Catégorie : Paul Verlaine

  • Colombine

    Colombine

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Colombine Léandre le sot,Pierrot qui d’un sautDe puceFranchit le buisson,Cassandre sous sonCapuce, Arlequin aussi,Cet aigrefin siFantasqueAux costumes fous,Ses yeux luisants sousSon masque, – Do, mi, sol, mi, fa, –Tout ce monde va,Rit, chanteEt danse devantUne belle enfantMéchante Dont les yeux perversComme les yeux vertsDes chattesGardent ses appasEt…

  • Marine

    Marine

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Eaux-Fortes Marine L’Océan sonorePalpite sous l’oeilDe la lune en deuilEt palpite encore, Tandis qu’un éclairBrutal et sinistreFend le ciel de bistreD’un long zigzag clair, Et que chaque lame,En bonds convulsifs,Le long des récifsVa, vient, luit et clame, Et qu’au firmament,Où l’ouragan erre,Rugit le tonnerreFormidablement.   Paul…

  • Çavitrî

    Çavitrî

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) Çavitrî (MAHABHARATTA) Pour sauver son époux, Çavitrî fit le voeuDe se tenir trois jours entiers, trois nuits entières,Debout, sans remuer jambes, buste ou paupières :Rigide, ainsi que dit Vyaça, comme un pieu. Ni Çurya, tes rais cruels, ni la langueurQue Tchandra vient épandre à minuit sur les cimesNe…

  • Pierrot

    Pierrot

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Pierrot                                                 À Léon Valade. Ce n’est plus le rêveur lunaire du vieil airQui riait aux aïeux dans les dessus de porte ;Sa gaîté, comme sa chandelle, hélas ! est morte,Et son spectre aujourd’hui nous hante, mince et clair.  Et…

  • Luxures

    Luxures

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Luxures                                                 À Léo Trézenik. Chair ! ô seul fruit mordu des vergers d’ici-bas,Fruit amer et sucré qui jutes aux dents seulesDes affamés du seul amour, bouches ou gueules,Et bon dessert des forts, et leurs joyeux repas,  Amour ! le…

  • L’aube à l’envers

    L’aube à l’envers

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – À la manière de plusieurs L’aube à l’envers                                                 À Louis Dumoulin. Le Point-du-Jour avec Paris au large,Des chants, des tirs, les femmes qu’on « rêvait »,La Seine claire et la foule qui faitSur ce poème un vague essai de charge. On danse aussi, car tout est…

  • Sur un reliquaire

    Sur un reliquaire

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Sur un reliquaire qu’on lui avait dérobé Seul bijou de ma pauvreté,Ton mince argent, ta perle fausse(En tout quatre francs), ont tentéQuelqu’un dont l’esprit ne se hausse, Parmi ces paysans cafardsÀ vous dégoûter d’être au monde,– Tas d’Onans et de Putiphars ! –Que juste au niveau de l’immonde, Et le…

  • À Émile Blémont

    À Émile Blémont

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) À Émile Blémont La vindicte bourgeoise assassinait mon nomChinoisement, à coups d’épingle, quelle affaire !Et la tempête allait plus âpre dans mon verre.D’ailleurs du seul grief, Dieu bravé, pas un non, Pas un oui, pas un mot ! L’Opinion sévèreMais juste s’en moquait autant qu’une guenonDe noix vides. Ce bœuf…

  • Ô la Femme ! Prudent, sage

    Ô la Femme ! Prudent, sage

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Ô la Femme ! Prudent, sage, calme ennemi, Ô la Femme ! Prudent, sage, calme ennemi,N’exagérant jamais ta victoire à demi,Tuant tous les blessés, pillant tout le butin,Et répandant le fer et la flamme au lointain,Ou bon ami, peu sûr mais tout de même bon,Et doux,…

  • Tu mourus dans la salle Serre

    Tu mourus dans la salle Serre

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Tu mourus dans la salle Serre Tu mourus dans la salle Serre,À l’hospice de la Pitié :On avait jugé nécessaireDe t’y mener mort à moitié. J’ignorais cet acte funeste.Quand j’y courus et que j’y fus,Ce fut pour recueillir le resteDe ta vie en propos confus. Et puis, et…

