Catégorie : Paul Verlaine
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Nuit du Walpurgis classique
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Paysages tristes Nuit du Walpurgis classique C’est plutôt le sabbat du second Faust que l’autre,Un rythmique sabbat, rythmique, extrêmementRhytmique. -Imaginez un jardin de Lenôtre,Correct, ridicule et charmant. Des ronds-points; au milieu, des jets d’eau; des alléesToutes droites; sylvains de marbre; dieux marinsDe bronze; ça et là…
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Dans les bois
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) Dans les bois D’autres, des innocents ou bien des lymphatiques, Ne trouvent dans les bois que charmes langoureux,Souffles frais et parfums tièdes. Ils sont heureux!D’autres s’y sentent pris rêveurs d’effrois mystiques. Ils sont heureux ! Pour moi, nerveux, et qu’un remordsÉpouvantable et vague affole sans relâche,Par les…
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Sonnet boiteux
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Sonnet boiteux À Ernest Delahaye. Ah ! vraiment c’est triste, ah ! vraiment ça finit trop mal.Il n’est pas permis d’être à ce point infortuné.Ah ! vraiment c’est trop la mort du naïf animalQui voit tout son sang couler…
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La pucelle
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Vers Jeunes La pucelle À Robert Caze. Quand déjà pétillait et flambait le bûcher,Jeanne qu’assourdissait le chant brutal des prêtres,Sous tous ces yeux dardés de toutes ces fenêtresSentit frémir sa chair et son âme broncher. Et semblable aux agneaux que revend au boucherLe…
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L’Impénitence finale
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Naguère L’Impénitence finale À Catulle Mendès. La petite marquise Osine est toute belle,Elle pourrait aller grossir la ribambelleDes folles de Watteau sous leur chapeau de fleursEt de soleil, mais comme on dit, elle aime ailleursParisienne en tout, spirituelle et bonneEt mauvaise à ne rien redouter…
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Ballade en l’honneur de Louise Michel
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Ballade en l’honneur de Louise Michel Madame et Pauline Roland,Charlotte, Théroigne, Lucile,Presque Jeanne d’Arc, étoilantLe front de la foule imbécile,Nom des cieux, cœur divin qu’exileCette espèce de moins que rienFrance bourgeoise au dos facile,Louise Michel est très bien. Elle aime le Pauvre âpre et francOu timide, elle est la faucilleDans…
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À propos d’un « centenaire »
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) À propos d’un « centenaire » de Calderon (1600-1681) À José Maria de Heredia Ce poète terrible et divinement doux,Plus large que Corneille et plus haut que Shakspeare,Grand comme Eschyle avec ce souffle qui l’inspire,Ce Calderon mystique et mythique est à nous. Oui, cette gloire est nôtre et nous voici jalouxDe le…
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Il patinait merveilleusement
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Il patinait merveilleusement Il patinait merveilleusement,S’élançant, qu’impétueusement !R’arrivant si joliment vraiment. Fin comme une grande jeune fille,Brillant, vif et fort, telle une aiguille,La souplesse, l’élan d’une anguille. Des jeux d’optique prestigieux,Un tourment délicieux des yeux,Un éclair qui serait gracieux. Parfois il restait comme invisible,Vitesse en route vers une cibleSi…
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Batignolles
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Batignolles Un grand bloc de grès ; quatre noms : mon pèreEt ma mère et moi, puis mon fils bien tard,Dans l’étroite paix du plat cimetièreBlanc et noir et vert, au long du rempart. Cinq tables de grès ; le tombeau nu, fruste,En un carré long, haut d’un mètre et…
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Prologue d’un Livre
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Parallèlement (1889) — Révérence parler Prologue d’un Livre dont il ne paraîtra que les extraits ci-après Ce n’est pas de ces dieux foudroyés,Ce n’est pas encore une infortunePoétique autant qu’inopportune,Ô lecteur de bon sens, ne fuyez ! On sait trop tout le prix du malheurPour le perdre en disert gaspillage.Vous n’aurez…
