Été

 Paul Verlaine (1844-1896)
Recueil : Parallèlement (1889) — Les Amies

Été

Et l’enfant répondit, pâmée
Sous la fourmillante caresse
De sa pantelante maîtresse :
« Je me meurs, ô ma bien-aimée !
 
« Je me meurs : ta gorge
enflammée
Et lourde me soûle et m’oppresse ;
Ta forte chair d’où sort l’ivresse
Est étrangement parfumée ;
 
« Elle a, ta chair, le charme sombre
Des maturités
estivales, —
Elle en a l’ambre, elle en a l’ombre ;
 
« Ta voix tonne dans les rafales,
Et ta chevelure sanglante
Fuit brusquement dans la nuit lente. »

 

Paul Verlaine

 

paulverlaine

 

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