Catégorie : Baudelaire – (1866) – Nouvelles fleurs du Mal

  • Un Cabaret folâtre

    Un Cabaret folâtre

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Un Cabaret folâtre sur la route de Bruxelles à Uccle Vous qui raffolez des squelettesEt des emblèmes détestés,Pour épicer les voluptés,(Fût-ce de simples omelettes !) Vieux Pharaon, ô Monselet !Devant cette enseigne imprévue,J’ai rêvé de vous : À la vueDu Cimetière, Estaminet !  …

  • Le Coucher du Soleil romantique

    Le Coucher du Soleil romantique

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Le Coucher du Soleil romantique Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,Comme une explosion nous lançant son bonjour !— Bienheureux celui-là qui peut avec amourSaluer son coucher plus glorieux qu’un rêve ! Je me souviens !… J’ai vu tout, fleur,…

  • Le Gouffre

    Le Gouffre

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Rajouté en 1868 Le Gouffre Pascal avait son gouffre, avec lui se mouvant.— Hélas ! tout est abîme, — action, désir, rêve,Parole ! et sur mon poil qui tout droit se relèveMaintes fois de la Peur je sens passer le vent. En haut, en bas, partout,…

  • Le Jet d’Eau

    Le Jet d’Eau

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Le Jet d’Eau Tes beaux yeux sont las, pauvre amante !Reste longtemps, sans les rouvrir,Dans cette pose nonchalanteOù t’a surprise le plaisir.Dans la cour le jet d’eau qui jaseEt ne se tait ni nuit ni jour,Entretient doucement l’extaseOù ce soir m’a plongé l’amour.              …

  • Le Couvercle

    Le Couvercle

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Rajouté en 1868 Le Couvercle En quelque lieu qu’il aille, ou sur mer ou sur terre,Sous un climat de flamme ou sous un soleil blanc,Serviteur de Jésus, courtisan de Cythère,Mendiant ténébreux ou Crésus rutilant, Citadin, campagnard, vagabond, sédentaire,Que son petit cerveau soit actif ou soit lent,Partout…

  • Les Yeux de Berthe

    Les Yeux de Berthe

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Les Yeux de Berthe Vous pouvez mépriser les yeux les plus célèbres,Beaux yeux de mon enfant, par où filtre et s’enfuitJe ne sais quoi de bon, de doux comme la Nuit !Beaux yeux, versez sur moi vos charmantes ténèbres ! Grands yeux de mon…

  • L’Examen de Minuit

    L’Examen de Minuit

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Rajouté en 1868 L’Examen de Minuit La pendule, sonnant minuit,Ironiquement nous engageÀ nous rappeler quel usageNous fîmes du jour qui s’enfuit :— Aujourd’hui, date fatidique,Vendredi, treize, nous avons,Malgré tout ce que nous savons,Mené le train d’un hérétique. Nous avons blasphémé Jésus,Des Dieux le plus incontestable !Comme…

  • Hymne

    Hymne

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Hymne À la très chère, à la très belleQui remplit mon cœur de clarté,À l’ange, à l’idole immortelle,Salut en l’immortalité ! Elle se répand dans ma vieComme un air imprégné de sel,Et dans mon âme inassouvieVerse le goût de l’éternel. Sachet toujours frais qui parfumeL’atmosphère…

  • L’Avertisseur

    L’Avertisseur

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Rajouté en 1868 L’Avertisseur Tout homme digne de ce nomA dans le cœur un Serpent jaune,Installé comme sur un trône,Qui, s’il dit : « Je veux ! » répond : « Non ! » Plonge tes yeux dans les yeux fixesDes Satyresses ou des Nixes,La Dent…

  • Les Promesses d’un Visage

    Les Promesses d’un Visage

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Les Promesses d’un Visage J’aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés,D’où semblent couler des ténèbres ;Tes yeux, quoique très noirs, m’inspirent des pensersQui ne sont pas du tout funèbres. Tes yeux, qui sont d’accord avec tes noirs cheveux,Avec ta crinière élastique,Tes yeux, languissamment, me…

