Catégorie : Jean-Antoine de Baïf,

  • Bien, je l’ay dit …

    Bien, je l’ay dit …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Bien, je l’ay dit … Bien, je l’ay dit, je le confesse,Que nul ne te pourroit aimerAutant que je t’aime, Maistresse,Sçachant mieux qu’autre t’estimer:Car d’autant que je cognoy plusEt tes beautez et tes vertus,D’autant ma Francine je doyMettre plus grande amour en toy. Un autre moins digne, peut estre,Du premier…

  • L’Amour qui me tourmente …

    L’Amour qui me tourmente …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) L’Amour qui me tourmente … L’Amour qui me tourmenteJe trouve si plaisantQue tant plus il s’augmenteMoins j’en veux estre exemt:Bien que jamais le sommeNe me ferme les yeux,Plus amour me consommeMoins il m’est ennuyeux. Toute la nuit je veilleSans cligner au sommeil,Remembrant la merveilleQui me tient en éveil,Me representant celleQue…

  • Vien ça, vien friandelette

    Vien ça, vien friandelette

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Vien ça, vien friandelette Vien ça, vien friandelette,Vien qu’en esbas amoureuxCe beau printemps vigoureux,Ma belle Francinelette,Nous passions libres de soin, » Loin des peines importunes, » Qui volontiers ne sont loin » Des plus hautaines fortunes. Il n’est rien, qui ne convieA suyvre la gayeté,A toute joliveté,A toute joieuse vie.Il n’est rien qui…

  • Ces yeux ces yeux …

    Ces yeux ces yeux …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Ces yeux ces yeux … Ces yeux ces yeux, doux larrons de mon ame,M’ont eblouy de leur belle splendeur,Astres fataux qui de malheur ou d’heurMe vont comblant au plaisir de madame. Au cueur d’hiver un printemps l’air embameOu que tournez ilz fichent leur ardeur,Et quelque part qu’ilz baissent leur grandeurFleurit…

  • Mets-moi dessus la mer …

    Mets-moi dessus la mer …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Mets-moi dessus la mer … Mets-moi dessus la mer d’où le soleil se lève,Ou près du bord de l’onde où sa flamme s’éteint;Mets-moi au pays froid, où sa chaleur n’atteint,Ou sur les sablons cuits que son chaud rayon grève; Mets-moi en long ennui, mets-moi en joie brève,En franche liberté, en…

  • Viens, mort, à mon secours viens

    Viens, mort, à mon secours viens

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Viens, mort, à mon secours viens … Viens, mort, à mon secours viens;Ô mort, secours, je t’en prie.– Je t’oy, je viens, que veux-tu ?– Ô mort, je suis tout en feu;J’attends de toi guérison.– Et qui t’a mis tout en feu ?– L’enfant qui porte brandon.– Que puis-je faire…

  • D’Amour d’Amour …

    D’Amour d’Amour …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589)  D’Amour d’Amour …   D’Amour d’Amour je fu je fu blessé,Et de mon sang la liqueur goute a gouteEn chaudes pleurs hors ma playe degoute,Qui de couler puis le temps n’a cessé. Je suis d’Amour si bien interessé.Que peu a peu s’enfuit ma force toute,Et quelque onguent qu’a ma playe…

  • Metz moy au bord …

    Metz moy au bord …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Metz moy au bord … Metz moy au bord d’ou le soleil se léve,Ou pres de l’onde ou sa flamme s’esteint,Metz moy aux lieux que son rayon n’ateint,Ou sur le sable ou sa torche est trop gréve. Metz moy en joye ou douleur longue ou breve,Liberté franche, ou servage contreint,Mets…

  • De Rose

    De Rose

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) De Rose Ce n’est point la paquerete,La marguerite, le lis,L’oeillet ny la violete,La fleur où mon coeur j’ay mis. J’aime entre les fleurs la rose,Car elle porte le nomD’une qui mon ame a closeA toute autre affection. La rose entre les fleurétesGagne l’honeur et le pris:Parféte entre les parfétesEst la…

  • Ô doux plaisir …

    Ô doux plaisir …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Ô doux plaisir … Ô doux plaisir plein de doux pensement,Quand la douceur de la douce meslée,Etreint et joint, l’ame en l’ame mellée,Le corps au corps accouplé doucement. Ô douce mort! ô doux trepassement !Mon ame alors de grand’joye troublée,De moy dans toy s’ecoulant a l’emblée,Puis haut, puis bas, quiert…