  • À la princesse Roukhine

    À la princesse Roukhine

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Parallèlement (1889) — Filles À la princesse Roukhine      « Capellos de Angelos. »       (Friandise espagnole.) C’est une laide de BoucherSans poudre dans sa chevelure,Follement blonde et d’une allureVénuste à tous nous débaucher. Mais je la crois mienne entre tous,Cette crinière tant baisée,Cette cascatelle embraséeQui m’allume par tous les bouts. Elle est…

  • Autre Explication

    Autre Explication

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Parallèlement (1889) — Lunes Autre Explication Amour qui ruisselais de flammes et de lait,Qu’est devenu ce temps, et comme est-ce qu’elle est,La constance sacrée au chrême des promesses ?Elle ressemble une putain dont les prouessesEmpliraient cent bidets de futurs foetus froids ;Et le temps a crû mais pire, tels les…

  • Ballade de la Mauvaise Réputation

    Ballade de la Mauvaise Réputation

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Parallèlement (1889) Ballade de la Mauvaise Réputation Il eut des temps quelques argentsEt régla ses camaradesD’un sexe ou deux, intelligentsOu charmants, ou bien les deux grades,Si que dans les esprits maladesSa bonne réputationSubit que de dégringolades !Lucullus ? Non. Trimalcion. Sous ses lambris, c’étaient des chantsEt des paroles point trop fades.Éros…

  • À celle qu’on dit froide

    À celle qu’on dit froide

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Femmes (1890) À celle qu’on dit froide Tu n’es pas la plus amoureuseDe celles qui m’ont pris ma chair ;Tu n’es pas la plus savoureuseDe mes femmes de l’autre hiver. Mais je t’adore tout de même !D’ailleurs ton corps doux et béninA tout, dans son calme suprême,De si grassement féminin, De si…

  • Morale en raccourci

    Morale en raccourci

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Femmes (1890) Morale en raccourci Une tête blonde et de grâce pâmée,Sous un cou roucouleur de beaux tétons bandants,Et leur médaillon sombre à la mamme enflammée,Ce buste assis sur des coussins bas, cependantQu’entre deux jambes, très vibrantes, très en l’air,Une femme à genoux vers quels soins occupée,Amour le sait —…

  • L’été ne fut pas adorable

    L’été ne fut pas adorable

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Chansons pour Elle (1891) L’été ne fut pas adorable L’été ne fut pas adorableAprès cet hiver infernal,Et quel printemps défavorable !Et l’automne commence mal,Bah ! nous nous réchauffâmes En mêlant nos deux âmes. La pauvreté, notre compagne Dont nous nous serions bien passés, Vainement menait la campagne Durant tous ces…

  • C’est l’extase langoureuse

    C’est l’extase langoureuse

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Romances sans paroles (1874) — Ariettes oubliées C’est l’extase langoureuse C’est l’extase langoureuse,C’est la fatigue amoureuse,C’est tous les frissons des boisParmi l’étreinte des brises,C’est, vers les ramures grises,Le choeur des petites voix. Ô le frêle et frais murmure !Cela gazouille et susurre,Cela ressemble au cri douxQue l’herbe agitée expire…Tu dirais, sous…

  • Green

    Green

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Romances sans paroles (1874) — Aquarelles Green Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branchesEt puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanchesEt qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux. J’arrive tout couvert encore de roséeQue…

  • Quinze longs jours …

    Quinze longs jours …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : La Bonne Chanson (1870) Quinze longs jours … Quinze longs jours encore et plus de six semainesDéjà ! Certes, parmi les angoisses humainesLa plus dolente angoisse est celle d’être loin. On s’écrit, on se dit comme on s’aime; on a soinD’évoquer chaque jour la voix, les yeux, le gesteDe l’être…

  • Beauté des femmes …

    Beauté des femmes …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Sagesse (1880) — Partie I Beauté des femmes … Beauté des femmes, leur faiblesse, et ces mains pâlesQui font souvent le bien et peuvent tout le mal.Et ces yeux, où plus rien ne reste d’animalQue juste assez pour dire: « assez » aux fureurs mâles Et toujours, maternelle endormeuse des râles,Même quand…