Catégorie : Paul Verlaine

  • There

    There

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) There                                                 À Émile Le Brun. « Angels », seul coin luisant dans ce Londres du soir,Où flambe un peu de gaz et jase quelque foule,C’est drôle que, semblable à tel très dur espoir,Ton souvenir m’obsède et puissamment enrouleAutour de mon esprit un regret rouge et noir: Devantures, chansons, omnibus et les…

  • Angélus de Midi

    Angélus de Midi

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Angélus de Midi Je suis dur comme un juif et têtu comme lui,Littéral, ne faisant le bien qu’avec ennui,Quand je le fais, et prêt à tout le mal possible ; Mon esprit s’ouvre et s’offre, on dirait une cible ;Je ne puis plus compter les chutes de mon cœur ;La…

  • Paysages

    Paysages

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Paysages                                            À Anatole Baju Au pays de mon père on voit des bois sans nombre.Là des loups font parfois luire leurs yeux dans l’ombreEt la myrtille est noire au pied du chêne vert.Noire de profondeur, sur l’étang découvert,Sous la bise soufflant balsamiquement dureL’eau saute à petits flots, minéralement pure.Les…

  • Ce portrait qui n’est pas ..

    Ce portrait qui n’est pas ..

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Ce portrait qui n’est pas ressemblant Ce portrait qui n’est pas ressemblant,Qui fait roux tes cheveux noirs plutôt,Qui fait rose ton teint brun plutôt,Ce pastel, comme il est ressemblant ! Car il peint la beauté de ton âme,La beauté de ton âme un peu sombreMais si claire…

  • Printemps

    Printemps

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Parallèlement (1889) — Les Amies Printemps Tendre, la jeune femme rousse,Que tant d’innocence émoustille,Dit à la blonde jeune filleCes mots, tout bas, d’une voix douce : « Sève qui monte et fleur qui pousse,Ton enfance est une charmille :Laisse errer mes doigts dans la mousseOù le bouton de rose brille, « Laisse-moi,…

  • Je veux, pour te tuer …

    Je veux, pour te tuer …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Parallèlement (1889) — Lunes Je veux, pour te tuer … Je veux, pour te tuer, ô temps qui me dévastes,Remonter jusqu’aux jours bleuis des amours chastesEt bercer ma luxure et ma honte au bruit douxDe baisers sur Sa main et non plus dans Leurs cous.Le Tibère effrayant que je suis…

  • Pierrot Gamin

    Pierrot Gamin

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Parallèlement (1889) Pierrot Gamin Ce n’est pas Pierrot en herbeNon plus que Pierrot en gerbe,C’est Pierrot, Pierrot, Pierrot.Pierrot gamin, Pierrot gosse,Le cerneau hors de la cosse,C’est Pierrot, Pierrot, Pierrot ! Bien qu’un rien plus haut qu’un mètre,Le mignon drôle sait mettreDans ses yeux l’éclair d’acierQui sied au subtil génieDe sa malice…

  • L’Apollon de Pont-Audemer

    L’Apollon de Pont-Audemer

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Premiers Vers (1858 à 1866) L’Apollon de Pont-Audemer Un solide gaillard ! dix-huit ans : larges bras ;Mains à vous arracher la tête de l’épaule ;Sur un front bas et dur, cheveux roux, coupés ras.Puis, à la danse, il a, ma foi, crâne air, le drôle ! Les enfants poussent…

  • Régals

    Régals

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Femmes (1890) Régals Croise tes cuisses sur ma têteDe façon à ce que ma langue,Taisant toute sotte harangue,Ne puisse plus que faire fêteÀ ton con ainsi qu’à ton cuDont je suis là jamais vaincuComme de tout ton corps, du reste,Et de ton âme mal célesteEt de ton esprit carnassierQui dévore…

  • Es-tu brune ou blonde ?

    Es-tu brune ou blonde ?

