Auteur/autrice : Poesies2000

  • Pensées de la reine de Navarre

    Pensées de la reine de Navarre

    {loadnavigation} Marguerite de Navarre (1492-1549) Pensées de la reine de Navarre étant dans sa litière durant la maladie du roi Si la douleur de mon espritJe pouvais montrer par paroleOu la déclarer par écrit,Oncques ne fut si triste rôle ;Car le mal qui plus fort m’affoleJe le cache et couvre plus fort ;Pourquoi n’ai rien…

  • Les papillons

    Les papillons

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Les papillons I De toutes les belles chosesQui nous manquent en hiver,Qu’aimez-vous mieux ? – Moi, les roses ;– Moi, l’aspect d’un beau pré vert ;– Moi, la moisson blondissante,Chevelure des sillons ;– Moi, le rossignol qui chante ;– Et moi, les beaux papillons ! Le papillon, fleur…

  • Plus j’ai d’amour plus j’ai de fâcherie

    Plus j’ai d’amour plus j’ai de fâcherie

    {loadnavigation} Marguerite de Navarre (1492-1549) Plus j’ai d’amour plus j’ai de fâcherie Plus j’ai d’amour plus j’ai de fâcherie,Car je n’en vois nulle autre réciproque ;Plus je me tais et plus je suis marrie,Car ma mémoire, en pensant, me révoqueTous mes ennuis, dont souvent je me moqueDevant chacun, pour montrer mon bon sens ;A mon…

  • Mélodie irlandaise

    Mélodie irlandaise

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Poésies diverses Mélodie irlandaise (Imitée de Thomas Moore) Le soleil du matin commençait sa carrière,Je vis près du rivage une barque légèreSe bercer mollement sur les flots argentés.Je revins quand la nuit descendait sur la rive :La nacelle était là, mais l’onde fugitiveNe baignait plus ses flancs dans le…

  • Réponse à Clément Marot

    Réponse à Clément Marot

    {loadnavigation} Marguerite de Navarre (1492-1549) Réponse à Clément Marot Pour Hélène de Tournon Si ceux à qui devez, comme vous dites,Vous connaissaient comme je vous connais,Quitte seriez des dettes que vous fîtes,Le temps passé, tant grandes que petites,En leur payant un dizain toutefoisTel que le vôtre qui vaut mieux mille foisQue l’argent dû par vous,…

  • Myrtho

    Myrtho

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Myrtho Je pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse,Au Pausilippe altier, de mille feux brillant,A ton front inondé des clartés d’Orient,Aux raisins noirs mêlés avec l’or de ta tresse. C’est dans ta coupe aussi que j’avais bu l’ivresse,Et dans l’éclair furtif de ton oeil souriant,Quand aux pieds d’Iacchus on me voyait…

  • Stances Amoureuses

    Stances Amoureuses

    {loadnavigation} Marguerite de Navarre (1492-1549)  Stances Amoureuses   Nos deux corps sont en toi, je ne sers plus que d’ombre;Nos amis sont à toi, je ne sers que de nombre.Las ! puisque tu es tout et que je ne suis rien,Je n’ai rien, ne t’ayant ou j’ai tout au contraire.Avoir et tout et rien, comment…

  • Notre-Dame de Paris

    Notre-Dame de Paris

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Notre-Dame de Paris Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-êtreEnterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncherComme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourdeRongera tristement ses vieux os…

  • Un ami vif vint à la dame morte

    Un ami vif vint à la dame morte

    {loadnavigation} Marguerite de Navarre (1492-1549) Un ami vif vint à la dame morte Un ami vif vint à la dame morte,Et par prière il la cuida tenterDe le vouloir aimer de même sorte,Puis la pressa juqu’à la tourmenter ;Mais mot ne dit, donc, pour se contenter,Il essaya de l’embrasser au corps.Contrainte fut la Dame dire…

  • Pensée de Byron

    Pensée de Byron

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Pensée de Byron Élégie Par mon amour et ma constance,J’avais cru fléchir ta rigueur,Et le souffle de l’espéranceAvait pénétré dans mon coeur ;Mais le temps, qu’en vain je prolonge,M’a découvert la vérité,L’espérance a fui comme un songe…Et mon amour seul m’est resté ! Il est resté comme un…

