Auteur/autrice : Poesies2000

  • Fantaisie

    Fantaisie

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Fantaisie Il est un air pour qui je donneraisTout Rossini, tout Mozart et tout Weber,Un air très vieux, languissant et funèbre,Qui pour moi seul a des charmes secrets. Or, chaque fois que je viens à l’entendre,De deux cents ans mon âme rajeunit :C’est sous Louis treize ; et je crois…

  • Gaieté

    Gaieté

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Gaieté Petit piqueton de Mareuil,Plus clairet qu’un vin d’Argenteuil,Que ta saveur est souveraine !Les Romains ne t’ont pas comprisLorsqu’habitant l’ancien ParisIls te préféraient le Surène. Ta liqueur rose, ô joli vin !Semble faite du sang divinDe quelque nymphe bocagère ;Tu perles au bord désiréD’un verre à côtes, coloréPar les teintes…

  • L’enfance

    L’enfance

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Poésies de jeunesse L’enfance Qu’ils étaient doux ces jours de mon enfanceOù toujours gai, sans soucis, sans chagrin,je coulai ma douce existence,Sans songer au lendemain.Que me servait que tant de connaissancesA mon esprit vinssent donner l’essor,On n’a pas besoin des sciences,Lorsque l’on vit dans l’âge d’or !Mon coeur encore…

  • La cousine

    La cousine

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes La cousine L’hiver a ses plaisirs ; et souvent, le dimanche,Quand un peu de soleil jaunit la terre blanche,Avec une cousine on sort se promener…– Et ne vous faites pas attendre pour dîner, Dit la mère. Et quand on a bien, aux Tuileries,Vu sous les arbres noirs les…

  • La grand’mère

    La grand’mère

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes La grand’mère Voici trois ans qu’est morte ma grand’mère,La bonne femme, – et, quand on l’enterra,Parents, amis, tout le monde pleuraD’une douleur bien vraie et bien amère. Moi seul j’errais dans la maison, surprisPlus que chagrin ; et, comme j’étais procheDe son cercueil, – quelqu’un me fit reprocheDe…

  • La Sérénade

    La Sérénade

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) La Sérénade — Oh ! quel doux chant m’éveille ?— Près de ton lit je veille,Ma fille ! et n’entends rien…Rendors-toi, c’est chimère !— J’entends dehors, ma mère,Un chœur aérien ! — Ta fièvre va renaître.— Ces chants de la fenêtreSemblent s’être approchés.— Dors, pauvre enfant malade,Qui rêves sérénade…Les galants…

  • La Tête armée

    La Tête armée

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) La Tête armée Napoléon mourant vit une Tête armée…Il pensait à son fils déjà faible et souffrant :La Tête, c’était donc sa France bien-aimée,Décapitée aux pieds du César expirant. Dieu, qui jugeait cet homme et cette renommée,Appela Jésus-Christ ; mais l’abîme s’ouvrant,Ne rendit qu’un vain souffle, un spectre de fumée…

  • Le ballet des heures

    Le ballet des heures

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Le ballet des heures Les heures sont des fleurs l’une après l’autre éclosesDans l’éternel hymen de la nuit et du jour ;Il faut donc les cueillir comme on cueille les rosesEt ne les donner qu’à l’amour. Ainsi que de l’éclair, rien ne reste de l’heure,Qu’au néant destructeur le temps vient…

  • Le Christ aux oliviers

    Le Christ aux oliviers

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Le Christ aux oliviers Dieu est mort ! le ciel est vide…Pleurez ! enfants, vous n’avez plus de père ! I Quand le Seigneur, levant au ciel ses maigres brasSous les arbres sacrés, comme font les poètes,Se fut longtemps perdu dans ses douleurs muettes,Et se jugea trahi par des amis…

  • Le coucher du soleil

    Le coucher du soleil

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Le coucher du soleil Quand le Soleil du soir parcourt les TuileriesEt jette l’incendie aux vitres du château,Je suis la Grande Allée et ses deux pièces d’eauTout plongé dans mes rêveries ! Et de là, mes amis, c’est un coup d’oeil fort beauDe voir, lorsqu’à l’entour la nuit…

