 1547) – Pensées de la reine de Navarre étant dans sa litière durant la maladie du roi   Si la douleur de mon esprit Je pouvais montrer par parole Ou la déclarer par écrit, Oncques ne fut si triste rôle ; Car le mal qui plus fort m’affole Je le cache et couvre plus fort ;…
  •  Autres pensées faites un mois après la mort du roi (Marguerite de Navarre – 1547) – Las ! tant malheureuse je suis, Que mon malheur dire ne puis, Sinon qu’il est sans espérance :Désespoir est déjà à l’huis Pour me jeter au fond du puits Où n’a d’en saillir apparence. Tant de larmes jettent mes yeux Qu’ils…
  •  Complainte du loyal et malheureux amant – (Mellin de Saint-Gelais – 1540) – Complainte du loyal et malheureux amant à sa dame mal pitoyable   (Pour dire au luth en chant italien)  Hélas ! mon Dieu, y a-il en ce monde  Mal ou ennuy dont on ayt congoissance,  Qui soit égal à ma douleur profonde ?  Hélas ! mon Dieu, si j’avois la…