  • Vous m’aviez dit que vous m’aimiez bien fort

    Vous m’aviez dit que vous m’aimiez bien fort

    {loadnavigation} Marguerite de Navarre (1492-1549) Vous m’aviez dit que vous m’aimiez bien fort Vous m’aviez dit que vous m’aimiez bien fort,Bien fort, bien fort, et ainsi je l’ai cru,Mais tôt après vous fîtes votre effortD’en dire autant en un lieu que j’ai vu :Bien fort, bien fort, vous l’aimez, je l’ai su.Il vous faut trop…

  • Sur le pays des chimères

    Sur le pays des chimères

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Sur le pays des chimères Sur le pays des chimèresNotre vol s’est arrêté :Conduis-nous en sûretéPour traverser ces bruyères,Ces rocs, ce champ dévasté. Vois ces arbres qui se pressentSe froisser rapidement ;Vois ces roches qui s’abaissentTrembler dans leur fondement.Partout le vent souffle et crie ! Dans ces rocs,…

  • Châtiment de l’orgueil.

    Châtiment de l’orgueil.

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). Châtiment de l’orgueil. En ces temps merveilleux où la ThéologieFleurit avec le plus de sève et d’énergieOn raconte qu’un jour un docteur des plus grands,– Après avoir forcé les coeurs indifférents ;Les avoir remués dans leurs profondeurs noires ;Après avoir franchi vers les célestes gloiresDes chemins…

  • Élévation

    Élévation

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). Élévation. Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,Par delà le soleil, par delà les éthers,Par delà les confins des sphères étoilées, Mon esprit, tu te meus avec agilité,Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,Tu sillonnes gaiement l’immensité…

  • Hymne

    Hymne

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). Hymne. À la très chère, à la très belleQui remplit mon coeur de clarté,À l’ange, à l’idole immortelle,Salut en l’immortalité ! Elle se répand dans ma vieComme un air imprégné de sel,Et dans mon âme inassouvieVerse le goût de l’éternel. Sachet toujours frais qui parfumeL’atmosphère d’un…

  • J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

    J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,De vers, de billets doux, de procès, de romances,Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,Cache moins de secrets que mon triste cerveau.C’est une pyramide, un immense caveau,Qui contient plus…

  • Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne.

    Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne.

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne. Je t’adore à l’égal de la voûte nocturne,Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,Et t’aime d’autant plus, belle, que tu me fuis,Et que tu me parais, ornement de mes nuits,Plus ironiquement accumuler les lieuesQui séparent mes bras des…

  • L’aube spirituelle

    L’aube spirituelle

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). L’aube spirituelle.Sonnet. Quand chez les débauchés l’aube blanche et vermeilleEntre en société de l’Idéal rongeur,Par l’opération d’un mystère vengeurDans la brute assoupie un ange se réveille. Des Cieux Spirituels l’inaccessible azur,Pour l’homme terrassé qui rêve encore et souffre,S’ouvre et s’enfonce avec l’attirance du gouffre.Ainsi, chère Déesse,…

  • Le cygne

    Le cygne

     Charles Baudelaire (1821-1867).Recueil : Les fleurs du mal (1857). Le cygne. À Victor Hugo. I Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,Pauvre et triste miroir où jadis resplenditL’immense majesté de vos douleurs de veuve,Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit, A fécondé soudain ma mémoire fertile,Comme je traversais le nouveau Carrousel.Le vieux…

  • Âge d’or

    Âge d’or

    {loadnavigation} Arthur Rimbaud (1854-1891) Recueil : Derniers vers (1872) Âge d’or Quelqu’une des voixToujours angélique– Il s’agit de moi, –Vertement s’explique : Ces mille questionsQui se ramifientN’amènent, au fond,Qu’ivresse et folie ; Reconnais ce tourSi gai, si facile :Ce n’est qu’onde, flore,Et c’est ta famille ! Puis elle chante. ÔSi gai, si facile,Et visible à…