Âge d’Or

Arthur Rimbaud (1854-1891)
Recueil : Derniers vers (1872)

Âge d’Or

Quelqu’une des voix
Toujours angélique
— Il s’agit de moi, —
Vertement s’explique :
 
Ces mille questions
Qui se ramifient
N’amènent, au fond,
Qu’ivresse
et folie ;
 
Reconnais ce tour
Si gai, si facile :
Ce n’est qu’onde, flore,
Et c’est ta famille !
 
Puis elle chante. Ô
Si gai, si facile,
Et visible à l’œil
nu …
— Je chante avec elle, —
 
Reconnais ce tour
Si gai, si facile,
Ce n’est qu’onde, flore,
Et c’est ta famille !.. etc …
 
Et puis une Voix
— Est-elle
angélique ! —
Il s’agit de moi,
Vertement s’explique ;
 
Et chante à l’instant
En sœur des haleines :
D’un ton allemand,
Mais ardente et pleine :
 
Le monde est vicieux ;
Si cela t’étonne !
Vis et laisse au feu
L’obscure infortune.
 
Ô ! joli château !
Que ta vie est claire !
De quel Âge es-tu,
Nature princière
De notre grand frère ! etc …,
 
Je chante aussi, moi :
Multiples sœurs ! Voix
Pas du tout publiques !
Environnez-moi
De gloire pudique.. etc …,

 
Juin 1872

 

Arthur Rimbaud

 

arthurrimbaud

 

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