Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne

Charles Baudelaire (1821-1866)
Recueil : Les Fleurs du Mal (1857) — Spleen et Idéal

Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne

Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne,
Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,
Et t’aime d’autant plus, belle, que tu me fuis,
Et que tu me parais, ornement de
mes nuits,
Plus ironiquement accumuler les lieues
Qui séparent mes bras des immensités bleues.
 
Je m’avance à l’attaque, et je grimpe aux assauts,
Comme après un cadavre un chœur
de vermisseaux,
Et je chéris, ô bête implacable et cruelle !
Jusqu’à cette froideur par où tu m’es plus belle !

 

 

Charles Baudelaire

 

charlesbaudelaire

 

{loadposition position_baudelaire_oeuvres}