Catégorie : Verlaine – Amour (1888)

  • Un veuf parle

    Un veuf parle

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Un veuf parle Je vois un groupe sur la mer.Quelle mer ? Celle de mes larmes.Mes yeux mouillés du vent amerDans cette nuit d’ombre et d’alarmesSont deux étoiles sur la mer. C’est une toute jeune femmeEt son enfant déjà tout grand.Dans une barque où nul ne rame,Sans mât ni…

  • À Emmanuel Chabrier

    À Emmanuel Chabrier

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) À Emmanuel Chabrier Chabrier, nous faisions, un ami cher et moi,Des paroles pour vous qui leur donniez des ailes,Et tous trois frémissions quand, pour bénir nos zèles,Passait l’Ecce Deus et le Je ne sais quoi. Chez ma mère charmante et divinement bonne,Votre génie improvisait au piano,Et c’était tout autour comme…

  • Ô ses lettres d’alors !

    Ô ses lettres d’alors !

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Ô ses lettres d’alors ! Ô ses lettres d’alors ! les miennes elles-mêmes !Je ne crois pas qu’il soit des choses plus suprêmes.J’étais, je ne puis dire mieux, vraiment très bien,Ou plutôt, je puis dire tout, vraiment chrétien.J’éclatais de sagesse et de sollicitude,Je mettais tout mon…

  • L’affreux Ivry dévorateur

    L’affreux Ivry dévorateur

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois L’affreux Ivry dévorateur L’affreux Ivry dévorateurA tes reliques dans sa terreSous de pâles fleurs sans odeurEt des arbres nains sans mystère. Je laisse les charniers flétrisOù gît la moitié de Paris. Car, mon fils béni, tu reposesSur le territoire d’Ivry-Commune, où, du moins, mieux encloses,Les tombes dorment à…

  • Il parle encore

    Il parle encore

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Il parle encore Ni pardon ni répit, dit le monde,Plus de place au sénat du loisir !On rend grâce et justice au désirQui te prend d’une paix si profonde,Et l’on eût fait trêve avec plaisir,Mais la guerre est jalouse: il faut vivreOu mourir du combat qui t’enivre. Aussi bien…

  • À Edmond Thomas

    À Edmond Thomas

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) À Edmond Thomas Mon ami, vous m’avez, quoiqu’encore si jeune,Vu déjà bien divers, mais ondoyant jamais !Direct et bref, oui : tels les Juins suivent les Mais,Ou comme un affamé de la veille déjeune. Homme de primesault et d’excès, je le suis,D’aventure et d’erreur, allons, je le concède,Soit, bien, mais…

  • Mon fils est brave

    Mon fils est brave

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Mon fils est brave Mon fils est brave : il va sur son cheval de guerre,Sans reproche et sans peur par la route du bien,Un dur chemin d’embûche et de piège où naguèreEncore il fut blessé mais vainquit en chrétien. Mon fils est fier : en vain…

  • Ô Nouvelle-Forêt !

    Ô Nouvelle-Forêt !

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Ô Nouvelle-Forêt ! Ô Nouvelle-Forêt ! nom de féerie et d’armes !Le mousquet a souvent rompu philtres et charmesSous tes rameaux où le rossignol s’effarait.Ô Shakspeare ! ô Cromwell ! ô Nouvelle-Forêt !Nom désormais joli seulement, plus tragiqueNi magique, mais, par une aimable logique,Encadrant Lymington, vieux…

  • Ballade en rêve

    Ballade en rêve

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Ballade en rêve                                                 Au docteur Louis Jullien. J’ai rêvé d’elle, et nous nous pardonnionsNon pas nos torts, il n’en est en amour,Mais l’absolu de nos opinionsEt que la vie ait pour nous pris ce tour.Simple elle était comme au temps de ma cour,En robe grise et verte et…

  • À Charles Morice

    À Charles Morice

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) À Charles Morice Impérial, royal, sacerdotal, comme uneRépublique Française en ce Quatre-vingt-treizeBrûlant empereur, roi, prêtre dans sa fournaise,Avec la danse, autour, de la grande Commune ; L’étudiant et sa guitare et sa fortuneÀ travers les décors d’une Espagne mauvaise,Mais blanche de pieds nains et noire d’yeux de braise,Héroïque au soleil…

