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A MELISSUS ΤHΕΒΑIΝ, VAINQUEUR AU PANCRACE Strophe 1. — Lorsqu’un mortel heureux, ou par de mémorables luttes ou par d’immenses richesses étouffe dans son âme un misérable orgueil, il mérite d’être vanté parmi les citoyens. O Jupiter, Antistrophe 1. — Mais (37), en retour de ses hauts faits, il faut chanter un héros, il faut le combler de louanges dans les hymnes suaves du chœur. Il est double le prix, que dans les luttes, la fortune a donné à Épode 1. — Par la victoire de ses coursiers. Non, il ne flétrit point la gloire attachée au nom de ses aïeux. Vous connaissez l’antique renom de Cléonyme (40) à la course des chars; et, du côté Str. 2. — De toutes parts, grâce au ciel, je puis suivre de nombreuses voies (42), ô Mélissus (et dans l’isthme tu me les a rendues faciles), pour chanter vos vertus, les vertus dont un Dieu ne cesse de répandre l’éclat Ant. 2. — On dit que, dans l’origine, honorés à Thèbes, proxènes (43) des cités voisines, ils ne connaissaient point les cris de l’injure; et tous les témoignages glorieux distribués parmi les Ép. 2. — Ahl gardez-vous d’aspirer à une gloire plus grande. Ils élevaient aussi des coursiers ; ils étaient chéris de Mars aux armes d’airain : Hé bien, en un seul jour, l’ouragan de la guerre ravit Str. 3. — Par la volonté des Immortels. L’agitateur du globe, le dieu qui habite Oncheste (47) et la digue (48) des mers, devant les remparts de Corinthe, en accordante tes aïeux cet hymne de victoire, fait lever de son lit de repos Ant. 3. — Après avoir proclamé que leur char avait obtenu la victoire dans Athènes et dans les jeux d’adresse à Sicyone, elle les a fait couronner aussi de guirlandes poétiques par les contemporains. Jamais Ép. 3. — Cependant la fortune laisse dans l’ombre ceux même qui combattent tant qu’ils n’ont pas atteint le but suprême (49). C’est elle qui donne les succès et les revers. Quelquefois aussi l’artifice des faibles Str. 4. — Homère ne laissa pas de l’illustrer parmi les hommes, d’exalter ce grand courage; il recommanda aux poètes à venir de le chanter en tenant le rameau (51) des divins poèmes ; elle retentit dans l’immortalité Ant. 4. — Puissions-nous, avec la faveur des Muses, allumer aussi en l’honneur de Mélissus le flambeau de nos hymnes; auréole méritée par une victoire au pancrace, par le fils de Tirésias (52); son courage Ép. 4. — Il n’avait point reçu en partage la haute taille d’Orion (53); mais, à le voir, on le méprisait, lui si redoutable par la pesanteur de ses coups. Ainsi jadis, de la cad-méenne Thèbes, vint Str: 5. — C’était le fils d’AIcmène. Et il est monté dans l’Olympe, après avoir exploré tous les continents, et le bassin de la mer qui blanchit entre des rivages escarpés; après avoir pacifié Ant. 5. — C’est pour lui qu’aux portes d’Electre (55), nous ses concitoyens, nous offrons un festin solennel, nous couronnons les autels de nouvelles guirlandes, nous brûlons des victimes aux mânes de huit fils guerriers que lui Ép. 5. — Le lendemain ont lieu les jeux annuels où se mesurent les forces. Là, couronné de myrtes blancs (56), Mélissus fut proclamé deux fois vainqueur parmi les hommes, lui qui déjà
(37) Quoique la modestie soit recommandable. (38) De Corinthe. (39) A Némée.. (40) Un des aïeux de Mélissus. (41) Les plus célèbres sont Laïus, Œdipe, Étéocle, Polynice. (42) J’ai mille moyens de te louer (43) Magistrats chargés d’accueillir les étrangers. (44) Ils se sont élevés an faite de la gloire. (45) A la bataille de Platée, 479 avant J. C. (46) A prés des revers. (47) En Béotie. (48) L’Isthme de Corinthe. (49) La victoire. (50) Comme Ajax les Cléonymides ont souvent été frustrés d’une récompense qu’ils méritaient. (51) Le rameau que tenaient les Rhapsodes en chantant leurs vers. (52) Mélissus. (53) Géant fameux, chasseur célèbre et d’une force extraordinaire. (54) Géants de Libye. (55) A Thèbes. (56) Selon l’usage dans les jeux funèbres.
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Pindare – Isthmiques
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