Catégorie : Arthur Rimbaud

  • L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles …

    L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles …

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles … L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,L’infini roulé blanc de ta nuque à tes reinsLa mer a perlé rousse à tes mammes vermeillesEt l’Homme saigné noir à ton flanc souverain.   Arthur Rimbaud    …

  • Jeune ménage

    Jeune ménage

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) Jeune ménage La chambre est ouverte au ciel bleu-turquin ;Pas de place : des coffrets et des huches !Dehors le mur est plein d’aristolochesOù vibrent les gencives des lutins. Que ce sont bien intrigues de géniesCette dépense et ces désordres vains !C’est la fée africaine qui fournitLa…

  • L’Homme juste

    L’Homme juste

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) L’Homme juste [   .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  ] Le Juste restait droit sur ses hanches solides :Un rayon lui dorait l’épaule ; des sueursMe prirent : « Tu veux voir rutiler les…

  • L’Éternité

    L’Éternité

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) L’Éternité Elle est retrouvée.Quoi ? — L’Éternité.C’est la mer alléeAvec le soleil. Âme sentinelle,Murmurons l’aveuDe la nuit si nulleEt du jour en feu. Des humains suffrages,Des communs élansLà tu te dégagesEt voles selon. Puisque de vous seules,Braises de satin,Le Devoir s’exhaleSans qu’on dise : enfin. Là pas d’espérance,Nul orietur.Science avec…

  • Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs

    Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs I Ainsi, toujours, vers l’azur noirOù tremble la mer des topazes,Fonctionneront dans ton soirLes Lys, ces clystères d’extases ! À notre époque de sagous,Quand les Plantes sont travailleuses,Le Lys boira les bleus dégoûtsDans tes Proses religieuses ! — Le lys…

  • Les Premières Communions

    Les Premières Communions

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Les Premières Communions I Vraiment, c’est bête, ces églises des villagesOù quinze laids marmots encrassant les piliersÉcoutent, grasseyant les divins babillages,Un noir grotesque dont fermentent les souliers :Mais le soleil éveille, à travers les feuillages,Les vieilles couleurs des vitraux irréguliers. La pierre sent toujours la terre maternelle,Vous verrez…

  • Les Chercheuses de poux

    Les Chercheuses de poux

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Les Chercheuses de poux Quand le front de l’enfant, plein de rouges tourmentes,Implore l’essaim blanc des rêves indistincts,Il vient près de son lit deux grandes sœurs charmantesAvec de frêles doigts aux ongles argentins. Elles assoient l’enfant devant une croiséeGrande ouverte où l’air bleu baigne un fouillis de fleurs,Et…

  • Âge d’Or

    Âge d’Or

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) Âge d’Or Quelqu’une des voixToujours angélique— Il s’agit de moi, —Vertement s’explique : Ces mille questionsQui se ramifientN’amènent, au fond,Qu’ivresse et folie ; Reconnais ce tourSi gai, si facile :Ce n’est qu’onde, flore,Et c’est ta famille ! Puis elle chante. ÔSi gai, si facile,Et visible à l’œil nu …—…

  • Mes petites Amoureuses

    Mes petites Amoureuses

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Mes petites Amoureuses Un hydrolat lacrymal laveLes cieux vert-chou :Sous l’arbre tendronnier qui bave,Vos caoutchoucs Blancs de lunes particulièresAux pialats ronds,Entrechoquez vos genouillères,Mes laiderons ! Nous nous aimions à cette époque,Bleu laideron !On mangeait des œufs à la coqueEt du mouron ! Un soir, tu me sacras…

  • Bonne pensée du matin

    Bonne pensée du matin

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) Bonne pensée du matin À quatre heures du matin, l’été,Le Sommeil d’amour dure encore.Sous les bosquets l’aube évaporeL’odeur du soir fêté. Mais là-bas dans l’immense chantierVers le soleil des Hespérides,En bras de chemise, les charpentiersDéjà s’agitent. Dans leur désert de mousse, tranquilles,Ils préparent les lambris précieuxOù la richesse…