  • Depuis le jour …

    Depuis le jour …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Depuis le jour … Depuis le jour que mon ame fut prisePar tes doux feuz traitrement gratieux,Un seul doux trait jusqu’ici de tes yeuxN’avoyt ta grace a mon ardeur promise: Elle aujourdhuy, par longue usance apriseDe se nourrir en travaux soucieux,M’a quitté presque au goust delitieuxD’un nouveau bien, dont ton…

  • Ô ma belle rebelle …

    Ô ma belle rebelle …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Ô ma belle rebelle … Ô ma belle rebelle,Las, que tu m’es cruelle !Ou quand d’un doux souris,Larron de mes espris,Ou quand d’une parolleMignardetement molle,Ou quand d’un regard d’yeuxFierement gracieux,Ou quand d’un petit gesteTout divin, tout celeste,En amoureuse ardeurTu plonges tout mon coeur.O ma belle rebelle,Las, que tu m’es cruelle…

  • Depuis qu’Amour …

    Depuis qu’Amour …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Depuis qu’Amour … Depuis qu’Amour ma poitrine recuit,Bouillante au feu de sa plus chaude braiseDe mille ennuis en immortel malaise,Dont maint souci dans moy l’un l’autre suit: J’oubli tout bien pour un bien qui me fuit,Par un plaisir dont la douceur m’embraise,Si bien qu’il faut que nul autre me plaise,Et…

  • Ô Toy par qui jour …

    Ô Toy par qui jour …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Ô Toy par qui jour … Ô Toy par qui jour et nuit je soupire,De qui sans gré la superbe valeurMe fait languir dedans un beau malheur,Viendray-je point au sommet ou j’aspire ? S’il ne te chaut de mon mal qui s’empire,S’il ne te chaut d’eteindre ma douleur,Au moins permetz…

  • Du Printemps

    Du Printemps

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Du Printemps La froidure paresseuseDe l’yver a fait son tems:Voici la saison joyeuseDu délicieux printems. La terre est d’herbes ornée,L’herbe de fleuretes l’est;La fueillure retournéeFait ombre dans la forest. De grand matin la pucelleVa devancer la chaleurPour de la rose nouvelleCueillir l’odorante fleur; Pour avoir meilleure grace,Soit qu’elle en pare…

  • Or voy-je bien qu’il faut …

    Or voy-je bien qu’il faut …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Or voy-je bien qu’il faut … Or voy-je bien qu’il faut vivre en servage,A dieu ma liberté:Dans les liens de l’amoureux cordageJe demeure arresté.J’ay conoissanceDe la puissanceD’une maistresse,Qu’Amour adresse.Ô combien peut sur nous une beauté! J’ay veu le temps que l’on me disoit: GardeAmour te punira;Tu ris de luy, tu…

  • D’un chapeau qui fleuronne

    D’un chapeau qui fleuronne

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) D’un chapeau qui fleuronne D’un chapeau qui fleuronneLa rose on ne couronne,Tes atours en ce pointNe te reparent point:Mais ce sont les paruresDe tes belles veturesLes luysantes beautezEn toy de tous costez:Les pierres precieuses,Les robes somptueuses,En tes acoustrementsPerdent leurs ornements.Aucun coral n’aproucheDu naïf de ta bouche,Couvrant sous sa fraicheurDe tes…

  • Psaume CXXI

    Psaume CXXI

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Psaume CXXI (En vers mesurés.) Levavi oculos meos in montes. Sur le haut des monts, çà et là regardant,J’ai levé mes yeux, si secours me viendrait,Mon secours me vient du Seigneur, qui fit lesTerres et les cieux. Il ne souffrira le Seigneur, que ton piedBronche faux marchant. Il ne dormira…

  • Durant l’esté …

    Durant l’esté …

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Durant l’esté … Durant l’esté, par le vergier grillé,Les tendres fleurs sous la nuit blandissanteVont redressant leur tresse fanissante,Qui ja pleuroyt son honneur depouillé. D’amour ainsi mon esprit travaillé,Qui ja quittoyt ma vie languissante,Reprit vigueur par la force puissanteDu restaurant qu’ores tu m’as baillé. Doux restaurant, dousucrée ambrosie,Qui ne doyt…

  • Psaume V

    Psaume V

    {loadnavigation} Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) Psaume V (En vers mesurés.) Prete l’oreille à ma complainte, Seigneur Dieu:Veuilles entendre le murmure de ma pensée.Ma clameur ois, comme mon Roi, comme mon Dieu. Si te prierai. De matin doncques ma voix, Sire, tu orras:De matin doncques j’appretrai mon oraisonToute vers toi, d’où regardant ma délivrance j’attendrais: Si…