Catégorie : Verlaine – Poèmes saturniens (1866)

  • La mort de Philippe II

    La mort de Philippe II

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) La mort de Philippe II A Louis-Xavier de Ricard. Le coucher d’un soleil de septembre ensanglanteLa plaine morne et l’âpre arête des sierrasEt de la brume au loin d’installation lente; Le Guadarrama pousse entre les sables rasSon flot hâtif qui va réfléchissant par placesQuelques oliviers nains tordant leurs…

  • À une femme

    À une femme

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Melancholia À une femme A vous ces vers, de par la grâce consolanteDe vos grands yeux où rit et pleure un rêve doux,De par votre âme pure et toute bonne, à vousCes vers du fond de ma détresse violente. C’est qu’hélas le hideux cauchemar qui me…

  • Jésuitisme

    Jésuitisme

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Caprices Jésuitisme Le chagrin qui me tue est ironique, et jointLe sarcasme qu supplice, et ne torture pointFranchement, mais picote avec un faux sourireEt transforme en spectacle amusant mon martyre,Et, sur la bière où gît mon rêve mi-pourri,Beugle un De profundis sur l’air du Tradéri.C’est un…

  • Le soleil, moins ardent …

    Le soleil, moins ardent …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Épilogue Le soleil, moins ardent … Le soleil, moins ardent, luit clair au ciel moins dense.Balancés par un vent automnal et berceur,Les rosiers du jardin s’inclinent en cadence.L’atmosphère ambiante a des baisers de soeur. La Nature a quitté pour cette fois son trôneDe splendeur, d’ironie et…

  • La chanson des ingénues

    La chanson des ingénues

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Caprices La chanson des ingénues Nous sommes les Ingénues Aux bandeaux plats, à l’oeil bleu,Qui vivons, presque inconnues,Dans les romans qu’on lit peu. Nous allons entrelacées,Et le jour n’est pas plus purQue le fond de nos pensées,Et nos rêves sont d’azur ; Et nous courons par…

  • Ce livre est clos …

    Ce livre est clos …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Épilogue Ce livre est clos … Donc, c’en est fait. Ce livre est clos. Chères IdéesQui rayiez mon ciel gris de vos ailes de feuDont le vent caressait mes tempes obsédées,Vous pouvez revoler devers l’Infini bleu ! Et toi, Vers qui tintais, et toi, Rime sonore,Et…

  • L’angoisse

    L’angoisse

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Melancholia L’angoisse Nature, rien de toi ne m’émeut, ni les champsNourriciers, ni l’écho vermeil des pastoralesSiciliennes, ni les pompes aurorales,Ni la solennité dolente des couchants. Je ris de l’Art, je ris de l’Homme aussi, des chants,Des vers, des temples grecs et des tours en spiralesQu’étirent dans…

  • Une grande dame

    Une grande dame

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Caprices Une grande dame Belle « à damner les saints », à troubler sous l’aumusseUn vieux juge ! Elle marche impérialement,Elle parle – et ses dents font un miroitement –Italien, avec un léger accent russe. Ses yeux froids où l’émail sertit le bleu de PrusseOnt l’éclat insolent et…

  • L’inspiration superbe …

    L’inspiration superbe …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Épilogue L’inspiration superbe … Ah ! L’inspiration superbe et souveraine,L’Égérie aux regards lumineux et profonds,Le Genium commode et l’Erato soudaine,L’Ange des vieux tableaux avec des ors au fond, La Muse dont la voix est puissante sans doute,Lorsqu’elle fait d’un coup dans les premiers cerveaux,Comme ces pissenlits…

  • Croquis parisien

    Croquis parisien

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Eaux-Fortes Croquis parisien La lune plaquait ses teintes de zincPar angles obtus.Des bouts de fumée en forme de cinqSortaient drus et noirs des hauts toits pointus. Le ciel était gris. La bise pleuraitAinsi qu’un basson.Au loin, un matou frileux et discretMiaulait d’étrange et grêle façon. Moi,…