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L’Impénitent
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Parallèlement (1889) L’Impénitent Rôdeur vanné, ton œil fanéTout plein d’un désir satanéMais qui n’est pas l’œil d’un bélître,Quand passe quelqu’un de gentilLance un éclair comme une vitre. Ton blaire flaire, âpre et subtil,Et l’étamine et le pistil,Toute fleur, tout fruit, toute viande,Et ta langue d’homme entenduPourlèche ta lèvre friande. Vieux faune en…
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Aspiration
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Premiers Vers (1858 à 1866) Aspiration Des ailes ! Des ailes ! (Rûckert) Cette vallée est triste et grise : un froid brouillardPèse sur elle ;L’horizon est ridé comme un front de vieillard ;Oiseau, gazelle,Prêtez-moi votre vol ; éclair, emporte-moi !Vite, bien vite,Vers ces plaines du ciel où le…
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Vas unguentatum
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Femmes (1890) Vas unguentatum Admire la brèche moiréeEt le ton rose-blanc qu’y metLa trace encor de mon entréeAu paradis de Mahomet. Vois, avec un plaisir d’artiste,Ô mon vieux regard fatiguéD’ordinaire à bon droit si triste,Ce spectacle opulent et gai, Dans un mol écrin de pelucheNoire aux reflets de cuivre rouxQui serpente comme…
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La saison qui s’avance
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Chansons pour Elle (1891) La saison qui s’avance La saison qui s’avance.Nous baille la défenseD’user des us d’été,Le frisson de l’automneDéjà nous pelotonneDans le lit mieux fêté. Fi de l’été morose,Toujours la même chose :« J’ai chaud, t’as chaud, dormons ! »Dormir au lieu de vivre,S’ennuyer comme un livre …Voici…
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J’ai rêvé de toi cette nuit
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Chansons pour Elle (1891) J’ai rêvé de toi cette nuit J’ai rêvé de toi cette nuit:Tu te pâmais en mille posesEt roucoulais des tas de choses … Et moi, comme on savoure un fruit,Je te baisais à bouche pleineUn peu partout, mont, val ou plaine. J’étais d’une élasticité,D’un ressort vraiment…
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Beams
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Romances sans paroles (1874) — Aquarelles Beams Elle voulut aller sur les flots de la mer,Et comme un vent bénin soufflait une embellie,Nous nous prêtâmes tous à sa belle folie,Et nous voilà marchant par le chemin amer. Le soleil luisait haut dans le ciel calme et lisse,Et dans ses cheveux…
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Le bruit des cabarets …
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : La Bonne Chanson (1870) Le bruit des cabarets … Le bruit des cabarets, la fange des trottoirs,Les platanes déchus s’effeuillant dans l’air noir,L’omnibus, ouragan de ferraille et de boues,Qui grince, mal assis entre ses quatre roues,Et roule ses yeux verts et rouges lentement,Les ouvriers allant au club, tout en fumantLeur…
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Petits amis qui sûtes …
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Sagesse (1880) — Partie I Petits amis qui sûtes … Petits amis qui sûtes nous prouverPar A plus B que deux et deux font quatre,Mais qui depuis voulez paracheverUne victoire où l’on se laissait battre, Et couronner vos conquêtes d’un coupPar ce soufflet à la mémoire humaine:« Dieu ne vous a…
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Vous êtes calme, vous voulez un voeu discret …
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Sagesse (1880) — Partie II Vous êtes calme, vous voulez un voeu discret … Vous êtes calme, vous voulez un voeu discret,Des secrets à mi-voix dans l’ombre et le silence,Le coeur qui se répand plutôt qu’il ne s’élance,Et ces timides, moins transis qu’il ne paraît. Vous accueillez d’un geste exquis…
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La mer est plus belle …
{loadnavigation} Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Sagesse (1880) — Partie III La mer est plus belle … La mer est plus belleQue les cathédrales,Nourrice fidèle,Berceuse de râles,La mer sur qui prieLa Vierge Marie ! Elle a tous les donsTerribles et doux.J’entends ses pardonsGronder ses courroux.Cette immensitéN’a rien d’entêté. Oh! si patiente,Même quand méchante !Un souffle ami…