Comme à cinq ans …

François Coppée (1842-1908)
Recueil : Promenades et Intérieurs (1872)

Comme à cinq ans …

 

Comme à cinq ans on est une grande personne,
On lui disait parfois : « Prends ton frère, mignonne, »
Et, fière, elle portait dans ses bras le bébé,
Quels soins alors ! L’enfant n’était
jamais tombé.
Très grave, elle jouait à la petite mère.
Hélas ! le nouveau-né fut un ange éphémère.
On prit sur son berceau mesure d’un cercueil ;
Et la sœur
de cinq ans a des habits de deuil,
Ne parle ni ne joue et, très préoccupée,
Se dit : « Je n’aime plus maintenant ma poupée. »

 

 

François Coppée

 

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