  • Le Rebelle

    Le Rebelle

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Rajouté en 1868 Le Rebelle Un Ange furieux fond du ciel comme un aigle,Du mécréant saisit à plein poing les cheveux,Et dit, le secouant : « Tu connaîtras la règle !(Car je suis ton bon Ange, entends-tu ?) Je le veux ! Sache qu’il faut aimer,…

  • Le Monstre

    Le Monstre

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Le Monstre ou Le paranymphe d’une nymphe macabre I Tu n’es certes pas, ma très chère,Ce que Veuillot nomme un tendron.Le jeu, l’amour, la bonne chère,Bouillonnent en toi, vieux chaudron !Tu n’es plus fraîche, ma très chère, Ma vieille infante ! Et cependantTes caravanes insenséesT’ont…

  • Les Plaintes d’un Icare

    Les Plaintes d’un Icare

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Rajouté en 1868 Les Plaintes d’un Icare Les amants des prostituéesSont heureux, dispos et repus ;Quant à moi, mes bras sont rompusPour avoir étreint des nuées. C’est grâce aux astres nonpareils,Qui tout au fond du ciel flamboient,Que mes yeux consumés ne voientQue des souvenirs de soleils. En…

  • Vers pour le portrait de M. Honoré Daumier

    Vers pour le portrait de M. Honoré Daumier

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Vers pour le portrait de M. Honoré Daumier Celui dont nous t’offrons l’image,Et dont l’art, subtil entre tous,Nous enseigne à rire de nous,Celui-là, lecteur, est un sage. C’est un satirique, un moqueur ;Mais l’énergie avec laquelleIl peint le Mal et sa séquelle,Prouve la beauté…

  • La Prière d’un Païen

    La Prière d’un Païen

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Rajouté en 1868 La Prière d’un Païen Ah ! ne ralentis pas tes flammes ;Réchauffe mon cœur engourdi,Volupté, torture des âmes !Diva ! supplicem exaudî ! Déesse dans l’air répandue,Flamme dans notre souterrain !Exauce une âme morfondue,Qui te consacre un chant d’airain. Volupté, sois toujours ma reine…

  • Lola de Valence

    Lola de Valence

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Lola de Valence Entre tant de beautés que partout on peut voir,Je comprends bien, amis, que le désir balance ;Mais on voit scintiller en Lola de ValenceLe charme inattendu d’un bijou rose et noir.     Charles Baudelaire     {loadposition position_baudelaire_nouvellesfleurs} {loadposition…

  • Bien loin d’ici

    Bien loin d’ici

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Rajouté en 1868 Bien loin d’ici C’est ici la case sacréeOù cette fille très parée,Tranquille et toujours préparée, D’une main éventant ses seins,Et son coude dans les coussins,Écoute pleurer les bassins : C’est la chambre de Dorothée.— La brise et l’eau chantent au loinLeur chanson de sanglots…

  • Sur Le Tasse en prison d’Eugène Delacroix

    Sur Le Tasse en prison d’Eugène Delacroix

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves Sur Le Tasse en prison d’Eugène Delacroix Le poëte au cachot, débraillé, maladif,Roulant un manuscrit sous son pied convulsif,Mesure d’un regard que la terreur enflammeL’escalier de vertige où s’abîme son âme. Les rires enivrants dont s’emplit la prisonVers l’étrange et l’absurde invitent sa raison…

  • Madrigal triste

    Madrigal triste

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Rajouté en 1868 Madrigal triste I Que m’importe que tu sois sage ?Sois belle ! et sois triste ! Les pleursAjoutent un charme au visage,Comme le fleuve au paysage ;L’orage rajeunit les fleurs. Je t’aime surtout quand la joieS’enfuit de ton front terrassé ;Quand ton cœur…

  • La Voix

    La Voix

    {loadnavigation} Charles Baudelaire (1821-1866)Recueil : Nouvelles Fleurs du Mal (1866) — Les Épaves La Voix Mon berceau s’adossait à la bibliothèque, Babel sombre, où roman, science, fabliau,Tout, la cendre latine et la poussière grecque,Se mêlaient. J’étais haut comme un in-folio. Deux voix me parlaient. L’une, insidieuse et ferme,Disait : « La Terre est un gâteau plein…