Catégorie : Rimbaud – Poésies (1870-1871)
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Les Poètes de sept ans
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Les Poètes de sept ans À M. P. Demeny Et la Mère, fermant le livre du devoir,S’en allait satisfaite et très fière, sans voir,Dans les yeux bleus et sous le front plein d’éminences,L’âme de son enfant livrée aux répugnances. Tout le jour il suait d’obéissance ; trèsIntelligent ;…
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Les Pauvres à l’église
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Les Pauvres à l’église Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d’égliseQu’attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeuxVers le chœur ruisselant d’orrie et la maîtriseAux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ; Comme un parfum de pain humant l’odeur de cire,Heureux, humiliés comme des chiens battus,Les Pauvres…
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Le Coeur Du Pitre
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Le Coeur Du Pitre Mon triste Coeur bave à la poupe,Mon coeur est plein de caporal:Ils y lancent des jets de soupe,Mon triste Coeur bave à la poupe:Sous les quolibets de la troupeQui pousse un rire général,Mon triste coeur bave à la poupe,Mon coeur est plein de…
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L’Orgie parisienne ou Paris se repeuple
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) L’Orgie parisienne ou Paris se repeuple Ô lâches, la voilà ! Dégorgez dans les gares !Le soleil expia de ses poumons ardentsLes boulevards qu’un soir comblèrent les Barbares.Voilà la Cité belle, assise à l’occident ! Allez ! on préviendra les reflux d’incendie,Voilà les quais, voilà les boulevards, voilàSur…
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Les Mains de Jeanne-Marie
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Les Mains de Jeanne-Marie Jeanne-Marie a des mains fortes,Mains sombres que l’été tanna,Mains pâles comme des mains mortes.— Sont-ce des mains de Juana ? Ont-elles pris les crèmes brunesSur les mares des voluptés ?Ont-elles trempé dans des lunesAux étangs de sérénités ? Ont-elles bu des cieux barbares,Calmes sur les…
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Les Sœurs de Charité
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Les Sœurs de Charité Le jeune homme dont l’œil est brillant, la peau brune,Le beau corps de vingt ans qui devrait aller nu,Et qu’eût, le front cerclé de cuivre, sous la luneAdoré, dans la Perse, un Génie inconnu, Impétueux avec des douceurs virginalesEt noires, fier de ses premiers…
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Voyelles
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Voyelles A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,Je dirai quelque jour vos naissances latentes :A, noir corset velu des mouches éclatantesQui bombinent autour des puanteurs cruelles, Golfes d’ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles…
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L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles …
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles … L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,L’infini roulé blanc de ta nuque à tes reinsLa mer a perlé rousse à tes mammes vermeillesEt l’Homme saigné noir à ton flanc souverain. Arthur Rimbaud …
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L’Homme juste
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) L’Homme juste [ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ] Le Juste restait droit sur ses hanches solides :Un rayon lui dorait l’épaule ; des sueursMe prirent : « Tu veux voir rutiler les…
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Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs I Ainsi, toujours, vers l’azur noirOù tremble la mer des topazes,Fonctionneront dans ton soirLes Lys, ces clystères d’extases ! À notre époque de sagous,Quand les Plantes sont travailleuses,Le Lys boira les bleus dégoûtsDans tes Proses religieuses ! — Le lys…
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Les Premières Communions
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Les Premières Communions I Vraiment, c’est bête, ces églises des villagesOù quinze laids marmots encrassant les piliersÉcoutent, grasseyant les divins babillages,Un noir grotesque dont fermentent les souliers :Mais le soleil éveille, à travers les feuillages,Les vieilles couleurs des vitraux irréguliers. La pierre sent toujours la terre maternelle,Vous verrez…
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Les Chercheuses de poux
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Les Chercheuses de poux Quand le front de l’enfant, plein de rouges tourmentes,Implore l’essaim blanc des rêves indistincts,Il vient près de son lit deux grandes sœurs charmantesAvec de frêles doigts aux ongles argentins. Elles assoient l’enfant devant une croiséeGrande ouverte où l’air bleu baigne un fouillis de fleurs,Et…
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Mes petites Amoureuses
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Mes petites Amoureuses Un hydrolat lacrymal laveLes cieux vert-chou :Sous l’arbre tendronnier qui bave,Vos caoutchoucs Blancs de lunes particulièresAux pialats ronds,Entrechoquez vos genouillères,Mes laiderons ! Nous nous aimions à cette époque,Bleu laideron !On mangeait des œufs à la coqueEt du mouron ! Un soir, tu me sacras…
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Accroupissements
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Accroupissements Bien tard, quand il se sent l’estomac écœuré,Le frère Milotus, un œil à la lucarneD’où le soleil, clair comme un chaudron récuré,Lui darde une migraine et fait son regard darne,Déplace dans les draps son ventre de curé. Il se démène sous sa couverture griseEt descend, ses genoux…
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Rages de Césars
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Rages de Césars Sonnet L’homme pâle, le long des pelouses fleuries,Chemine, en habit noir, et le cigare aux dents :L’Homme pâle repense aux fleurs des Tuileries– Et parfois son oeil terne a des regards ardents… Car l’Empereur est soûl de ses vingt ans d’orgie !Il s’était dit…
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Rêvé pour l’hiver
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Rêvé pour l’hiver Sonnet L’hiver, nous irons dans un petit wagon roseAvec des coussins bleus.Nous serons bien. Un nid de baisers fous reposeDans chaque coin moelleux. Tu fermeras l’oeil, pour ne point voir, par la glace,Grimacer les ombres des soirs,Ces monstruosités hargneuses, populaceDe démons noirs et de…
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Le dormeur du val
Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Le dormeur du val Sonnet C’est un trou de verdure où chante une rivière, Accrochant follement aux herbes des haillons D’argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la…
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Au Cabaret-Vert, cinq heures du soir
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Au Cabaret-Vert, cinq heures du soir Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottinesAux cailloux des chemins. J’entrais à Charleroi.— Au Cabaret-Vert : je demandai des tartinesDe beurre et du jambon qui fût à moitié froid. Bienheureux, j’allongeai les jambes sous la tableVerte : je contemplai les sujets très…
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La Maline
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) La Maline Dans la salle à manger brune, que parfumaitUne odeur de vernis et de fruits, à mon aiseJe ramassais un plat de je ne sais quel metBelge, et je m’épatais dans mon immense chaise. En mangeant, j’écoutais l’horloge, — heureux et coi.La cuisine s’ouvrit avec une bouffée,—…
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L’Éclatante victoire de Sarrebruck
{loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) L’Éclatante victoire de Sarrebruckremportée aux cris de Vive l’Empereur ! Gravure belge brillamment coloriée,se vend à Charleroi, 35 centimes. Au milieu, l’Empereur, dans une apothéoseBleue et jaune, s’en va, raide, sur son dadaFlamboyant ; très heureux, — car il voit tout en rose,Féroce comme Zeus et doux…