  • Ô l’odieuse obscurité

    Ô l’odieuse obscurité

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Ô l’odieuse obscurité Ô l’odieuse obscuritéDu jour le plus gai de l’annéeDans la monstrueuse citéOù se fit notre destinée ! Au lieu du bonheur attendu,Quel deuil profond, quelles ténèbres !J’en étais comme un mort et tuFlottais en des pensers funèbres. La nuit croissait avec le jourSur notre vitre…

  • Ta voix grave et basse

    Ta voix grave et basse

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Ta voix grave et basse Ta voix grave et bassePourtant était douceComme du velours,Telle, en ton discours,Sur de sombre mousseDe belle eau qui passe. Ton rire éclataitSans gêne et sans art,Franc, sonore et libre.Tel, au bois qui vibre,Un oiseau qui partTrillant son motet. Cette voix, ce rireFont dans…

  • Adieu

    Adieu

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Adieu Hélas ! je n’étais pas fait pour cette haineEt pour ce mépris plus forts que moi que j’ai.Mais pourquoi m’avoir fait cet agneau sans laineEt pourquoi m’avoir fait ce coeur outragé ? J’étais né pour plaire à toute âme un peu fière,Sorte d’homme en rêve et capable du…

  • À Maurice du Plessys

    À Maurice du Plessys

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) À Maurice du Plessys Je vous prends à témoin entre tous mes amis,Vous qui m’avez connu dès l’extrême infortune,Que je fus digne d’elle, à Dieu seul tout soumis,Sans criard désespoir ni jactance importune, Simple dans mon mépris pour des revanches vilesEt dans l’immense effort en détournant leurs coups,Calme à travers…

  • Tout en suivant ton blanc convoi

    Tout en suivant ton blanc convoi

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Tout en suivant ton blanc convoi … Tout en suivant ton blanc convoi, je me disaisPourtant : C’est vrai, Dieu t’a repris quand tu faisaisSa joie et dans l’éclair de ta blanche innocence.Plus tard la Femme eût mis sans doute en sa puissanceTon cœur ardent vers…

  • Ballade en l’honneur de Louise Michel

    Ballade en l’honneur de Louise Michel

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Ballade en l’honneur de Louise Michel Madame et Pauline Roland,Charlotte, Théroigne, Lucile,Presque Jeanne d’Arc, étoilantLe front de la foule imbécile,Nom des cieux, cœur divin qu’exileCette espèce de moins que rienFrance bourgeoise au dos facile,Louise Michel est très bien. Elle aime le Pauvre âpre et francOu timide, elle est la faucilleDans…

  • À propos d’un « centenaire »

    À propos d’un « centenaire »

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) À propos d’un « centenaire » de Calderon (1600-1681)                                            À José Maria de Heredia Ce poète terrible et divinement doux,Plus large que Corneille et plus haut que Shakspeare,Grand comme Eschyle avec ce souffle qui l’inspire,Ce Calderon mystique et mythique est à nous. Oui, cette gloire est nôtre et nous voici jalouxDe le…

  • Il patinait merveilleusement

    Il patinait merveilleusement

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Il patinait merveilleusement Il patinait merveilleusement,S’élançant, qu’impétueusement !R’arrivant si joliment vraiment. Fin comme une grande jeune fille,Brillant, vif et fort, telle une aiguille,La souplesse, l’élan d’une anguille. Des jeux d’optique prestigieux,Un tourment délicieux des yeux,Un éclair qui serait gracieux. Parfois il restait comme invisible,Vitesse en route vers une cibleSi…

  • Batignolles

    Batignolles

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Batignolles Un grand bloc de grès ; quatre noms : mon pèreEt ma mère et moi, puis mon fils bien tard,Dans l’étroite paix du plat cimetièreBlanc et noir et vert, au long du rempart. Cinq tables de grès ; le tombeau nu, fruste,En un carré long, haut d’un mètre et…

  • À Louis II de Bavière

    À Louis II de Bavière

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) À Louis II de Bavière Roi, le seul vrai roi de ce siècle, salut, Sire,Qui voulûtes mourir vengeant votre raisonDes choses de la politique, et du délireDe cette Science intruse dans la maison, De cette Science assassin de l’OraisonEt du Chant et de l’Art et de toute la Lyre,Et simplement…