Catégorie : Paul Verlaine

  • Mains

    Mains

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Parallèlement (1889) Mains Ce ne sont pas des mains d’altesse,De beau prélat quelque peu saint,Pourtant une délicatesseY laisse son galbe succinct. Ce ne sont pas des mains d’artiste,De poète proprement dit,Mais quelque chose comme tristeEn fait comme un groupe en petit ; Car les mains ont leur caractère,C’est tout un monde en…

  • À Don Quichotte

    À Don Quichotte

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Premiers Vers (1858 à 1866) À Don Quichotte Ô Don Quichotte, vieux paladin, grand Bohème,En vain la foule absurde et vile rit de toi :Ta mort fut un martyre et ta vie un poème,Et les moulins à vent avaient tort, ô mon roi ! Va toujours, va toujours, protégé par…

  • Pour Rita

    Pour Rita

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Femmes (1890) Pour Rita J’abomine une femme maigre,Pourtant je t’adore, ô Rita,Avec tes lèvres un peu nègreOù la luxure s’empâta. Avec tes noirs cheveux, obscènesÀ force d’être beaux ainsiEt tes yeux où ce sont des scènesSentant, parole ! le roussi, Tant leur feu sombre et gai quand mêmeD’une si lubrique gaîtéÉclaire de…

  • L’horrible nuit d’insomnie

    L’horrible nuit d’insomnie

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Chansons pour Elle (1891) L’horrible nuit d’insomnie L’horrible nuit d’insomnie ! – Sans la présence bénieDe ton cher corps près de moi, Sans ta bouche tant baisée Encore que trop rusée En toute mauvaise foi, Sans ta bouche tout mensonge,Mais si franche quand j’y songe,Et qui sait me consolerSous l’aspect et…

  • Charleroi

    Charleroi

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Romances sans paroles (1874) — Paysages Belges Charleroi Dans l’herbe noireLes Kobolds vont.Le vent profondPleure, on veut croire. Quoi donc se sent ?L’avoine siffle.Un buisson gifleL’oeil au passant. Plutôt des bougesQue des maisons.Quels horizonsDe forges rouges ! On sent donc quoi ?Des gares tonnent,Les yeux s’étonnent,Où Charleroi ? Parfums sinistres…

  • Puisque l’aube grandit …

    Puisque l’aube grandit …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : La Bonne Chanson (1870) Puisque l’aube grandit … Puisque l’aube grandit, puisque voici l’aurore,Puisque, après m’avoir fui longtemps, l’espoir veut bienRevoler devers moi qui l’appelle et l’implore,Puisque tout ce bonheur veut bien être le mien, C’en est fait à présent des funestes pensées,C’en est fait des mauvais rêves, ah! c’en…

  • J’allais par des chemins perfides …

    J’allais par des chemins perfides …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : La Bonne Chanson (1870) J’allais par des chemins perfides … J’allais par des chemins perfides,Douloureusement incertain.Vos chères mains furent mes guides. Si pâle à l’horizon lointainLuisait un faible espoir d’aurore;Votre regard fut le matin. Nul bruit, sinon son pas sonore,N’encourageait le voyageur.Votre voix me dit: « Marche encore ! » Mon coeur…

  • On n’offense que Dieu …

    On n’offense que Dieu …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Sagesse (1880) — Partie I On n’offense que Dieu … On n’offense que Dieu qui seul pardonne.MaisOn contriste son frère, on l’afflige, on le blesse,On fait gronder sa haine ou pleurer sa faiblesse,Et c’est un crime affreux qui va troubler la paixDes simples, et donner au monde sa pâture,Scandale, coeurs…

  • L’espoir luit comme un brin de paille …

    L’espoir luit comme un brin de paille …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Sagesse (1880) — Partie III L’espoir luit comme un brin de paille … L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable.Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ?Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.Que ne t’endormais-tu, le coude sur la table ? Pauvre âme pâle,…

  • Sainte Thérèse veut que la Pauvreté …

    Sainte Thérèse veut que la Pauvreté …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Sagesse (1880) — Partie III Sainte Thérèse veut que la Pauvreté … Sainte Thérèse veut que la Pauvreté soitLa reine d’ici-bas, et littéralement !Elle dit peu de mots de ce gouvernementEt ne s’arrête point aux détails de surcroît; Mais le Point, à son sens, celui qu’il faut qu’on voieEt croie,…

