«Gais et contents»

 Paul Verlaine (1844-1896)
Recueil : Amour (1888)

«Gais et contents»

                                           À Charles Vesseron

Une chanson folle et légère
Comme le drapeau tricolore
Court furieusement dans l’air,
Fifrant une France âpre encor.
 
Sa gaîté qui rit d’elle-même
Et du
reste en passant se moque
Pourtant veut bien dire : Tandem !
Et vaticine le grand choc.
 
Écoutez ! le flonflon se pare
Des purs accents de la Patrie,
Espèce de chant du départ
Du gosse
effrayant de Paris.
 
Il est le rythme, il est la joie,
Il est la Revanche essayée,
Il est l’entrain, il est tout, quoi !
Jusqu’au juron luron qui sied,
 
Jusqu’au cri de reconnaissance
Qu’on pousse quand il faut qu’on meure
De sang-froid, dans tout son bon sens,
Avec de l’honneur plein son cœur !

 

Paul Verlaine

 

paulverlaine

 

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