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Chansons pour Elle (1891) Es-tu brune ou blonde ? Es-tu brune ou blonde ? Sont-ils noirs ou bleus, Tes yeux ? Je n’en sais rien, mais, j’aime leur clarté profonde, Mais,j’adore le désordre de tes cheveux. Es-tu douce ou dure ? Est-il sensible ou moqueur, Ton coeur ? Je n’en…

  • Bruxelles – Chevaux de bois

    Bruxelles – Chevaux de bois

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Romances sans paroles (1874) — Paysages Belges Bruxelles – Chevaux de bois Tournez, tournez, bons chevaux de bois,Tournez cent tours, tournez mille tours,Tournez souvent et tournez toujours,Tournez, tournez au son des hautbois. Le gros soldat, la plus grosse bonneSont sur vos dos comme dans leur chambre,Car en ce jour au…

  • Le paysage dans le cadre …

    Le paysage dans le cadre …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : La Bonne Chanson (1870) Le paysage dans le cadre … Le paysage dans le cadre des portièresCourt furieusement, et des plaines entièresAvec de l’eau, des blés, des arbres et du cielVont s’engouffrant parmi le tourbillon cruelOù tombent les poteaux minces du télégrapheDont les fils ont l’allure étrange d’un paraphe. Une…

  • J’avais peiné comme Sisyphe…

    J’avais peiné comme Sisyphe…

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Sagesse (1880) — Partie I J’avais peiné comme Sisyphe … J’avais peiné comme SisypheEt comme Hercule travailléContre la chair qui se rebiffe. J’avais lutté, j’avais bailléDes coups à trancher des montagnes,Et comme Achille ferraillé. Farouche ami qui m’accompagnes,Tu le sais, courage païen,Si nous en fîmes des campagnes, Si nous avons…

  • Et j’ai revu l’enfant unique …

    Et j’ai revu l’enfant unique …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Sagesse (1880) — Partie I Et j’ai revu l’enfant unique … Et j’ai revu l’enfant unique: il m’a sembléQue s’ouvrait dans mon coeur la dernière blessure,Celle dont la douleur plus exquise m’assureD’une mort désirable en un jour consolé. La bonne flèche aiguë et sa fraîcheur qui dure !En ces instants…

  • Le ciel est, par-dessus le toit …

    Le ciel est, par-dessus le toit …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Sagesse (1880) — Partie III Le ciel est, par-dessus le toit … Le ciel est, par-dessus le toit,Si bleu, si calme !Un arbre, par-dessus le toitBerce sa palme. La cloche dans le ciel qu’on voitDoucement tinte.Un oiseau sur l’arbre qu’on voitChante sa plainte. Mon Dieu, mon Dieu, la vie est…

  • Clair de lune

    Clair de lune

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Clair de lune Votre âme est un paysage choisiQue vont charmant masques et bergamasquesJouant du luth et dansant et quasiTristes sous leurs déguisements fantasques. Tout en chantant sur le mode mineurL’amour vainqueur et la vie opportune,Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheurEt leur chanson se…

  • Lettre

    Lettre

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Lettre Éloigné de vos yeux, Madame, par des soinsImpérieux (j’en prends tous les dieux à témoins),Je languis et je meurs, comme c’est ma coutumeEn pareil cas, et vais, le coeur plein d’amertume,A travers des soucis où votre ombre me suit,Le jour dans mes pensers, dans mes rêves…

  • Croquis parisien

    Croquis parisien

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Eaux-Fortes Croquis parisien La lune plaquait ses teintes de zincPar angles obtus.Des bouts de fumée en forme de cinqSortaient drus et noirs des hauts toits pointus. Le ciel était gris. La bise pleuraitAinsi qu’un basson.Au loin, un matou frileux et discretMiaulait d’étrange et grêle façon. Moi,…

  • Monsieur Prudhomme

    Monsieur Prudhomme

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Caprices Monsieur Prudhomme Il est grave : il est maire et père de famille.Son faux col engloutit son oreille. Ses yeuxDans un rêve sans fin flottent, insoucieux,Et le printemps en fleur sur ses pantoufles brille. Que lui fait l’astre d’or, que lui fait la charmilleOù l’oiseau…

  • En route, mauvaise troupe !

    En route, mauvaise troupe !

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Prologue En route, mauvaise troupe ! En route, mauvaise troupe !Partez, mes enfants perdus !Ces loisirs vous étaient dus:La Chimère tend sa croupe.  Partez, grimpés sur son dos,Comme essaime un vol de rêvesD’un malade dans les brèvesFleurs vagues de ses rideaux.  Ma main…