  • Le Faune

    Le Faune

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Fêtes galantes (1869) Le Faune Un vieux faune de terre cuiteRit au centre des boulingrins,Présageant sans doute une suiteMauvaise à ces instants sereins Qui m’ont conduit et t’ont conduite,– Mélancoliques pélerins, –Jusqu’à cette heure dont la fuiteTournoie au son des tambourins.     Paul Verlaine     {loadposition position_verlaine_galantes} {loadposition…

  • À une femme

    À une femme

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Melancholia À une femme A vous ces vers, de par la grâce consolanteDe vos grands yeux où rit et pleure un rêve doux,De par votre âme pure et toute bonne, à vousCes vers du fond de ma détresse violente. C’est qu’hélas le hideux cauchemar qui me…

  • Jésuitisme

    Jésuitisme

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Caprices Jésuitisme Le chagrin qui me tue est ironique, et jointLe sarcasme qu supplice, et ne torture pointFranchement, mais picote avec un faux sourireEt transforme en spectacle amusant mon martyre,Et, sur la bière où gît mon rêve mi-pourri,Beugle un De profundis sur l’air du Tradéri.C’est un…

  • Le soleil, moins ardent …

    Le soleil, moins ardent …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Poèmes saturniens (1866) — Épilogue Le soleil, moins ardent … Le soleil, moins ardent, luit clair au ciel moins dense.Balancés par un vent automnal et berceur,Les rosiers du jardin s’inclinent en cadence.L’atmosphère ambiante a des baisers de soeur. La Nature a quitté pour cette fois son trôneDe splendeur, d’ironie et…

  • Le Pitre

    Le Pitre

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – Sonnets et autres vers Le Pitre Le tréteau qu’un orchestre emphatique secoueGrince sous les grands pieds du maigre baladinQui harangue non sans finesse et sans dédainLes badauds piétinant devant lui dans la boue.  Le plâtre de son front et le fard de sa…

  • Langueur

    Langueur

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Jadis et Naguère (1884) — Jadis – À la manière de plusieurs Langueur                                                 À Georges Courteline. Je suis l’Empire à la fin de la décadence,Qui regarde passer les grands Barbares blancsEn composant des acrostiches indolentsD’un style d’or où la langueur du soleil danse. L’âme seulette a mal au coeur d’un ennui…

  • Un conte

    Un conte

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Un conte                                                 À J.K.Huysmans. Simplement, comme on verse un parfum sur une flammeEt comme un soldat répand son sang pour la patrie,Je voudrais pouvoir mettre mon coeur avec mon âmeDans un beau cantique à la sainte Vierge Marie. Mais je suis, hélas ! un pauvre pécheur trop indigne,Ma voix…

  • À Fernand Langlois

    À Fernand Langlois

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) À Fernand Langlois Vous vous êtes penché sur ma mélancolie,Non comme un indiscret, non comme un curieux,Et vous avez surpris la clef de ma folie,Tel un consolateur attentif et pieux ; Et vous avez ouvert doucement ma serrure,Y mettant tout le temps, non ainsi qu’un voleur,Mais ainsi que quelqu’un qui…

  • Drapeau vrai

    Drapeau vrai

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) Drapeau vrai                                            À Raymond de la Tailhède Le soldat qui sait bien et veut bien son métierSera l’homme qu’il faut au Devoir inflexible :Le Devoir, qu’il combatte ou qu’il tire à la cible,Qu’il s’essore à la mort ou batte un plat sentier ; Le Devoir, qu’il subisse (et l’aime !)…

  • Puisque encore déjà la sottise …

    Puisque encore déjà la sottise …

    {loadnavigation}  Paul Verlaine (1844-1896)Recueil : Amour (1888) — Lucien Létinois Puisque encore déjà la sottise tempête Puisque encore déjà la sottise tempête,Explique alors la chose, ô malheureux poète. Je connus cet enfant, mon amère douceur,Dans un pieux collège où j’étais professeur.Ses dix-sept ans mutins et maigres, sa réelleIntelligence, et la pureté vraiment belleQue disaient et ses yeux…