  • Accroupissements

    Accroupissements

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Accroupissements Bien tard, quand il se sent l’estomac écœuré,Le frère Milotus, un œil à la lucarneD’où le soleil, clair comme un chaudron récuré,Lui darde une migraine et fait son regard darne,Déplace dans les draps son ventre de curé. Il se démène sous sa couverture griseEt descend, ses genoux…

  • Bruxelles

    Bruxelles

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) Bruxelles Plates-bandes d’amarantes jusqu’àL’agréable palais de Jupiter.– Je sais que c’est Toi qui, dans ces lieux,Mêles ton bleu presque de Sahara ! Puis, comme rose et sapin du soleilEt liane ont ici leurs jeux enclos,Cage de la petite veuve !…QuellesTroupes d’oiseaux, ô ia io, ia io…

  • Les Poètes de sept ans

    Les Poètes de sept ans

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Les Poètes de sept ans À M. P. Demeny Et la Mère, fermant le livre du devoir,S’en allait satisfaite et très fière, sans voir,Dans les yeux bleus et sous le front plein d’éminences,L’âme de son enfant livrée aux répugnances. Tout le jour il suait d’obéissance ; trèsIntelligent ;…

  • Chanson de la plus haute tour

    Chanson de la plus haute tour

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) Chanson de la plus haute tour Oisive jeunesseÀ tout asservie,Par délicatesseJ’ai perdu ma vie.Ah ! Que le temps vienneOù les cœurs s’éprennent. Je me suis dit : laisse,Et qu’on ne te voie :Et sans la promesseDe plus hautes joies.Que rien ne t’arrête,Auguste retraite. J’ai tant fait patienceQu’à jamais…

  • Les Pauvres à l’église

    Les Pauvres à l’église

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Les Pauvres à l’église Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d’égliseQu’attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeuxVers le chœur ruisselant d’orrie et la maîtriseAux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ; Comme un parfum de pain humant l’odeur de cire,Heureux, humiliés comme des chiens battus,Les Pauvres…

  • Comédie de la Soif

    Comédie de la Soif

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) Comédie de la Soif 1. les parents Nous sommes tes Grands-Parents,Les Grands !Couverts des froides sueursDe la lune et des verdures.Nos vins secs avaient du cœur !Au Soleil sans impostureQue faut-il à l’homme ? boire. Moi. — Mourir aux fleuves barbares. Nous sommes tes Grands-ParentsDes champs.L’eau est au fond…

  • Le Coeur Du Pitre

    Le Coeur Du Pitre

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) Le Coeur Du Pitre Mon triste Coeur bave à la poupe,Mon coeur est plein de caporal:Ils y lancent des jets de soupe,Mon triste Coeur bave à la poupe:Sous les quolibets de la troupeQui pousse un rire général,Mon triste coeur bave à la poupe,Mon coeur est plein de…

  • Entends comme brame …

    Entends comme brame …

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) Entends comme brame … Entends comme brameprès des acaciasen avril la rameviride du pois ! Dans sa vapeur nette,vers Phœbé ! tu voiss’agiter la têtede saints d’autrefois… Loin des claires meulesdes caps, des beaux toits,ces chers Anciens veulentce philtre sournois… Or ni férialeni astrale ! n’estla brume qu’exhalece nocturne…

  • L’Orgie parisienne ou Paris se repeuple

    L’Orgie parisienne ou Paris se repeuple

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Poésies (1870-1871) L’Orgie parisienne ou Paris se repeuple Ô lâches, la voilà ! Dégorgez dans les gares !Le soleil expia de ses poumons ardentsLes boulevards qu’un soir comblèrent les Barbares.Voilà la Cité belle, assise à l’occident ! Allez ! on préviendra les reflux d’incendie,Voilà les quais, voilà les boulevards, voilàSur…

  • Est-elle almée ?…

    Est-elle almée ?…

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) Est-elle almée ?… Est-elle almée ?… aux premières heures bleuesSe détruira-t-elle comme les fleurs feues…Devant la splendide étendue où l’on senteSouffler la ville énormément florissante ! C’est trop beau ! c’est trop beau ! mais c’est nécessaire— Pour la Pêcheuse et la chanson du Corsaire,Et aussi puisque…