  • Le point noir

    Le point noir

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Le point noir Quiconque a regardé le soleil fixementCroit voir devant ses yeux voler obstinémentAutour de lui, dans l’air, une tache livide. Ainsi, tout jeune encore et plus audacieux,Sur la gloire un instant j’osai fixer les yeux :Un point noir est resté dans mon regard avide. Depuis, mêlée…

  • Le relais

    Le relais

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Le relais En voyage, on s’arrête, on descend de voiture ;Puis entre deux maisons on passe à l’aventure,Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,L’oeil fatigué de voir et le corps engourdi. Et voici tout à coup, silencieuse et verte,Une vallée humide et de lilas couverte,Un ruisseau…

  • Le Réveil en voiture

    Le Réveil en voiture

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Le Réveil en voiture Voici ce que je vis : Les arbres sur ma routeFuyaient mêlés, ainsi qu’une armée en déroute,Et sous moi, comme ému par les vents soulevés,Le sol roulait des flots de glèbe et de pavés ! Des clochers conduisaient parmi les plaines vertesLeurs hameaux aux maisons de…

  • Le Temps

    Le Temps

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Poésies de jeunesse (1824) Le Temps Ode I Le Temps ne surprend pas le sage ;Mais du Temps le sage se rit,Car lui seul en connaît l’usage ;Des plaisirs que Dieu nous offrit,Il sait embellir l’existence ;Il sait sourire à l’espérance,Quand l’espérance lui sourit. II Le bonheur n’est pas…

  • Les écrivains

    Les écrivains

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Poésies de jeunesse (1825) Les écrivains Où fuir ? Où me cacher ? Quel déluge d’écrits,En ce siècle falot vient infecter Paris,En vain j’ai reculé devant le Solitaire,Ô Dieu du mauvais goût ! Faut-il donc pour te plaireEntasser des grands mots toujours vides de sens,Chanter l’homme des nuits, ou…

  • Les papillons

    Les papillons

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Les papillons I De toutes les belles chosesQui nous manquent en hiver,Qu’aimez-vous mieux ? – Moi, les roses ;– Moi, l’aspect d’un beau pré vert ;– Moi, la moisson blondissante,Chevelure des sillons ;– Moi, le rossignol qui chante ;– Et moi, les beaux papillons ! Le papillon, fleur…

  • Mélodie irlandaise

    Mélodie irlandaise

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Poésies diverses Mélodie irlandaise (Imitée de Thomas Moore) Le soleil du matin commençait sa carrière,Je vis près du rivage une barque légèreSe bercer mollement sur les flots argentés.Je revins quand la nuit descendait sur la rive :La nacelle était là, mais l’onde fugitiveNe baignait plus ses flancs dans le…

  • Myrtho

    Myrtho

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Myrtho Je pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse,Au Pausilippe altier, de mille feux brillant,A ton front inondé des clartés d’Orient,Aux raisins noirs mêlés avec l’or de ta tresse. C’est dans ta coupe aussi que j’avais bu l’ivresse,Et dans l’éclair furtif de ton oeil souriant,Quand aux pieds d’Iacchus on me voyait…

  • Notre-Dame de Paris

    Notre-Dame de Paris

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Notre-Dame de Paris Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-êtreEnterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncherComme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourdeRongera tristement ses vieux os…

  • Pensée de Byron

    Pensée de Byron

    {loadnavigation} Gérard de Nerval (1808-1855) Recueil: Odelettes Pensée de Byron Élégie Par mon amour et ma constance,J’avais cru fléchir ta rigueur,Et le souffle de l’espéranceAvait pénétré dans mon coeur ;Mais le temps, qu’en vain je prolonge,M’a découvert la vérité,L’espérance a fui comme un songe…Et mon amour seul m’est resté ! Il est resté comme un…