Les Yeux de Berthe

Charles Baudelaire (1821-1866)
Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves

Les Yeux de Berthe

Vous pouvez mépriser les yeux les plus célèbres,
Beaux yeux de mon enfant, par où filtre et s’enfuit
Je ne sais quoi de bon, de doux comme la Nuit !
Beaux yeux, versez sur moi vos charmantes
ténèbres !
 
Grands yeux de mon enfant, arcanes adorés,
Vous ressemblez beaucoup à ces grottes magiques
Où, derrière l’amas des ombres léthargiques,
Scintillent
vaguement des trésors ignorés !
 
Mon enfant a des yeux obscurs, profonds et vastes,
Comme toi, Nuit immense, éclairés comme toi !
Leurs feux sont ces pensers d’Amour, mêlés
de Foi,
Qui pétillent au fond, voluptueux ou chastes.

 

 

Charles Baudelaire

 

charlesbaudelaire

 

{loadposition position_baudelaire_nouvellesfleurs}

{loadposition position_baudelaire_oeuvres}