  • Monsieur Prudhomme

    Monsieur Prudhomme

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Caprices Monsieur Prudhomme Il est grave : il est maire et père de famille.Son faux col engloutit son oreille. Ses yeuxDans un rêve sans fin flottent, insoucieux,Et le printemps en fleur sur ses pantoufles brille. Que lui fait l’astre d’or, que lui fait la charmilleOù l’oiseau…

  • Cauchemar

    Cauchemar

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Eaux-Fortes Cauchemar J’ai vu passer dans mon rêve-Tel l’ouragan sur la grève,-D’une main tenant un glaiveEt de l’autre un sablier,Ce cavalier Des ballades d’AllemagneQu’à travers ville et campagne,Et du fleuve à la montagne,Et des forêts au vallon,Un étalon Rouge-flamme et noir d’ébène,Sans bride, ni mors, ni…

  • Initium

    Initium

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) Initium Les violons mêlaient leur rire au chant des flûtesEt le bal tournoyait quand je la vis passerAvec ses cheveux blonds jouant sur les volutesDe son oreille où mon Désir comme un baiserS’élançait et voulait lui parler sans oser. Cependant elle allait, et la mazurque lenteLa portait…

  • Marine

    Marine

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Eaux-Fortes Marine L’Océan sonorePalpite sous l’oeilDe la lune en deuilEt palpite encore, Tandis qu’un éclairBrutal et sinistreFend le ciel de bistreD’un long zigzag clair, Et que chaque lame,En bonds convulsifs,Le long des récifsVa, vient, luit et clame, Et qu’au firmament,Où l’ouragan erre,Rugit le tonnerreFormidablement.   Paul…

  • Çavitrî

    Çavitrî

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) Çavitrî (MAHABHARATTA) Pour sauver son époux, Çavitrî fit le voeuDe se tenir trois jours entiers, trois nuits entières,Debout, sans remuer jambes, buste ou paupières :Rigide, ainsi que dit Vyaça, comme un pieu. Ni Çurya, tes rais cruels, ni la langueurQue Tchandra vient épandre à minuit sur les cimesNe…

  • Effet de nuit

    Effet de nuit

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Eaux-Fortes Effet de nuit La nuit. La pluie. Un ciel blafardque déchiquetteDe flèches et de tours à jour la silhouetteD’une ville gothique éteinte au lointain gris.La plaine. Un gibet plein de pendus rabougrisSecoués par le bec avide des corneillesEt dansant dans l’air noir des gigues nonpareilles,Tandis…

  • Sur urbe

    Sur urbe

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) Sur urbe Les petits ifs du cimetièreFrémissent au vent hiémal,Dans la glaciale lumière. Avec des bruits sourds qui font mal,Les croix de bois des tombes neuvesVibrent sur un ton anormal. Silencieux comme les fleuves,Mais gros de pleurs comme eux de flots,Les fils, les mères et les veuves,…

  • Grotesques

    Grotesques

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Eaux-Fortes Grotesques Leurs jambes pour toutes montures,Pour tous biens l’or de leurs regards,Par le chemin des aventuresIls vont hailloneux et hagards. Le sage, indigné, les harangue;Le sot plaint ces fous hasardeux;Les enfants leur tirent la langueEt les filles se moquent d’eux. C’est qu’odieux et ridicules,Et maléfiques…

  • Sérénade

    Sérénade

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) Sérénade Comme la voix d’un mort qui chanteraitDu fond de sa fosse,Maîtresse, entends monter vers ton retraitMa voix aigre et fausse. Ouvre ton âme et ton oreille au sonDe la mandoline:Pour toi j’ai fait, pour toi, cette chansonCruelle et câline. Je chanterai tes yeux d’or et d’onyxPurs…

  • Soleils couchants

    Soleils couchants

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Paysages tristes Soleils couchants Une aube affaiblieVerse par les champsLa mélancolieDes soleils couchants. La mélancolieBerce de doux chantsMon coeur qui s’oublieAux soleils couchants. Et d’étranges rêves,Comme des soleilsCouchants, sur les grèves,Fantômes vermeils, Défilent sans trêves,Défilent, pareilsA de grands soleilsCouchants sur les grèves.   Paul Verlaine  …